Femmes victimes de violence

Un investissement de 20 millions jugé insuffisant

Le gouvernement du Québec a annoncé hier que 20 millions de dollars seraient investis pour soutenir les femmes victimes de violence.

Cette aide répartie sur trois ans inclut cependant une somme de 13 millions qui avait déjà été annoncée en décembre dernier.

Les sommes annoncées par les ministres Lucie Charlebois (Réadaptation, Protection de la jeunesse, Santé publique et Saines Habitudes de vie) et Hélène David (Enseignement supérieur et Condition féminine) serviront à « accompagner et [...] à soutenir les femmes victimes de violence à caractère sexuel ou conjugale ».

La nouvelle a été bien accueillie par le milieu, mais les sommes annoncées par Québec sont loin de répondre à tous les besoins. « Nous sommes très contentes, c’est une bonne nouvelle, a dit Sylvie Langlais, présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale. Mais ce n’est pas de l’argent récurrent. Pour ça, il faudra attendre de voir le plan d’action [annoncé par Québec]. On espère qu’il y aura d’autres mesures. »

Mme Langlais, à qui on a demandé si les sommes annoncées hier ne représentaient qu’une goutte d’eau dans l’océan, a préféré parler d’un « autre jalon » qui s’ajoutait pour aider les femmes. Elle a néanmoins souligné que le Regroupement recevait moins d’argent aujourd’hui qu’en 2004, si on tenait compte de l’inflation. Et que les besoins, eux, ne cessaient d’augmenter.

Réalités différentes

Dans un reportage publié hier dans Le Devoir, les maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale situées en région se disent au bord de l’épuisement. Elles demandent notamment au gouvernement du Québec de leur accorder les ressources nécessaires pour couvrir un vaste territoire.

Sylvie Langlais a rappelé que les réalités étaient en effet fort différentes entre les grands centres et les régions. Si, à Montréal, on doit de plus en plus tenir compte de l’immigration, en région, la distance est souvent un enjeu de taille. Il faut parfois prévoir plusieurs heures simplement pour accompagner une personne qui va consulter une ressource située à des centaines de kilomètres de distance.

En conférence de presse, les ministres David et Charlebois ont affirmé que le gouvernement allait aussi tenir compte des réalités régionales. La ministre David a dit être à l’écoute du milieu et a affirmé que cette annonce n’était qu’une étape, et que d’autres sommes d’argent seraient débloquées à Québec.

« Quatre-vingt-cinq pour cent des victimes sont des femmes et elles ont d’abord besoin qu’on les croie », a signalé Mélanie Thivierge, présidente du Y des femmes, où se tenait la conférence de presse gouvernementale. Il y a les blessures physiques, mais il y a aussi les blessures psychologiques qui détruisent des vies, plusieurs vies », a-t-elle ajouté.

Cette annonce survient au moment où Québec vient d’entreprendre une tournée de consultation pour préparer le prochain plan d’action en matière de violence conjugale. La première journée de consultation s’est tenue hier, à Gatineau.

Montréal présente son nouveau plan d’action en itinérance

L’administration Plante a lancé hier son plan d’action en itinérance pour aider les gens de la rue au cours des trois prochaines années. Intitulé « Parce que la rue a différents visages », le plan ambitionne d’aller au-delà du centre-ville et de s’attaquer au problème dans chacun des quartiers et en y adaptant le travail de soutien.

Refuge et consommation

L’approche différenciée que Montréal privilégie concerne notamment les alcooliques et les toxicomanes. Ainsi, la Ville prévoit mettre en place un centre d’hébergement « avec consommation contrôlée » (wet shelter) dès 2019. Les détails de ce projet-pilote seront dévoilés prochainement. « Ces itinérants ne peuvent pas rester plusieurs heures dans les refuges actuels parce qu’on leur demande la sobriété. C’est se mettre la tête dans le sable que de penser que ça va changer. Il faut donc répondre à ces gens-là autrement », a indiqué Serge Lareault, commissaire aux personnes en situation d’itinérance à la Ville.

Action décentralisée

La nouvelle orientation de Montréal implique qu’un diagnostic des ressources locales et des besoins des sans-abri soit établi. Cette analyse doit être achevée d’ici la fin de 2018. De plus, un nouveau dénombrement des sans-abri sera réalisé le mois prochain. « Le phénomène de l’itinérance se transforme. Il évolue. […] Chaque personne dans la rue porte en elle une histoire qui lui est propre. C’est aussi ça qu’il ne faut pas perdre de vue quand on veut aider son prochain », a expliqué la mairesse Valérie Plante.

Coup de pouce financier

Montréal maintient le budget dévolu au phénomène de l’itinérance, soit 2,6 millions par année. S’ajoutent les 6 millions (sur les 11 millions annoncés pour toute la province) que le gouvernement du Québec a débloqués mardi pour lutter contre l’itinérance. Ces fonds serviront principalement à la prévention. « Un coup de pouce intéressant », a dit la mairesse. De son côté, Ottawa a prévu dans son budget un financement accru de sa Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance, sur une période de dix ans. À terme, il s’agirait de 100 millions pour Montréal.

Logement social

La Ville de Montréal souhaite accroître l’offre de logement en développant 950 unités de logement social et communautaire ainsi qu’une centaine de chambres en quatre ans. Lors du précédent plan d’action, Montréal n’a pas rempli son objectif de créer 1000 logements pour cette clientèle. De tels projets dépendent des investissements accordés par les gouvernements provincial et fédéral ; des discussions seraient toutefois suffisamment avancées pour permettre de parler du nombre de 950 logements, a précisé l’administration. Montréal vise différentes clientèles itinérantes (femmes, autochtones, jeunes, par exemple).

Déjudiciarisation

Le plan d’action prévoit aussi qu’il y aura un agent pivot en itinérance dans chacun des 32 postes de police de Montréal ainsi qu’à l’unité du métro. Il est également proposé de doubler le nombre d’heures de médiation sociale dans le métro (2300 heures par année) afin d’améliorer la cohabitation avec les usagers des transports en commun. De plus, Montréal poursuivra son programme de déjudiciarisation des sans-abri et entend analyser sa réglementation municipale dans la perspective de leur éviter la judiciarisation. 

Bilan annuel

Bien que le plan d’action soit triennal, il fera l’objet d’un bilan annuel. Pour chaque objectif énoncé, on retrouve un échéancier ainsi que les résultats attendus, ce qui permettra d’évaluer les 40 actions proposées qui se déclinent en quatre axes. Le plan d’action 2014-2017 prévoyait entre autres un premier dénombrement des itinérants (fait en 2015) ainsi que la création d’un poste de commissaire aux personnes en situation itinérantes. Le plan 2018-2020 est le résultat d’une vaste consultation auprès de partenaires publics, de 65 organismes communautaires et de 100 itinérants.

« Quand les gens nous aident et qu’on est enfin en sécurité, et qu’il y a quelqu’un qui est là si j’ai des problèmes, […] quelqu’un qui m’écoute, qui me guide et qui a espoir en moi, ça me donne le goût de changer, de revenir à la vie. »

— Marie-Josée Lejeune, ex-itinérante qui habite maintenant dans un logement social avec soutien communautaire

Réactions

À l’Accueil Bonneau, qui aide 700 personnes par jour, le directeur général Aubin Boudreau a dit espérer que la Ville demeure à l’écoute de ses partenaires pour actualiser et adapter son plan. Au Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), on constate que la nouvelle administration n’a pas fait « table rase » de ce qui se faisait jusque-là et qu’elle propose des cibles ambitieuses pour le logement social. « L’administration Plante place la barre haut avec ce plan », s’est réjoui le directeur Pierre Gaudreau, qui rappelle que la réalisation exigera du leadership.

Repentigny

Un important partenaire des Hells arrêté

La police a arrêté hier Mario Brouillette, motard retraité des Hells Angels soupçonné de continuer à contrôler le trafic de drogue sur un vaste territoire entre le Québec et l’Ontario au bénéfice de l’organisation criminelle. Selon nos sources, Brouillette était attablé au restaurant St-Hubert de Repentigny avec Claude Gauthier, un membre actif des Hells Angels, lorsque les policiers l’ont surpris. Les deux hommes ont été placés en état d’arrestation pour trafic de stupéfiants, mais ils pourraient être relâchés sans accusations pour la poursuite de l’enquête. Depuis janvier, l’Escouade nationale de répression contre le crime organisé multiplie les perquisitions dans l’entourage de Brouillette. Même s’il ne porte plus sa veste des Hells Angels, il est soupçonné d’être demeuré un acteur important du crime organisé et d’exercer beaucoup d’ascendant sur ses anciens « frères ».

— Vincent Larouche, La Presse

Faubourg Contrecoeur

Pas de procès ce printemps pour Bernard Trépanier

Bernard Trépanier, alias Monsieur 3 %, est atteint d’un cancer en phase terminale. Par conséquent, son procès, lié au Faubourg Contrecoeur, ne s’ouvrira pas le mois prochain au palais de justice de Montréal. « [L’]état de santé de [M. Trépanier] s’est aggravé de façon significative. [Il] est âgé de 79 ans. Il souffre de cancers, d’une maladie pulmonaire obstructive chronique sévère, de même que d’autres maladies. Il doit absorber une quantité considérable de médicaments. Il est en attente de traitement par immunothérapie », souligne le juge Yves Paradis dans sa décision rendue hier après-midi. Le procès pour fraude, abus de confiance, fraude envers le gouvernement et complot afin de commettre une fraude de l’ancien grand argentier du parti Union Montréal devait s’amorcer le 3 avril, six ans après son arrestation. Ses anciens coaccusés, notamment Frank Zampino, connaîtront toutefois leur sort le 2 mai prochain.

— Louis-Samuel Perron, La Presse

Un état-major paritaire au SPVM

À la veille de la Journée internationale des femmes, le chef intérimaire du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Martin Prud’homme, a annoncé hier la composition d’un nouvel état-major comptant quatre directeurs adjoints, dont deux femmes. Une première. Deux des nouveaux directeurs adjoints viennent de l’extérieur du SPVM, ce qui est inusité. Sylvain Caron, qui travaillait jusqu’ici à la Sûreté du Québec (SQ), devient directeur adjoint aux enquêtes criminelles pour le corps policier montréalais. Line Carbonneau, qui travaillait à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) avant sa retraite en 2012, devient quant à elle directrice adjointe responsable des normes professionnelles et des affaires internes. La seule cadre qui appartenait déjà à la haute direction du SPVM et qui y demeure est la directrice adjointe Simonetta Barth. Elle sera responsable des affaires corporatives. Un autre policier du SPVM, Dominique Harvey, qui était assistant-directeur, devient directeur adjoint à la gendarmerie. 

— Vincent Larouche et Daniel Renaud, La Presse

Politique

Mélanchon ou Melançon ?

On parle souvent de nos « cousins » français. À Paris, hier, le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, Didier Kling, a établi une filiation aussi fantaisiste qu’inattendue en présentant Isabelle Melançon, la ministre québécoise de l’Environnement. « Mme Mélenchon », a-t-il annoncé, suscitant des rires dans l’assistance de 300 invités venus assister à une allocution de Philippe Couillard. En France, ce nom évoque Jean-Luc Mélenchon, leader de gauche et candidat malheureux à la primaire pour la présidence française au printemps 2017. À cette fausse parenté, il convenait toutefois d’en ajouter une autre, plus tangible. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, prenait aussi la parole. Philippe Couillard a rappelé qu’il était un descendant de Pierre Le Moyne d’Iberville, guerrier navigateur qui a combattu les Anglais pour la France et dont une partie de la famille est retournée en métropole au XXe siècle.

— Denis Lessard, La Presse

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