Caravane de migrants

Trump interdit aux clandestins de déposer des demandes d’asile

Les États-Unis ont annoncé, hier, qu’ils rejetteraient automatiquement les demandes d’asile déposées par des personnes ayant traversé illégalement la frontière avec le Mexique, une mesure aussitôt contestée en justice par des organisations de défense des droits civils.

Donald Trump, qui a fait de l’immigration son principal thème de campagne avant les élections de mi-mandat du 6 novembre, a signé un décret pour tenter de décourager les migrants centraméricains, dont la plupart fuient la violence chez eux, d’entrer aux États-Unis. Il entend obliger Mexico à les prendre en charge.

« La migration de masse et continue d’étrangers n’ayant aucune raison d’être admis aux États-Unis par notre frontière sud a provoqué une crise et sape l’intégrité de nos frontières », a déclaré M. Trump dans le texte.

Trois organisations, dont la puissante organisation de défense des libertés civiques ACLU, ont annoncé qu’elles avaient porté plainte devant la justice fédérale pour contester le décret.

« Le nouveau décret du président Trump sur l’asile est illégal. Ni le président ni ses ministres ne peuvent passer outre les principes clairs de la loi américaine, mais c’est exactement ce qu’ils tentent de faire. »

— Omar Jadwat, de l’ACLU, dans un communiqué annonçant l’action en justice au nom des trois organisations

« Cet acte sape l’État de droit et est une grande faillite morale parce qu’il essaie d’enlever des protections à des personnes persécutées », a ajouté M. Jadwat.

Le président républicain dénonce régulièrement une « invasion » alors que des « caravanes » de migrants se dirigent actuellement vers les États-Unis. Son décret est censé soulager un système déjà surchargé, quelque 700 000 cas étant actuellement en attente dans les tribunaux.

Au Mexique de s’en occuper, dit Trump

Des responsables américains jugent que puisque le Mexique est le premier pays considéré comme sûr où les migrants arrivent depuis le Guatemala, le Salvador et le Honduras, c’est là que les demandes devraient être déposées.

« Le Mexique est sans aucun doute un pays sûr pour ces individus fuyant la persécution », a expliqué un responsable du gouvernement Trump à des journalistes hier.

« Nous voulons que les gens viennent dans notre pays, mais ils doivent venir de manière légale », a déclaré M. Trump avant de s’envoler pour la France.

Le décret présidentiel américain dit clairement que M. Trump veut que le Mexique gère cette question. Il précise que le rejet automatique des demandes d’asile déposées par des personnes traversant illégalement la frontière se poursuivra pendant 90 jours ou jusqu’à ce qu’un accord « permettant aux États-Unis de renvoyer les étrangers au Mexique » soit conclu.

États-Unis

Michelle Obama règle ses comptes avec Trump dans ses mémoires

Dans ses mémoires, Michelle Obama confie ses difficultés à devenir enceinte, son désintérêt de la politique et l’impossibilité pour l’ancienne première dame des États-Unis de pardonner à Donald Trump la polémique sur la citoyenneté de son mari, selon des extraits de son livre.

Dans Becoming (« Devenir »), à paraître mardi, la native de Chicago se dit surprise que tant de femmes américaines aient voté pour le « misogyne » Trump plutôt qu’Hillary Clinton en 2016.

Michelle Obama, 54 ans, ne cache pas le choc ressenti lorsqu’elle a entendu l’enregistrement de Donald Trump dans lequel il se vantait de pouvoir « attraper les femmes par la chatte ». Elle évoque alors son « corps [qui] tremblait de colère ».

L’extrait le plus marquant dans ces attaques en règle contre le locataire de la Maison-Blanche ? Elle ne lui « pardonnera jamais » la polémique sur le lieu de naissance de son mari.

Le milliardaire new-yorkais est l’un de ceux à avoir suggéré, à plusieurs reprises, que l’ancien sénateur de Chicago était né au Kenya et non aux États-Unis. Une façon de remettre en cause la légitimité du mandat du président Obama, la fonction suprême étant réservée aux personnes nées sur le sol américain.

C’était « fou et mesquin, bien sûr, le sectarisme et la xénophobie sont à peine dissimulés », tacle la première First Lady noire de l’histoire des États-Unis.

« Et si quelqu’un d’instable avait chargé un pistolet et était venu à Washington ? Et si cette personne s’en était prise à nos filles ? », accuse-t-elle, dans les premiers extraits diffusés hier par la chaîne ABC et le Washington Post.

« Donald Trump, avec ses insinuations bruyantes et irresponsables, a mis en danger ma famille. Et ça, je ne lui pardonnerai jamais. »

— Michelle Obama

La réponse du président républicain n’a pas tardé.

« Michelle Obama a été payée très cher pour écrire un livre et ils insistent toujours pour que vous sortiez des polémiques », a-t-il lancé à des journalistes avant de s’envoler pour la France pour les commémorations du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale.

Fausse couche

Dans ses mémoires de 426 pages, l’avocate se livre aussi sur sa vie intime, évoquant sa fausse couche il y a une vingtaine d’années.

« C’était comme si j’avais échoué. Je ne savais pas que les fausses couches étaient si fréquentes parce qu’on n’en parle pas », a déclaré la quinquagénaire, dans des extraits d’une interview à la chaîne ABC pour présenter son ouvrage. « On reste face à notre propre douleur, en pensant qu’il y a quelque chose de détraqué chez nous. »

Dans son livre, elle raconte aussi que leurs deux filles, Malia, 20 ans, et Sasha, 17 ans, sont venues au monde grâce à la fécondation in vitro.

« L’horloge biologique, ça existe vraiment », « parce que la production d’ovules est limitée », confie-t-elle à ABC. « Je l’ai réalisé quand j’avais 34 et 35 ans. Nous avons eu besoin de faire appel à la fécondation in vitro. »

Son mariage n’a pas toujours été un long fleuve tranquille, contrairement à ce que suggère l’image de couple parfait véhiculée par les Obama. L’ancienne première dame révèle avoir suivi une thérapie de couple avec son mari.

« Je connais beaucoup de jeunes couples en difficulté et qui pensent que d’une certaine manière, il y a quelque chose qui cloche chez eux. Et je veux qu’ils sachent que nous, Michelle et Barack Obama, qui avons un mariage phénoménal et qui nous aimons, nous travaillons sur notre couple », précise-t-elle dans l’extrait de l’entretien à ABC qui sera diffusé demain.

États-Unis

La justice américaine suspend l’oléoduc Keystone XL

Un juge fédéral du Montana a suspendu jeudi la construction de l’oléoduc géant Keystone XL, un sérieux revers pour Donald Trump qui avait relancé ce projet très décrié dès son investiture, malgré les risques que celui-ci fait peser sur l’environnement et les cultures autochtones. « C’est une honte », a lancé Donald Trump en route pour les commémorations du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale. Le président a accusé le juge d’avoir pris une « décision politique » et de mettre en danger 48 000 emplois, un chiffre largement contesté par les adversaires au projet. D’une longueur de 1900 km, cet oléoduc, déjà partiellement en service, est censé relier les sables bitumineux de l’Alberta à l’État américain du Nebraska, pour aboutir aux raffineries du golfe du Mexique. Il est fermement combattu par les communautés autochtones des territoires qu’il traverse, inquiètes des dégâts environnementaux qu’il pourrait causer. — Agence France-Presse

France

Trump attaque Macron sur sa proposition d’armée européenne

À peine arrivé à Paris pour les commémorations du centenaire de la fin de Première Guerre mondiale, Donald Trump a dénoncé hier, dans un tweet extrêmement virulent, la proposition d’Emmanuel Macron de créer une armée européenne. Le président des États-Unis, arrivé dans la soirée en compagnie de sa femme Melania, doit rencontrer ce matin à l’Élysée son homologue français, avec lequel il revendique une forme de complicité en dépit de désaccords marqués, de l’Iran au commerce. « Le président Macron vient de suggérer que l’Europe construise sa propre armée pour se protéger contre les États-Unis, la Chine et la Russie », a tweeté M. Trump au moment même où Air Force One atterrissait à l’aéroport international d’Orly, près de Paris. « Très insultant, mais peut-être que l’Europe devrait d’abord payer sa part à l’OTAN, que les États-Unis subventionnent largement ! », a ajouté le président américain. — Agence France-Presse

États-Unis

Nouvel imbroglio électoral en Floride

Républicains, Donald Trump en tête, et démocrates s’accusaient mutuellement, hier, autour des résultats électoraux encore incertains en Floride, trois jours après les législatives. Une controverse qui rappelle l’imbroglio historique de l’élection présidentielle américaine de 2000. « C’est honteux, ce qu’il se passe en Floride », a tonné Donald Trump. Pesant de toute son autorité présidentielle dans un résultat qui n’a pas encore été officiellement annoncé après les élections parlementaires de mardi, il a du même souffle affirmé que le candidat républicain au Sénat en Floride, Rick Scott, « avait facilement gagné ». Le dépouillement est pourtant toujours en cours. « Dans une démocratie, personne, pas même le président, ne peut empêcher le dépouillement légal des voix », a riposté le chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer. La Floride semble promise à un nouveau comptage dans les prochains jours, tant la marge qui sépare M. Scott du sénateur démocrate sortant, Bill Nelson, est serrée, à 0,18 point de pourcentage hier, soit moins de 15 000 voix dans un État de 21 millions d’habitants. Un scénario similaire perturbe l’élection pour le poste de gouverneur de Floride. — Agence France-Presse

États-Unis

Trump serait directement impliqué dans l'achat du silence de femmes

Donald Trump serait directement impliqué dans le versement de sommes d’argent à des femmes avec qui il aurait eu des aventures, selon le Wall Street Journal. Le président américain a toujours nié avoir coordonné les versement à certaines femmes, dont la désormais célèbre Stormy Daniels, durant la campagne présidentielle. Mais voilà que le quotidien soutient avoir la preuve, documents judiciaires à l’appui, qu’il aurait directement coordonné les opérations. Si les informations s’avèrent exactes, Donald Trump pourrait ainsi avoir violé les lois sur le financement des campagnes électorales. Selon le reportage, il aurait été impliqué dans toutes les étapes du processus, notamment en dirigeant des conférences téléphoniques ou des rencontres avec son avocat de l’époque, Michael Cohen. Rappelons que M. Cohen avait déjà admis avoir versé 130 000 $ à Stormy Daniels et qu’il collabore actuellement à l’enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l’ingérence de la Russie dans l’élection de 2016, après avoir plaidé coupable à huit chefs d’accusation, dont fraude fiscale. — La Presse

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