VOL DE DONNÉES PERSONNELLES

Desjardins prévoit une facture de 70 millions en coûts initiaux

Dans ses résultats de deuxième trimestre publiés hier, le Mouvement Desjardins a comptabilisé une charge spéciale de 70 millions de dollars pour couvrir les premiers coûts liés à la fuite massive de renseignements de 2,9 millions de membres des caisses populaires.

Cette fuite de renseignements d’une ampleur sans précédent au Québec avait été divulguée par Desjardins le 20 juin dernier, à 10 jours de la terminaison comptable de son deuxième trimestre au 30 juin.

Depuis cette date, Desjardins a dû instaurer une série de mesures de protection contre la fraude d’identité financière parmi ses membres, dont l’inscription sans frais aux services de surveillance accrue et d’alerte sur les dossiers de crédit qui sont entretenus par des firmes comme Equifax et TransUnion.

Les coûts liés à ces mesures initiales de surveillance et de protection comptent pour une première portion de 30 millions de la charge spéciale de 70 millions comptabilisée au deuxième trimestre.

Selon Desjardins, au moins 800 000 (ou 27 %) des 2,9 millions de membres des caisses populaires touchés par la fuite de renseignements se sont inscrits au service de surveillance accrue de leur dossier de crédit chez Equifax.

De plus, au moins 454 000 (ou 15 %) des membres touchés ont activé le service d’information « Ma cote de crédit » fourni par la firme TransUnion sur la plateforme internet AccèsD des caisses populaires.

Quant à l’autre portion de 40 millions de la charge spéciale, elle est constituée des provisions faites pour les pertes et les coûts futurs qui pourraient découler de l’assistance professionnelle et des indemnités promises par Desjardins à ses membres, en cas de transactions de fraude d’identité dans leurs comptes.

Questionné en téléconférence sur le risque de répétition d’une telle provision pour pertes lors des prochains trimestres, modifiant d’autant les prochains montants d’excédents et de ristournes aux membres, le président et chef de la direction de Desjardins, Guy Cormier, s’est dit « très, très confiant » envers les estimations faites à l’interne. Celles-ci auraient établi que « ce montant de provisions de 40 millions pourrait être suffisant pour les prochaines années ».

Résultats améliorés

En dépit d’une première ponction de 70 millions en charge spéciale lors du deuxième trimestre, Desjardins a pu dégager des excédents de 692 millions durant cette période du 1er avril au 30 juin inclusivement.

Cela représente une hausse de 2,2 % par rapport au deuxième trimestre de 2018, alors que les revenus d’exploitation de Desjardins n’ont augmenté que de 1,7 % entre ces deux trimestres comparables.

En téléconférence, le président de Desjardins a soutenu que « les résultats de ce deuxième trimestre sont à la hauteur de [leurs] attentes », ajoutant qu’ils « témoignent de la solidité financière du Mouvement Desjardins et de sa capacité à faire face à des situations imprévues ».

Quant à l’impact de cette fuite de renseignements sur la réputation et la compétitivité de Desjardins sur le marché des services financiers, Guy Cormier a indiqué que le réseau des caisses ne signalait « pas de perte de membres significative » depuis l’annonce de la fuite, le 20 juin. Même que le réseau aurait conservé son rythme d’addition de quelque 3000 membres durant ces huit semaines depuis l’annonce de la fuite.

Aussi, dans le sommaire du deuxième trimestre, les principaux résultats qui témoignent du niveau d’activité en services financiers, tels que l’encours par type de prêts et la valeur des actifs sous gestion, ont continué de progresser par rapport au trimestre précédent, terminé le 31 mars.

Desjardins au deuxième trimestre

(terminé le 30 juin 2019)

4,22 milliards

Revenus d’exploitation (+ 1,7 % sur un an)

692 millions

Excédent (avant ristournes aux membres) (+ 2,2 %)

80 millions

Provision pour ristournes aux membres (+ 12,6 %)

310,9 milliards

Actifs (+ 7 %)

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.