Portfolio Saint-Laurent

Les dessous du futur labo cyber-physique

Comme Québec depuis un an, Montréal aura bientôt son laboratoire cyber-physique. Annoncé l’an dernier, ce que l’on appelle aussi le CP Factory devrait s’installer dans l’arrondissement de Saint-Laurent. Comment pourront en bénéficier les entreprises manufacturières de Montréal ? Lyne Dubois, vice-présidente au développement des affaires du Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ), qui pilote le projet, répond à nos questions.

Qu’est-ce qu’un laboratoire cyber-physique ?

C’est une pièce qui reproduit une usine connectée en format réduit. On y voit des modules interconnectés : entreposage, fabrication, etc. On présente aussi différentes technologies comme RFID (Radio Frequency Identification) qui permet, grâce à une puce sur le produit, de faire varier les commandes dans la chaîne de production. On voit également des robots collaboratifs qui se promènent sur le plancher. Le laboratoire permet vraiment aux dirigeants d’entreprises manufacturières de voir comment fonctionne une usine connectée.

D’où vient l’idée ?

Ce laboratoire est fabriqué par Festo Didactique, une entreprise spécialisée dans la formation des travailleurs. C’est une filiale de Festo, une grande entreprise allemande qui fournit des solutions d’automatisation. Nous avons un premier CP Factory depuis l’automne 2017, que nous avons installé à notre siège social, à Québec. On trouve des laboratoires cyber-physiques en Allemagne, mais nous avons été les premiers à en faire l’acquisition au Canada. Déjà, près de 400 entreprises ont visité notre premier CP Factory.

Pourquoi le CRIQ veut-il maintenant ouvrir un laboratoire cyber-physique à Montréal ?

Comme société d’État, notre mission d’accompagner les entreprises dans leur virage vers le manufacturier innovant a été renouvelée et renforcée dans la dernière année. Il faut adapter notre offre de services pour aider encore davantage les entreprises à aller vers le numérique, qui leur donnera l’agilité nécessaire pour s’adapter aux demandes des clients tout en contrôlant leur coût de revient. Les usines doivent donc être transformées et tout le mouvement qui se déploie à l’international met de la pression sur le Québec. En même temps, nous avons évalué notre modèle d’affaires, et pour rapprocher notre expertise et notre équipement des entreprises, nous nous implanterons dans des régions avec une forte densité d’entreprises manufacturières en créant des HUB 4.0. L’une de ces antennes sera à Montréal, où on installera notre deuxième laboratoire cyber-physique. On ne peut pas encore officialiser le site, mais les discussions sont en cours avec Saint-Laurent, qui a un bon bassin d’entreprises manufacturières.

Comment les entreprises de la région de Montréal pourront-elles en bénéficier ?

Nous nous rapprochons des entreprises pour qu’elles voient à quoi ressembleraient chez elles l’intégration de technologies 4.0 et les gains rapides qu’elles pourraient en tirer. Nous créons donc des formations avec cet outil didactique qui nous permet aussi d’amener les entreprises à se poser des questions sur les projets réalisables chez elles. Elles peuvent également créer des prototypes au CP Factory. Nous nous adaptons aux besoins.

Quand verra-t-on l’installation de ce laboratoire cyber-physique à Montréal ?

Nous avons commandé notre deuxième laboratoire cyber-physique et nous le recevrons en 2019. Je ne peux pas donner de date précise, mais notre plan d’affaires inclut la création d’ententes pour nos antennes satellites au début de 2019.

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