Budget Trump

De l'optimisme à saveur électorale

À sept mois de l’élection présidentielle, le budget publié par l’administration Trump a tout du programme de campagne fondé sur des prévisions optimistes et faisant la part belle aux militaires. Les plus pauvres, quant à eux, verraient les programmes d’aide se réduire comme peau de chagrin.

En pleine campagne pour sa réélection en novembre, Donald Trump ne s’est pas embarrassé de prévisions réalistes pour construire son projet de budget fédéral 2021.

La croissance attendue des États-Unis devrait être inférieure à 2 % dans les prochaines années ? Le budget se fonde, lui, sur une croissance de 3 % par an pendant 15 ans. Ce qui n’a jamais été le cas dans l’histoire récente des États-Unis. 

Même les fastueuses années 1960 n’ont pas connu une si longue période de croissance supérieure à 3 %.

« Des hypothèses sont formulées dans ce budget […] mais nous pensons que 3 % [de croissance] est tout à fait réalisable dans les 10 prochaines années », a défendu le directeur du budget à la Maison-Blanche, Russell Vought, interrogé lundi sur la chaîne CNBC.

Ce budget a toutefois très peu de chances d’être voté par la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates.

Quant à la rigueur budgétaire qui a été le mantra du Parti républicain depuis des décennies, le président républicain ne s’en embarrasse plus, et repousse l’équilibre à 2035, au lieu de 2030.

« Ce président destructeur et irrationnel nous offre un budget destructeur et irrationnel », a fustigé le démocrate John Yarmuth, président de la commission du budget de la Chambre des représentants, dans un communiqué de presse.

Pour Russell Vought, au contraire, « le budget est équilibré sur 15 ans. Il inclut davantage de réduction du déficit – 4600 milliards de dollars – qu’aucun président dans l’histoire [n’en a réalisé] ».

Objectif Lune 2024

Se taillant la part du lion, les dépenses militaires, qui ne cessent de grimper depuis le début du mandat de Donald Trump, continuent sur leur lancée. Le projet de budget prévoit une hausse de 0,3 %, pour atteindre 740,5 milliards de dollars.

Deux milliards de dollars doivent également être alloués à la poursuite de la construction d’un mur anti-immigration à la frontière avec le Mexique.

Le budget de la NASA bondit également de 12 %, afin qu’elle puisse envoyer de nouveau des astronautes sur la Lune en 2024, comme le veut le président.

En revanche, pour réduire les dépenses à hauteur de 4400 milliards de dollars dans les 10 prochaines années, la Maison-Blanche prévoit de réduire les remboursements de médicaments, les aides aux personnes handicapées, ou encore de tailler dans des programmes d’aide alimentaire.

Les aides internationales seront réduites de 21 %.

Donald Trump « a été très clair et son budget protège totalement la sécurité sociale [qui gère les retraites aux États-Unis] et les bénéficiaires de Medicare », la couverture santé pour les plus âgés, a encore commenté Russell Vought.

« Nous avons donné la priorité à la Défense de ce pays que le président, le commandant en chef, estime absolument vitale », a-t-il continué. 

« [En revanche], nous pensons que l’époque est révolue pour dépenser de l’argent pour une statue de Bob Dylan au Mozambique ou pour une ligue professionnelle de cricket en Afghanistan. »

— Russell Vought, directeur du budget à la Maison-Blanche

La première économie du monde est entrée dans sa onzième année d’expansion d’affilée, un record. De 1,5 % en 2016, dernière année de l’ère Obama, elle a atteint 2,3 % en 2017, avant de se hisser à 2,9 % en 2018.

Mais elle a ralenti à 2,3 % l’an passé en raison notamment de la guerre commerciale avec la Chine, qui a découragé les investissements des entreprises.

Le déficit, creusé par des mesures de stimulation de la croissance comme des baisses de l’impôt sur les sociétés et un allègement de la pression fiscale pour les classes les plus aisées, devrait atteindre 1015 milliards de dollars fin septembre 2020. L’année fiscale américaine démarre le 1er octobre.

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