New York

Un pilote d’hélicoptère meurt en s’écrasant sur un toit

NEW YORK — Un hélicoptère s’est posé brutalement sur le toit d’une tour de bureaux au cœur de Manhattan, hier à la mi-journée, causant la mort du pilote et faisant trembler tout l’immeuble.

Les causes de l’accident, survenu sur une tour de 54 étages, alors que la ville de New York était recouverte d’un épais brouillard, n’étaient pas immédiatement connues et faisaient l’objet d’une enquête, à la fois des autorités de la ville et du National Transportation Safety Board, l’agence fédérale chargée de la sécurité dans les transports, a indiqué le maire Bill de Blasio, lors d’un point de presse.

« Nous n’avons aucune indication sur un quelconque lien avec le terrorisme. Cela aurait pu être bien pire. Dieu merci, personne d’autre n’a été blessé dans cet accident absolument sidérant. »

— Bill de Blasio, maire de New York

L’hélicoptère – un appareil privé de type Agusta 10E, selon la Federal Aviation Administration, l’agence fédérale américaine de l’aviation – avait décollé 10 minutes plus tôt d’un héliport de la 34e Rue.

On ignorait pour l’instant s’il avait reçu l’autorisation de la tour de contrôle de l’aéroport le plus proche, La Guardia. Certains médias ont affirmé qu’une interdiction de voler était en vigueur dans le secteur à ce moment-là en raison du manque de visibilité.

L’appareil a pris feu en atterrissant, avait indiqué un peu plus tôt Andrew Cuomo, gouverneur de l’État de New York.

« Ma première pensée a été : est-ce que c’est un accident ? Est-ce que c’était intentionnel ? En tant que New-Yorkais, après [les attentats] du 11-Septembre, on est toujours inquiet », a-t-il déclaré.

Tremblement de terre

L’accident s’est déroulé non loin de Times Square et de la Trump Tower sur une tour de 54 étages située sur la 7e Avenue, entre la 51e Rue et la 52e Rue, qui abrite notamment le siège américain de la banque française BNP Paribas, qui a été évacuée.

Depuis Washington, le président Donald Trump a remercié sur Twitter les premiers secours new-yorkais qui se sont déployés en quelques minutes dans le bâtiment, les pompiers parvenant à maîtriser rapidement l’incendie qui s’est déclaré lors de l’impact.

« Le gouvernement Trump est prêt à vous aider si vous avez besoin de quoi que ce soit », a ajouté l’ex-magnat de l’immobilier new-yorkais, dont la société est basée dans les étages de la Trump Tower.

Selon plusieurs témoins, l’atterrissage de l’hélicoptère a fait trembler le gratte-ciel où est survenu l’incident, et le choc a été entendu dans plusieurs autres tours alentour.

« On a senti l’impact », a raconté Nathan Hutton, qui travaille dans le bâtiment. « Il était 13 h 35. On a senti tout le bâtiment bouger. On a pensé que c’était un tremblement de terre ou quelque chose comme ça. Puis, deux minutes après, les alarmes ont retenti, et la sécurité est arrivée : “Prenez tous vos sacs et sortez tout de suite.” »

Il a indiqué qu’il n’y avait pas eu de panique, mais « un peu de nervosité », d’autant qu’il a fallu 30 minutes pour évacuer tout le monde du bâtiment.

« Il faut comprendre : regardez le World Trade Center, combien de gens sont restés coincés en essayant de sortir du bâtiment. Ils [les gens évacués, NDLR] pensaient la même chose », a déclaré M. Hutton, 59 ans.

Le précédent accident d’hélicoptère à Manhattan remonte à mars 2018, lorsqu’un appareil transportant cinq touristes en quête de vues spectaculaires sur Manhattan s’est écrasé dans l’East River. Seul le pilote avait réussi à s’en sortir.

Immigration illégale

Nouvelles menaces de Trump envers le Mexique

Le Mexique, à nouveau menacé par le président américain Donald Trump, a reconnu hier qu’une révision de l’accord sur l’immigration conclu avec Washington pourrait intervenir rapidement sur la question du droit d’asile, si l’afflux de clandestins vers les États-Unis ne se tarit pas.

Vendredi, à l’issue de plusieurs jours de négociations, Washington et Mexico sont parvenus à un accord sur l’immigration, destiné à empêcher l’application de droits de douane sur les produits mexicains exportés aux États-Unis.

Mexico s’est notamment engagé à renforcer les contrôles à sa frontière avec le Guatemala, dans le sud du pays, et à accélérer le retour des migrants d’Amérique centrale vers leur pays, dans l’attente que soient traitées leurs demandes d’asile aux États-Unis.

Mais trois jours après la conclusion de l’accord, le président américain a renouvelé sa menace d’appliquer des droits de douane si le Congrès mexicain n’approuvait pas une clause secrète de l’accord, dont il n’a pas précisé la teneur. « N’anticipons pas un problème avec le vote, mais si, pour une raison quelconque, cela n’est pas approuvé, les droits de douane seront rétablis », a tweeté M. Trump.

Le président américain entendait ainsi répondre aux critiques du New York Times, qui a révélé vendredi que la plupart des mesures annoncées par le Mexique dans l’accord avaient déjà été approuvées lors de négociations antérieures. Peu après, M. Trump a déclaré sur la chaîne CNBC que cette clause secrète était « un outil très puissant » dans les mains des États-Unis.

Au milieu de ces conjectures sur la teneur de l’accord, le ministre des Affaires étrangères mexicain, Marcelo Ebrard, a déclaré peu après que Mexico avait refusé que les migrants présents sur le territoire mexicain et souhaitant demander l’asile aux États-Unis le fassent depuis le Mexique.

Mais il a reconnu que le gouvernement mexicain avait accepté que cette question, qui nécessiterait une approbation du Congrès, revienne sur la table des négociations dans un délai de 45 jours si le flot des migrants illégaux traversant le Mexique pour se rendre à la frontière américaine n’était pas freiné.

« Lors de la réunion avec le vice-président des États-Unis [Mike Pence], ils ont insisté » sur cette question, a expliqué M. Ebrard en conférence de presse.

« Nous leur avons dit, et je pense que c’était la plus grande réussite des négociations : prenons le temps de voir si ce que propose le Mexique fonctionne, et sinon, nous discuterons pour voir si des mesures supplémentaires » sont nécessaires, a poursuivi le ministre.

« Aussitôt que possible »

Le président américain, qui a fait de la lutte contre l’immigration clandestine le fer de lance de sa présidence, avait mis son voisin sous pression à la fin de mai en menaçant d’imposer des taxes de 5 % à partir d’hier, et d’augmenter ce taux de 5 points par mois pour qu’il atteigne 25 % en octobre.

Selon la déclaration commune des deux pays, le Mexique s’est engagé à prendre des « mesures sans précédent », notamment le déploiement de sa Garde nationale, ainsi que des actions contre les réseaux de passeurs, de transport et de financement de l’immigration clandestine.

« Le Mexique va faire beaucoup d’efforts, et s’ils le font, cet accord sera un grand succès pour les États-Unis et le Mexique », s’était félicité le président américain. « Lundi [hier], il n’y aura pas de droits de douane, pas de taxes, pas de crise économique ou financière dans notre pays », s’était réjoui de son côté son homologue mexicain.

Parmi les mesures annoncées par Mexico figure le déploiement de 6000 officiers de la Garde nationale mexicaine nouvellement créée à la frontière sud dès hier. M. Ebrard s’est toutefois contenté d’évoquer hier un déploiement « aussitôt que possible ».

Dans la ville de Tapachula, à la frontière avec le Guatemala, un des points d’entrée des caravanes de migrants, essentiellement originaires d’Amérique centrale, qui ont traversé le Mexique ces derniers mois, aucun signe de déploiement militaire n’était pour l’heure visible, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Les arrestations d’étrangers sur le territoire mexicain sont passées de 8248 personnes en janvier à 23 679 en mai. La grande majorité des personnes arrêtées sont de nationalité centraméricaine, principalement hondurienne.

La presse accuse Google de s’enrichir grâce à elle

L’association professionnelle de la presse américaine, News Media Alliance, accuse Google de générer, grâce à elle, plusieurs milliards de dollars de revenus sans rien lui reverser, selon une étude publiée hier, dont la méthodologie a néanmoins été contestée par Google et plusieurs universitaires. L’étude, réalisée par le cabinet de conseil Keystone Strategy pour la News Media Alliance, rappelle notamment que « Google s’appuie de plus en plus sur l’actualité pour augmenter l’utilisation de ses produits par les consommateurs ». Au total, l’étude estime à 4,7 milliards de dollars le chiffre d’affaires généré par Google en 2018 grâce à des contenus mis en ligne par des médias d’information. Google verse aux éditeurs une partie des revenus publicitaires qu’elle dégage des recherches qui mènent sur les sites d’information. La commission des affaires judiciaires de la Chambre des représentants doit consacrer aujourd’hui une audition à la question des rapports entre la presse et les grandes plateformes internet, notamment Google. — Agence France-Presse

Des patrons américains défendent l’accès à l’avortement

Les dirigeants américains de près de 200 entreprises ont défendu hier publiquement le droit à l’avortement au nom de leurs « valeurs », mais aussi de leurs « affaires », brisant le silence du monde économique face à l’offensive conservatrice en cours aux États-Unis. Le patron de Twitter, Jack Dorsey, ceux de l’agence financière Bloomberg, de la chaîne de cosmétiques Mac ou du glacier Ben & Jerry’s font partie des signataires d’un encart publié par le New York Times, intitulé « N’interdisez pas l’égalité ». « Réduire l’accès aux soins liés à la reproduction, y compris à l’avortement, menace la santé, l’indépendance et la stabilité économique de nos employés et de nos clients », écrivent-ils. « Cela va à l’encontre de nos valeurs et c’est mauvais pour nos affaires », ajoutent-ils. Jusqu’ici, les milieux économiques étaient restés muets devant l’assaut mené par plusieurs États conservateurs contre le droit aux interruptions volontaires de grossesse (IVG) pourtant garanti par la Cour suprême depuis 1973.

— Agence France-Presse

Guantánamo

La Cour suprême américaine valide la détention d’un Yéménite depuis 17 ans

La Cour suprême des États-Unis a validé hier le maintien en détention d’un Yéménite prisonnier depuis 17 ans de la base militaire de Guantánamo, à Cuba, et qui n’a jamais été inculpé ou jugé. Le tribunal américain a refusé de se saisir d’un recours déposé par Moath al-Alwi, arrêté à la frontière afghano-pakistanaise en décembre 2001 et transféré à Guantánamo en janvier 2002. Le Yéménite, né en 1977, a été soupçonné d’avoir été un garde du corps d’Oussama ben Laden, ce qu’il nie. Il est considéré comme un « combattant ennemi », ce qui permet de le maintenir en détention jusqu’à la fin du conflit. — Agence France-Presse

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