BOUFFE

Nos terres sont fertiles, nos artisans doués et nos producteurs dévoués. Se trouve au Québec un savoir-faire alimentaire qui mérite d’être pleinement connu – et, surtout, partagé. C’est la mission de nos nommés : faire rayonner notre bouffe, que ce soit en protégeant les insectes qui en permettent la production, en cuisinant divinement les produits d’ici, en organisant des conférences internationales, en valorisant l’agriculture à échelle humaine ou encore en transformant nos déchets en trésors…

Michelle Bouffard

Celle qui a toujours un verre dans le nez

Cette sommelière passionnée et infatigable a organisé en 2017 la première conférence internationale sur les effets des changements climatiques dans le monde viticole. Le succès de cette édition l’a poussée à reconduire son forum mondial tous les deux ans. D’ici le prochain évènement, elle consacre entre 6 et 8 heures par jour à l’entraînement intensif qui lui permettra peut-être de décrocher le très prestigieux titre de Master of Wine.

« Ce que j’aimerais, c’est trouver des façons de faire une différence dans le monde. Les gens connaissent environ 10 cépages, mais en réalité, il y en a des milliers qu’on peut utiliser, et certains sont mieux adaptés aux changements climatiques. »

Marc-André Roberge et Xavier de Briey

Le buzz autour d’une bonne idée

Marc-André Roberge et Xavier de Briey font parler les abeilles ! Ils ont fondé la plateforme Nectar, qui aide les apiculteurs à mieux comprendre leurs petites protégées grâce à des capteurs glissés dans les ruches. Les données collectées sont analysées par un système d’intelligence artificielle et aident à assurer la survie de ces pollinisatrices indispensables à la chaîne alimentaire. Ils ont déjà connecté 100 ruches et ne comptent pas en rester là.

« Conjuguer technologie et nature, c’est une occasion incroyable de pouvoir mieux comprendre une autre espèce que la nôtre en lui donnant une voix. »

Antonin Mousseau-Rivard

Des fleurs et du rap

En plus de renverser vos papilles, le jeune chef Antonin Mousseau-Rivard renverse les conventions. Dans son restaurant Le Mousso — sacré Restaurant de l’année 2018 au gala des Lauriers de la gastronomie québécoise — les stéréotypes de chef autoritaire et orgueilleux disparaissent, et une fine gastronomie fleurie se déguste sur fond de hip-hop. En 2018, le prodige autodidacte a ouvert un second restaurant, le Petit Mousso, qui fera sans doute autant jaser que le premier.

« Il y a de quoi de passionnant à sortir les gens de leur zone de confort, à créer des plats avec des fermentations, des fleurs ou des aliments inhabituels. »

Jean-François Archambault

Faire la révolution en tablier

Avec son équipe de la Tablée des Chefs, Jean-François Archambault lutte contre la faim. Grâce à lui, chaque année, 200 tonnes de bouffe destinée aux poubelles sont redirigées vers des organismes d’aide alimentaire. Et comme si ça ne suffisait pas, son programme d’ateliers Les Brigades Culinaires sera bientôt déployé dans 200 écoles québécoises pour favoriser l’autonomie alimentaire chez les jeunes.

« Nourrir 500 000 personnes par année, c’est s’assurer que la mission première des aliments est d’être consommés. Trop de gens ne mangent pas à leur faim et trop de nourriture est gaspillée. Nous pourrions en faire beaucoup plus. »

John Winter-Russell

Voir grand dans les petits plats

Il y a trois ans, John Winter-Russell a eu l’audace d’ouvrir le Candide, un restaurant locavore malgré les hivers peu agriculture-friendly de Montréal. Cette année, avec son équipe, il se lance dans l’achat d’une fermette, en harmonie avec sa vision d’une agriculture à taille humaine plus respectueuse. Il compte aussi offrir un peu de répit à des personnes sans-abris en cuisinant des aliments voués prématurément aux poubelles et récupérés pour le bonheur des plus marginalisés…

« Certains restos disent qu’ils achètent québécois parce qu’ils achètent 200 livres de carottes par semaine à un producteur du Québec, à 2 $ la livre. Après ça, ils vont chercher des truffes blanches d’Italie à 8 $ le gramme. Pourquoi ne pas prendre l’argent des truffes et embaucher des cueilleurs de champignons sauvages ? »

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