États-Unis

La Floride se prépare à l’arrivée d’Isaias

Isaias a frappé les Bahamas, arrachant des bardeaux et des arbres, causant de fortes pluies. Samedi, l’ouragan s’approchait de la côte est de la Floride, État particulièrement touché par la COVID-19, qui rapportait une hausse de plus de 9600 cas confirmés en 24 heures et 179 morts supplémentaires.

Les Floridiens ont l’habitude des ouragans, même si Isaias survient particulièrement tôt, dans une saison qui s’annonce occupée. La particularité cette année est la combinaison des intempéries avec la pandémie. Le site floridien de la Santé publique annonçait d’ailleurs la fermeture de plusieurs points de dépistage pour les prochains jours en raison de l’ouragan.

« L’important pour nous maintenant, c’est que les gens restent vigilants », a déclaré le gouverneur de la Floride Ron DeSantis lors d’une conférence de presse, assurant que son État était « entièrement préparé ».

L’état d’urgence a été déclaré pour les comtés de la côte est de la Floride.

Le maire de Miami, Carlos Giménez, a affirmé vendredi qu’une vingtaine de centres d’évacuation devraient être en mesure d’accueillir les gens, dans le respect des mesures sanitaires face à la COVID-19.

Samedi après-midi, Isaias était annoncé comme un ouragan de catégorie 1, sur une échelle pouvant aller jusqu’à 5, pour les plus puissants.

Pas d’inquiétudes

Eddie Stones est né dans le quartier Maisonneuve-Rosemont, à Montréal, il y a 85 ans. Ça fait 33 ans qu’il habite à West Palm Beach. Ni la COVID-19 ni la perspective d’un ouragan ne peuvent troubler l’homme.

« On était déjà préparés à cause du virus, tout le monde a stocké du papier de toilette, de l’eau, de la nourriture. »

— Eddie Stones, Montréalais d’origine qui habite West Palm Beach

Jamais il n’a vécu d’évacuation dans son coin de la Floride malgré les nombreux ouragans. Il a des fenêtres conçues pour résister à ce type de phénomènes météorologiques. Il a aussi une pièce sans fenêtre, où les autorités suggèrent de se réfugier lorsque le temps se corse. « Mais on est toujours curieux, on est à côté des fenêtres et on regarde les arbres dans le vent… », a confié l’octogénaire.

Préparation

Marc Barrière, Québécois qui passe ses hivers en Floride avec sa femme depuis qu’il a pris sa retraite, il y a huit ans, commence à connaître la routine de la préparation aux ouragans lorsqu’il quitte son condo de West Palm Beach au printemps. Cette année, malgré un départ précipité en mars en raison de la COVID-19, il ne croit pas avoir oublié d’étape importante.

Il regardait samedi la caméra extérieure installée sur le terrain et suivait son système domotique à distance pour s’assurer que tout se passait bien.

« Si l’ouragan passe chez nous, il va y avoir des dommages, a noté l’homme de 67 ans. Là, ça va devenir plus compliqué. »

Il restait en contact avec un voisin d’origine cubaine, qui est allé visiter sa demeure. « On s’inquiète pour nos voisins si l’œil de la tempête passe par le village, a-t-il dit. Ils peuvent se retrouver avec le toit arraché. J’ai du cannage chez moi, j’ai averti mon ami de se servir au besoin. »

Le maire de Miami a d’ailleurs encouragé les citoyens à se faire des provisions d’eau, de nourriture et de médicaments pour sept jours.

Malgré la nécessité de faire des provisions, les médias locaux ne notaient pas de ruées vers les supermarchés, comme on a pu le voir un peu partout au début de la pandémie.

— Avec l’Agence France-Presse et l’Associated Press

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