Revind veut révolutionner l’industrie manufacturière

Deux entrepreneurs de la Rive-Sud de Montréal veulent révolutionner l’industrie manufacturière avec un concept 100 % automatisé et écologique. Après deux ans de travail, il ne manque qu’un grand acteur pour entamer les travaux de construction.

Le concept de la jeune entreprise Revind n’existe pas encore, selon les entrepreneurs Jonathan Ledoux et Simon Jodoin. Il s’agit de faire communiquer une dizaine d’usines à un seul entrepôt géant par convoyeurs installés dans des corridors. Le but : augmenter la productivité, réduire les frais d’exploitation, l’emballage et le transport polluant. Toute la logistique reliée aux stocks est prise en charge par Revind à l’aide d’un système automatisé piloté par informatique.

« Tout peut s’échanger par convoyeurs. On n’a plus de camions qui se promènent. On vient de réduire le cycle de production », affirme Jonathan Ledoux, cofondateur et président de Revind, en entrevue avec La Presse

« Dans un modèle comme le mien, un fournisseur pourrait dire : “Ça sort de la ligne de production à 15 h et ça peut être sur la ligne de production du voisin à 15 h 03.” Pas besoin d’emballer et ça s’en va directement chez l’autre. Ce qui devient un avantage compétitif assez intéressant. »

En plus des coûts et des délais de livraison, Jonathan Ledoux ajoute qu’il y aura encore moins de camions sur les routes si plusieurs petits détaillants se partagent le même transport vers un distributeur.

« Ceux qui viendront s’installer chez nous auront aussi une cure d’automatisation, soutient-il. Il y a encore des manufacturiers qui ne savent pas que ça existe. Il y a des entrepôts automatisés dans le privé, chez Jean Coutu, Sobeys, Biscuits Leclerc, mais il n’y a personne qui le fait en sous-traitance comme le fera Revind. »

Développement économique Longueuil (DEL), qui offre aux entrepreneurs une gamme de services, a aidé Revind dans la recherche d’un site pour construire l’entrepôt et les usines. Revind a deux possibilités : Saint-Bruno-de-Montarville et Longueuil.

« On soutient le projet et on espère qu’il sera implanté sur notre territoire, affirme Julie Éthier, directrice générale de DEL. Ce qu’on fait aussi, c’est qu’on fait part de cette solution-là aux entreprises qui souhaitent avoir une nouvelle usine ou procéder à un agrandissement. C’est une solution innovante qui peut faire diminuer le nombre de pieds carrés nécessaire, diminuer les coûts de construction et permettre aux entreprises d’utiliser leurs liquidités pour autre chose, pour faire des projets de croissance par exemple. »

La directrice de DEL y voit aussi un moyen de régler la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur manufacturier.

« Tous les emplois qui sont reliés à la logistique dans les entreprises, les commis d’entrepôt, les chauffeurs de chariot, c’est une main-d’œuvre difficile à trouver. Donc, un système 100 % automatisé peut être fort intéressant dans le contexte de pénurie actuel. »

Jusqu’à présent, Revind a rencontré des manufacturiers dans les secteurs de l’agroalimentaire, du papier et de la quincaillerie. Quand la jeune entreprise leur explique son concept, elle leur propose aussi une nouvelle façon de calculer le tarif pour occuper l’entrepôt. Au lieu de payer pour l’entrée des marchandises, leur entreposage et leur sortie, Revind suggère plutôt un tarif par jour selon l’espace occupé.

« Si, l’été, le manufacturier a besoin de moins d’espace et qu’en décembre, il lui en faut plus parce que ses besoins sont variables, Revind va lui charger en fonction de l’espace qu’il prend », explique Jonathan Ledoux, cofondateur et président.

« Il y a des entreprises du secteur agroalimentaire qui se sont montrées intéressées, poursuit-il. Il nous manque un gros joueur pour passer à l’autre étape. J’en rencontre un cette semaine. »

Revind soutient qu’une institution financière est prête à l’aider. L’objectif de la jeune entreprise est d’être opérationnelle en juin 2020.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.