Football universitaire  CoupeDunsmore

Des visiteurs sans peur

QUÉBEC — On attendait un autre match très disputé, mais les Carabins de l’Université de Montréal ont vite transformé la finale de la Coupe Dunsmore en un duel à sens unique, samedi, à Québec. Vainqueurs 25-10 du Rouge et Or de Laval, les visiteurs ont remporté le troisième titre provincial de leur histoire, le premier depuis 2015, et se sont qualifiés pour les demi-finales nationales vers la Coupe Vanier.

Les Carabins n’avaient pas réussi un touché offensif à Québec depuis la finale de la Coupe Dunsmore de 2017, mais en ont rapidement marqué deux hier pour prendre un avantage qui s’est avéré décisif.

« J’ai toujours cru en notre attaque », a assuré l’entraîneur-chef, Danny Maciocia. « Ils ont été beaucoup critiqués, particulièrement les entraîneurs, mais je savais qu’on avait tous les ingrédients, et ils ont travaillé tellement fort toute la saison que ça ne pouvait que débloquer. Aujourd’hui, on a vu le résultat. »

Le quart-arrière Frédéric Paquette-Perrault, qui a été en contrôle de la situation tout au long du match, a d’abord orchestré une longue poussée de 95 verges en 9 jeux, conclue par une passe de 26 verges à Kevin Kaya, laissé sans protection au fond de la zone des buts du Rouge et Or.

Dès la séquence suivante, après un placement de 36 verges de David Côté du Rouge et Or, les Carabins ont creusé l’écart avec une autre série de 6 jeux et 75 verges, ponctuée cette fois par une passe de 10 verges à Ryth-Jean Giraud.

« On est parti avec beaucoup de confiance. On a beaucoup travaillé sur notre plan de match, on savait ce dont on était capable, mais c’est sûr que le Rouge et Or est une grosse équipe, avec une excellente défense. L’objectif était de marquer le plus tôt possible, et le premier touché nous a vraiment donné l’élan dont on avait besoin. »

— Frédéric Paquette-Perrault, quart-arrière des Carabins

Deux simples et un placement avaient permis aux Carabins d’augmenter leur avance, mais c’est encore une fois la défense qui a porté le « coup de grâce » en fin de troisième quart. Le Rouge et Or a tenté un jeu truqué, mais le demi défensif Marc-Antoine Dequoy ne s’est pas laissé surprendre. Il a intercepté une passe de l’ailier Zack Fitzgerald et a ensuite parcouru 85 verges jusqu’à la zone des buts. Le joueur de quatrième année, qui pourrait évoluer chez les professionnels la saison prochaine, a aussi réussi 6,5 plaqués.

« Je m’étais préparé à tout après une performance plus difficile de ma part contre McGill [en demi-finale], et ils ont lancé le ballon plus souvent de mon côté, a noté Dequoy. Ça m’a surpris un peu, mais j’étais près ! »

Après ce touché spectaculaire, la défense des Carabins s’est contenté de gérer la fin du match et, même si le Rouge et Or a réussi un touché à mi-chemin au dernier quart – sur une passe de trois verges de Thomas Bolduc à Jonathan Breton-Robert –, même s’il s’est encore approché de la zone payante, les Bleus ont su réussir les jeux clés.

« Ça faisait trois fois d’affilée qu’ils nous battaient en finale, a rappelé Dequoy. Cette semaine, on s’est dit qu’on n’avait vraiment rien à perdre ici et qu’on allait jouer pour le plaisir d’offrir la meilleure performance possible. On ne sentait pas de pression, et ça nous a libérés pour jouer notre meilleur match contre eux. C’est aussi plus facile quand l’attaque nous procure une telle avance. »

En face, le Rouge et Or a justement été forcé de jouer du « football de rattrapage », pas vraiment sa zone de confort. Glen Constantin rappelait par ailleurs vendredi que son équipe alignait plusieurs néophytes de ces grands rendez-vous, à commencer par Bolduc, quart de première année. L’inexpérience a sans doute fini par les rattraper.

« Il faut simplement donner le crédit aux Carabins », a toutefois préféré souligner le coordonnateur offensif, Justin Éthier. « Ils ont bien varié leurs couvertures, ont été plus rapides que nous sur le plan de l’exécution et ne nous ont jamais laissé la chance de placer notre jeu en attaque. »

En Coupe Uteck

Cette victoire en Coupe Dunsmore permet donc aux Carabins de rester en lice pour une deuxième Coupe Vanier, après celle de 2014. Ils devront d’abord remporter la demi-finale nationale, samedi prochain à Wolfville, en Nouvelle-Écosse, contre les X-Men d’Acadia, à la Coupe Uteck. Ces derniers ont facilement vaincu hier les Gaiters de Bishop’s, 31-1. Les Carabins n’ont subi qu’une seule défaite contre une équipe des Maritimes – contre Mount Allison, à leur première saison en 2002.

Danny Maciocia n’a toutefois voulu évoquer ce match qu’après la victoire des siens. « Je ne tiens rien pour acquis dans la vie et je ne veux penser qu’à un match, celui contre Acadia. On va se remettre au boulot cette semaine et on va se voir samedi prochain ! »

Frédéric Paquette-Perrault, qui n’est devenu partant qu’au dernier match de la saison régulière, a ajouté : « Gagner la Coupe Dunsmore, c’est gros ! Pour moi, pour l’équipe et pour tous nos partisans, qui étaient encore très nombreux dans les gradins aujourd’hui. Mais ce n’était pas notre objectif en début de saison, on vise encore plus haut, et il va falloir continuer de travailler. »

Marc-Antoine Dequoy a quand même tempéré : « Je pense qu’on va prendre le temps de savourer cette victoire ce soir ; demain, on va commencer à penser à Acadia ! »

Dans l’autre demi-finale nationale, pour la Coupe Mitchell, les Dinos de Calgary seront les hôtes des Marauders de McMaster. Ces derniers ont causé toute une surprise dans un gain de 29-15 sur les Mustangs de Western, l’équipe classée au premier rang au pays toute la saison et qui n’avait pas encore perdu. Il s’agit d’un huitième titre provincial pour McMaster, le premier depuis 2014, quand ils avaient justement affronté les Carabins en finale de la Coupe Vanier. Les Dinos, eux, se sont imposés 29-4 sur les Huskies de Saskatchewan.

Samedi prochain

Montréal c. Acadia, à Wolfville (N.-É.) McMaster c. Calgary, à Calgary

La dernière de Monsieur Berry

Figure emblématique du football étudiant au Québec depuis des décennies, Walter Berry a arbitré son dernier match hier. Celui qui a fait ses débuts il y a 45 ans, « parce qu’il n’y avait personne d’autre pour arbitrer un match », a mené de main de maître une autre finale de la Coupe Dunsmore. Craignant de continuer « une saison de trop », il préfère laisser la place aux plus jeunes. Souvent décrié – quel arbitre ne l’a jamais été ? –, Monsieur Berry laissera quand même un grand vide.

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