La crise de 2008

Comment la crise vous a touché

La crise financière a frappé les citoyens et investisseurs sur plusieurs fronts, de l’emploi jusqu’aux taux d’intérêt en passant par les régimes de retraite. Tour d’horizon.

Le taux de chômage à un sommet en 25 ans

La récession engendrée par la crise financière de 2008 s’est manifestée par la hausse du taux de chômage la plus rapide et la plus forte en un quart de siècle au Canada. En quelques mois, le taux de chômage est passé de 6 % en août 2008 à 8,7 % en juin 2009. En moins d’un an, quelque 340 000 emplois ont été perdus au Canada. Et ce n’est qu’en décembre 2017, 10 ans plus tard, que le taux de chômage au Canada a retrouvé son niveau de 6 % d’avant la crise financière et la récession.

Le PIB amputé de presque 100 milliards

Principale mesure d’ensemble de l’activité économique, le produit intérieur brut (PIB) du Canada a subi en 2009 son pire repli depuis la grave récession de 1981-1982, alors attribuée à la flambée des taux d’intérêt pour juguler l’inflation et au deuxième choc pétrolier de 1979. En 2009, au pire de la récession provoquée par la crise financière, le PIB du Canada a reculé de 3 % en termes consolidés, et de 4 % lorsqu’il est mesuré en PIB par habitant. En dollars, ce repli du PIB équivalait à une ponction de près de 100 milliards en dollars courants dans l’économie canadienne et qu’elle mettra ensuite deux ans à récupérer.

Les taux d’intérêt à un bas historique

La gravité de la crise financière de 2008 a forcé les principales banques centrales du monde industrialisé à déclencher des mesures sans précédent de soutien financier dans l’économie. Elles sont intervenues massivement dans les marchés obligataires, en plus d’abaisser de façon draconienne les taux d’intérêt à des bas niveaux historiques. Au Canada, par exemple, le taux d’intérêt préférentiel aux meilleurs emprunteurs a basculé de 6,25 % en novembre 2007, au début de la crise financière, jusqu’à 2,25 % en avril 2009, au pire de la récession. Dix ans plus tard, ces taux recommencent à peine à remonter. Ces années de coûts d’emprunt très bas ont favorisé le surendettement des ménages et des entreprises au Canada, ont noté des économistes.

En Bourse, des années à récupérer

Sur la Bourse américaine, l’indice S&P 500 a mis presque quatre ans à se remettre de la dégringolade de 52 % subie entre octobre 2007 et le creux de 735 points atteint en février 2009. Au Canada, l’indice S&P/TSX a mis jusqu’en juin 2014 pour récupérer de la chute de 44 % qu’il a subie en neuf mois seulement, entre mai 2008 et le creux de 8125 points inscrit en février 2009. Ces temps-ci, 10 ans après ce « krach allongé » en Bourse, des questions se multiplient parmi les investisseurs à l’égard de la durabilité du présent cycle haussier.

une décennie de rendements plus volatils

Il n’y a pas que les investisseurs directs dans les marchés boursiers et financiers qui ont subi les impacts de la crise financière. En fait, c’est l’ensemble des salariés, des épargnants et des contribuables qui a aussi écopé par l’entremise des caisses de retraite des secteurs privé et public. En 2008 seulement, le rendement moyen des caisses de retraite s’est avéré très négatif, à -15 %, ce qui a effacé les gains accumulés durant les trois années antérieures. Et depuis, les conséquences de la crise financière et de la récession sur l’économie et les marchés financiers ont suscité des années de rendements volatils comme on en avait rarement vu auparavant dans un secteur financier plus axé sur le moyen et le long terme.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.