Portrait du mois

S’installer à San Francisco pour surfer sur la vague

Dans la vie de Marie-Joëlle Parent, il y a eu Montréal, New York et maintenant San Francisco. Chaque fois que s’ouvre un chapitre, elle chasse la peur et fonce. Hier journaliste dans la Grosse Pomme, aujourd’hui responsable de la stratégie de contenu à Pinterest, cette curieuse-née, passionnée du monde, surfe sur la vague comme personne.

Marie-Joëlle Parent n’a jamais été aussi heureuse. À 36 ans, la Québécoise entame une nouvelle carrière dans l’industrie de la technologie, après 10 ans de frénésie à couvrir l’actualité aux quatre coins des États-Unis. « Je suis extrêmement reconnaissante de ce qui m’arrive. J’ai envie de me laisser porter par la vague et de profiter de la vie – suivre des cours, assister à des conférences, développer de nouvelles habiletés, grandir », dit-elle de sa voix enjouée, depuis San Francisco.

Jamais elle n’aurait pensé aboutir sur la côte ouest américaine, tout amoureuse de New York qu’elle est. Un autre amour, plus grand, l’a incitée à plier bagage et à se réinventer. Établie avec son mari depuis un an et demi à San Francisco, elle collectionne les histoires à succès de petites entreprises qui ont décollé grâce à leur utilisation de la plateforme d’inspiration. Le contenu sert ensuite à propulser le site auprès des médias.

« Je suis passée du journalisme aux communications, dans une industrie qui m’est totalement inconnue. Chaque jour, j’apprends de nouvelles choses, sans savoir où ce chapitre va me mener. »

— Marie-Joëlle Parent

« Yes I Can ! »

Son chapitre new-yorkais avait pourtant été marquant. Envoyée dans la Grosse Pomme pour y ouvrir une antenne de Québecor, elle avait atterri sur Times Square en janvier 2009, au moment où Barack Obama entrait à la Maison-Blanche : « Son "Yes We Can" m’avait galvanisée. » Désormais, elle devait s’exprimer en anglais et agir à titre de reporter, de photographe et de vidéaste. Elle a tenu ce rythme effréné pendant sept ans comme correspondante, puis pendant trois ans à la pige. « Je suis devenue accro à la ville. J’avais accès à tout. Je me suis mise à partager des photos sur Instagram », raconte-t-elle.

En 2015, combattant le syndrome de l’imposteur, elle réunissait ses coups de cœur dans un livre, 300 raisons d’aimer New York, lequel a donné naissance à une collection de guides inusités qu’elle dirige toujours : « Plus tard, j’en ai écrit un sur San Francisco, sans savoir que j’allais m’y installer un jour. »

Surfer sur la vague

Une fois dans la City by the Bay, elle a dû se faire réaliste : impossible d’y vivre de la pige ! « San Francisco est la ville la plus chère des États-Unis et très orientée techno, explique-t-elle. Je n’avais pas le choix de cibler cette industrie. » Elle a dressé la liste des 10 entreprises pour lesquelles elle rêvait de travailler. A fait du réseautage – « inutile d’envoyer un CV, ça tombe dans un trou noir ». S’est créé une page web. A pris un café avec quiconque acceptait de la rencontrer pour lui donner des conseils et brasser des idées.

En visitant Pinterest pour la première fois, elle a eu le coup de foudre. Mais aucun poste ne correspondait alors à ses compétences. Six mois plus tard, elle posait sa candidature à celui de responsable de la stratégie de contenu et l’obtenait au bout d’un long processus d’entrevues.

« J’étais terrorisée, comme chaque fois que j’entreprends quelque chose de nouveau. Mais j’étais prête. »

— Marie-Joëlle Parent

« La meilleure façon de me sentir en confiance, c’est de me préparer consciencieusement — je lis tout, je répète dans mon salon… Pas grave si je me plante, je tente ma chance. »

Ce job lui apporte un second souffle, et la ville, une qualité de vie exceptionnelle : « Je suis entourée de collègues de toutes les disciplines, dans un environnement hyper stimulant. Avec mon mari, on songe à fonder une famille. Le week-end, on explore des parcs nationaux, on visite des vignobles. Et puis, tant qu’à être en Californie, aussi bien apprendre à surfer, au propre comme au figuré ! »

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.