Montréal-Nord avec Suzanne Myre

Au feu !

Toutes les nouvelles du livre L’allumeuse de Suzanne Myre se déroulent à Montréal-Nord. Des histoires de mamans, de papas, d’enfants et de chats. Drôles, cinglantes, touchantes. Son quartier d’enfance a bien changé depuis 40 ans, mais il reste toujours inflammable. 

L’église Saint-Vincent-Marie-Strambi 

« J’étais obligée d’aller à la messe quand j’étais enfant. Dans mon livre, c’est dans cette église que l’allumeuse met le feu. J’aimais vraiment venir allumer des lampions à l’église. J’ai inventé l’histoire de la nouvelle L’allumeuse à partir de cette anecdote. »

Les marches de l’église

« J’ai fait le tour de Montréal-Nord pour prendre des photos des lieux de mon enfance. J’étais triste lors du retour à la maison après avoir parlé à ma voisine qui est là depuis toujours. Je sentais comme une lourdeur. L’allumeuse se passait déjà à Montréal-Nord, mais c’est à ce moment que j’ai décidé que toutes les histoires s’y dérouleraient. Je ne pensais jamais un jour écrire sur ce passé lointain à Montréal-Nord. Ça m’a fait du bien. »

L’école Saint-Vincent-Marie

« Ils ont enlevé le Strambi du nom parce que c’était trop long, mais c’est la petite école de mon enfance. Je disais dans ce temps-là à ma mère que j’allais être enseignante et que j’irais manger à la maison le midi. Ça ferait une belle photo : née à Montréal-Nord et morte à Montréal-Nord », de lancer Suzanne Myre en traversant subitement la rue de Castille. 

Le Dic Ann’s

« L’allumeuse ne raconte pas ma vie, précise toutefois Suzanne Myre. Mais petite, j’allais chercher de la bouffe au Dic Ann’s, surtout des petits hamburgers plats avec des frites. Un classique ! Le Dic Ann’s du boulevard Pie-IX est le premier du genre. À l’intérieur du restaurant, il y a des photos de Céline Dion, peut-être même du pape. »

La rue de Balzac

« Dans une nouvelle, je parle de la maison chic des Archambault. C’était juste à côté de chez nous. Quand j’étais jeune, il y avait beaucoup d’enfants et on jouait dans la rue. Ma mère avait peint notre porte d’entrée vert émeraude. Chaque famille avait une porte de couleur différente. C’est une rue de duplex qui avaient été donnés à leurs employés par Hydro-Québec. Quand j’ai eu mon premier chum à 16 ans, j’ai quitté Montréal-Nord. »

La bibliothèque Charleroi

« C’est ici que j’ai commencé à lire. Ça a été l’un des moments les plus importants de ma vie, la bibliothèque Charleroi. J’empruntais la carte de ma mère pour emprunter des livres d’adultes. En y revenant récemment, j’ai trouvé que l’endroit était minuscule. Bon, il faut dire que j’étais minuscule à l’époque. »

L’école secondaire Calixa-Lavallée

« C’est un gros bloc de béton que j’appelais le bunker. Aujourd’hui, on trouve des balles de fusil dans le stationnement de l’école. Je suis entrée au secondaire juste au moment où l’époque des uniformes s’est terminée. J’étais connue comme la fille qui parle vite à l’école. Quand je faisais des exercices oraux devant la classe, les élèves riaient à cause de mon débit. » 

La cour de l’école

« Cette illustration à l’effigie de Gaston Miron n’était pas là quand je fréquentais l’école. Mon regard s’adoucit maintenant que je revois l’école de près. Derrière, il y a une piscine où j’ai appris à nager. J’avais très peur de l’eau. Mais j’ai appris et, merci, parce que c’est mon sport encore aujourd’hui. Je visite toutes les piscines de la ville pour faire mes longueurs. »

L’allumeuse

Suzanne Myre

Marchand de feuilles 206 pages

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