États-Unis

Flambée des cas de COVID-19 dans le Sud

Nombre de cas record, hausse des hospitalisations, malades plus jeunes, le Sud des États-Unis, de la Floride à la Californie, est devenu le point chaud de l’épidémie de coronavirus aux États-Unis, entraînant le retour des restrictions.

Signe de cette recrudescence, le nombre de nouvelles infections quotidiennes s’est rapproché mercredi de ses niveaux record, avec près de 36 000 cas en 24 heures.

Avec près de 330 millions d’habitants, les États-Unis affichent le pire bilan du monde en chiffres absolus : plus de 120 000 morts et près de 2,4 millions de cas détectés.

Près de la moitié des 50 États américains ont connu une augmentation du nombre de cas au cours des deux dernières semaines, et certains, comme le Texas, la Floride et la Californie, affichent désormais des records quotidiens de cas recensés.

Très durement frappés par la COVID-19 au début de l’épidémie aux États-Unis, l’État de New York et le New Jersey ainsi que le Connecticut voisin ont décrété mercredi une quarantaine pour les personnes venant de certains États où la pandémie accélère.

Le Texas, qui avait très vite entamé son déconfinement début mai, a ainsi enregistré mercredi 5551 nouvelles infections. Le nombre d’hospitalisations a doublé au cours du dernier mois et les hôpitaux craignent d’être submergés.

« Si nous sommes incapables de ralentir la progression dans les prochaines semaines, nous devrons revoir dans quelle mesure les commerces peuvent rester ouverts. »

— Greg Abbott, gouverneur du Texas

« Car si [la progression] n’est pas contenue dans les deux semaines à venir, elle échappera à tout contrôle », a insisté le gouverneur républicain, incitant tous ceux qui doivent sortir à porter un masque, sans pour autant l’avoir rendu obligatoire dans son État.

L’épidémiologiste Rebecca Fischer estime que le pic des infections est encore loin. Les mesures qui limitent la propagation du virus devraient « idéalement » être en place « le plus longtemps possible », explique-t-elle à l’AFP.

Symptôme du regain de l’épidémie, l’enseigne Apple a décidé de fermer temporairement sept magasins de la région de Houston, où le nombre de cas de COVID-19 s’envole. La marque à la pomme avait déjà fermé une douzaine d’autres boutiques en Floride, dans les deux Carolines et en Arizona la semaine dernière.

« Explosion » chez les jeunes

En Floride, les images de baigneurs retournant sur les vastes plages de Miami, fermées pendant près de trois mois à cause de la pandémie, avaient fait le tour du monde à leur réouverture le 10 juin, marquant l’espoir d’un retour à la « normalité ».

Mais mercredi, cet État touristique a également enregistré un nouveau record de nouvelles infections (5508). Il avait passé lundi la barre des 100 000 cas détectés de coronavirus.

Depuis mardi, le port du masque a été rendu obligatoire dans la grande ville balnéaire de Miami et une dizaine de villes de la région. C’était déjà le cas depuis la semaine dernière à Orlando, Tampa et les célèbres îles des Keys.

Le gouverneur Ron DeSantis a déploré la « véritable explosion des nouveaux cas chez les plus jeunes ». Et a lancé une sérieuse mise en garde dans ce haut lieu de la fête : les bars et restaurants ne suivant pas les règles de distance physique risquent de perdre leurs permis de vente d’alcool.

La situation a même poussé ce farouche partisan de Donald Trump à prendre le contrepied du président américain, en déclarant pour la première fois samedi que l’augmentation du volume de dépistage ne pouvait pas expliquer à elle seule le pic d’infections.

La Californie aussi a battu un nouveau record pour le troisième jour consécutif mercredi, avec plus de 7100 nouveaux cas recensés sur près de 200 000 au total.

« Nous ne pouvons pas continuer comme nous l’avons fait ces dernières semaines […]. Certains d’entre nous ont eu un petit coup d’amnésie, d’autres ont franchement baissé la garde », a averti le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, montrant du doigt des comportements à risque.

Le port du masque est désormais devenu obligatoire en public dans tout l’État, où Disneyland a dû repousser sine die la réouverture de son célèbre parc d’attractions près de Los Angeles. La date du 17 juillet avait initialement été envisagée.

L’Arizona voisin a également franchi un nouveau sommet mardi.

Plus de huit lits sur dix en soins intensifs étaient occupés en début de semaine (84 %) et le nombre de cas a été multiplié par quatre depuis la levée du confinement le 15 mai.

Pour l’immunologiste en chef de la Maison-Blanche, Anthony Fauci, « les deux prochaines semaines seront critiques » pour combattre ces poussées « préoccupantes ».

La justice américaine ordonne l’abandon des poursuites contre Michael Flynn

Une cour d’appel a ordonné mercredi l’abandon des poursuites contre Michael Flynn, ancien conseiller de Donald Trump. Le département de la Justice avait retiré en mai les accusations contre le général Flynn, bien qu’il ait reconnu avoir menti à la police fédérale sur ses contacts avec un diplomate russe. Le juge responsable du dossier, Emmet Sullivan, avait toutefois refusé de le refermer immédiatement. Il avait nommé un ancien magistrat pour étudier les motifs du gouvernement et prévu une audience pour en débattre. Mercredi, la Cour d’appel de Washington lui a ordonné d’y renoncer. « La Constitution et les précédents sont clairs » : un juge ne peut pas prolonger des poursuites quand le gouvernement a estimé qu’elles n’étaient « plus dans l’intérêt du public », a justifié la magistrate Neomi Rao, nommée à ce poste par Donald Trump. « Formidable », a immédiatement tweeté le président. Hasard du calendrier, la commission judiciaire de la Chambre des représentants organisait le même jour une série d’auditions sur « la politisation sans précédent du département de la Justice ». Le procureur général William Barr utilise son poste « pour servir les intérêts privés du président », a déclaré le chef de la commission, Jerry Nadler. L’élu démocrate a notamment fait le lien entre le dossier Flynn et celui de Roger Stone, ami de longue date du milliardaire républicain, qui a été condamné en février à 40 mois de prison pour parjure. — Agence France-Presse

Arrêté à tort à cause de la technologie de reconnaissance faciale

Un Afro-Américain a été arrêté à tort à cause de l’usage par la police de la technologie de reconnaissance faciale, première erreur de ce type documentée aux États-Unis, selon une plainte déposée mercredi, à Detroit. Au début de janvier, Robert Williams a passé 30 heures en détention parce qu’un logiciel avait jugé identiques la photo de son permis de conduire et l’image d’un voleur de montres captée par des caméras de surveillance, selon cette plainte. Il avait été arrêté et menotté devant chez lui, en présence de sa femme et de ses deux filles, de 2 et 5 ans. La technologie de reconnaissance faciale, utilisée depuis des années par différents services de police aux États-Unis sans cadre légal fédéral, est accusée de manquer de fiabilité dans l’identification des minorités, notamment noires et asiatiques.

— Agence France-Presse

Meurtre d’Ahmaud Arbery, tué alors qu’il Joggait

Trois hommes formellement inculpés

Les trois hommes arrêtés après la mort d’Ahmaud Arbery, jeune joggeur noir, dans le sud des États-Unis, ont été formellement inculpés de meurtre mercredi par un grand jury. Ahmaud Arbery, 25 ans, a été abattu le 23 février alors qu’il courait dans un quartier résidentiel de Brunswick, dans l’État de Géorgie, au long passé ségrégationniste. Pendant plus de deux mois, les policiers locaux n’ont procédé à aucune interpellation, et il a fallu la diffusion d’une vidéo du drame, relayée massivement sur les réseaux sociaux début mai, pour que l’enquête leur soit retirée et démarre véritablement. Un ancien enquêteur attaché aux services du procureur local, Gregory McMichael, 64 ans, et son fils Travis, 34 ans, visibles sur la vidéo, avaient été arrêtés le 7 mai. L’auteur de l’enregistrement, William Bryan, 50 ans, avait été interpellé deux semaines plus tard. L’acte d’accusation a été formalisé mercredi par un grand jury – un collectif de citoyens désignés pour instruire des poursuites. Neuf chefs d’accusation, dont « meurtre », « agression » ou « fausse arrestation », ont été retenus contre les trois hommes. Ils ont « causé sa mort en le poursuivant avec des pick-ups […] et en lui tirant dessus avec des armes à feu », peut-on lire dans ce document. « Cela confirme ce que le père d’Ahmaud dit depuis des mois : qu’il s’agissait d’un lynchage », a commenté l’avocat de la famille Ben Crump dans un communiqué.

— Agence France-Presse

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