Critique

J.Lo fête

Alors qu’elle n’était pas partie en tournée depuis des années, Jennifer Lopez s’est arrêtée hier au Centre Bell avec It’s My Party. Pour les fans qui avaient attendu cette soirée, la chanson Waiting for Tonight a pris tout son sens.

La tournée de Jennifer Lopez aurait difficilement pu porter meilleur nom. It’s My Party. C’est ma fête.

Et en effet, ça l’était. Sa fête à elle comme celle de ses admirateurs. De tous ceux qui s’étaient mis sur leur trente et un pour célébrer. À l’entrée de la salle, on a ainsi vu défiler des spectateurs vêtus de costumes chics, de robes à paillettes, de talons vertigineux. Même J.Lo a fait une pause en plein milieu de son concert pour commenter : « Vous êtes vraiment une foule très sexy. » (Non, ne détruisez pas les illusions en disant qu’elle dit la même chose tous les soirs, s’il vous plaît.)

Notons d’emblée que sur le plan chorégraphique, c’était assez fou, la star d’origine portoricaine exécutant l’équivalent de trois séances de CrossFit en trois chansons.

Ses danseurs ont même enchaîné des pas complexes avec des tubas pour accompagner ses tubes. Les cuivres étaient du reste à l’honneur en ouverture, les danseurs faisant des portées de bras et des ronds de jambe en tenant d’immenses cymbales.

L’effet était… juste wow. Comme, justement, le titre de la chanson de Post Malone, Wow., qu’elle nous a fait jouer durant l’un de ses nombreux changements de costume, suivi des 7 Rings d’Ariana Grande.

Grande sur ses talons immenses, J.Lo a servi, entre autres, une bonne dose de Medicine, puis, tandis que défilaient des projections de carrousel, on a eu droit à un tour de Love ! Don’t ! Cost ! A ! Thing ! Classique de l’album qui porte son surnom, J.Lo, et qui célèbre cette année sa majorité (il est paru en 2001).

Bientôt 50 ans

La chanteuse, elle, célèbre depuis quelque temps la venue imminente de ses 50 ans. Cet instant clé n’aura lieu que le 24 juillet, mais pas grave, elle nous a quand même déclaré que c’était sa fête hier. Sa fête maison, en fait. « It’s a house paaaarty. » Puis, elle a dicté les règles imposées. « Elles sont simples. Vous devez chanter. Vous devez danser. Et vous devez vous amuser. »

Les consignes furent respectées par les invités. Pas trop le choix quand votre hôtesse sort les feux d’artifice autour de la 15minute et les canons à fumée quelques secondes après. Les ballons traditionnellement réservés au rappel dans le Centre Bell ont inondé la scène à la troisième pièce déjà. (Et pas de stress, il y en a eu d’encore plus gros à la fin du spectacle.) « Ils ne m’ont pas dit que le Canada aurait l’air de ça ! s’est exclamée la star de la soirée. Il y a de l’électricité dans l’air ! » Et pas que de l’électricité. Des lasers aussi.

Avec sa cascade de cheveux, Jenny a enchaîné une cascade de succès, et la fête s’est poursuivie tard dans la nuit (enfin, jusqu’à 23 h 16).

D’une folle énergie, elle a alterné entre moments plus funk et segments plus dance, faisant jouer des hits de l’heure pendant ses multiples changements de costume – la diablement accrocheuse Te Boté de Nio García, Darell et Casper Mágico a particulièrement fait lever la foule, tant et si bien que Jennifer Lopez en a offert par la suite une relecture. Spontanée, oui, oui, bien sûr. Et, bien sûr, elle a interprété l’incontournable Jenny from the Block tandis que des « blocs appartements » étaient projetés sur les écrans derrière.

Au « club de striptease »

« Je viens du Bronx », a-t-elle rappelé dans une vidéo aux airs sulfureux. Elle a également rappelé « en vrai » à ses 15 691 spectateurs (très précisément) l’importance de ne pas oublier d’où l’on vient. Servant les habituels « I love you, Montreal », elle nous a soudain invités à changer d’ambiance et à nous rendre au « club de striptease ». Insistant sur l’importance de la générosité et sur l’importance de donner, elle a alors prié « quelqu’un dans la salle dont c’est l’anniversaire cet été » de se manifester. Des centaines de mains se sont levées. L’honneur de monter sur scène a finalement échu à un dénommé Teddy, ou, comme J.Lo l’a appelé, « baby ». Ouais, bon, son anniversaire était le 4 mai, a-t-il avoué. Mais il a quand même eu droit à « un cadeau ». Soit une danse lascive signée par deux des artistes accompagnant J.Lo – ainsi qu’elle-même. L’homme était content. Elle a d’ailleurs dû le prévenir : « Sois gentil, là, Teddy. »

Celle qui s’apprête à tenir le rôle principal dans le film d’effeuilleuses Hustlers a alors chanté en version ralentie l’un de ses premiers succès, tiré du disque On the 6. C’est-à-dire If You Had My Love. En tout cas, l’amour du public, elle l’avait. Quiconque en aurait douté se serait ravisé en entendant l’ovation interminable qu’elle a reçue en fin de parcours après Dance Again. Ou encore les cris pendant Booty, pièce durant laquelle on a entendu la voix de Drake chanter « you used to call me on my cell phone » (la vedette s’est ici permis une blague de booty call).

L’appel d’un moment plus calme et glam est du reste survenu en milieu de soirée. Jennifer Lopez a alors enfilé une robe de bal rouge pour interpréter sa reprise de Si Una Vez, de la regrettée Selena. Au micro, l’actrice-chanteuse s’est rappelé qu’elle avait 26 ans quand elle a joué « la Madonna mexicaine » dans le biopic réalisé par Gregory Nava. Prétexte pour servir un long monologue sur sa vie, sur les secrets qu’elle a appris et sur ses enfants. Et justement, sa fille Emme, 11 ans, est « sortie du plancher » pour l’accompagner sur Limitless.

Sans limites, cette soirée.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.