Les vins de la semaine

Vins de chaleur

J’ai été élevée au riesling allemand, et les vins de ce pays gardent une place spéciale dans mon cœur. Mais je continue de les boire fréquemment pour une raison très simple : ils sont délicieux ! Et ce sont parmi mes vins de chaleur préférés, puisqu’ils sont faibles en alcool, non boisés et d’une immense fraîcheur. Idéal quand le soleil plombe et qu’on veut quelque chose de revigorant. Dans la même catégorie des vins de chaleur, un excellent rosé et du bonbon pour terminer.

Frais et sec

Je me désole de voir tant de gens qui pensent ne pas aimer les vins allemands. Trop souvent, l’idée qu’ils s’en font repose sur des vins industriels et sucrés, souvent goûtés il y a belle lurette... Essayez-les de nouveau ! Parce que si vous aimez les blancs secs et hyper frais qui font saliver – des vins parfaits par temps de chaleur –, les rieslings allemands sont durs à battre (et les demi-secs aussi !). Celui-ci en est l’archétype, et de surcroît d’un excellent vigneron. Très pâle, avec un nez invitant, hyper frais, aromatique, aux accents de pêche, de lime, de fleurs blanches. Très sec et pimpant, avec une impression minérale. Ça réveille les papilles ! Parfait à l’apéro, avec poissons ou fruits de mer grillés, frits ou en tartare, salade de crevettes, ceviche.

Dönnhoff Riesling Trocken Nahe 2019, 24,30 $ (13510552), 11,5 %

Garde : de 4 à 6 ans

Rosé provençal

Un véritable délice, ce rosé tout à fait provençal a tout pour plaire. Élaboré avec grenache et syrah surtout, ce vin affiche une couleur pâle, un nez hyper fin et alléchant, aux notes de pêche, de champs en fleurs, d’herbes et d’agrumes, et une bouche pleine de vitalité. Leste et frais, mais avec de la matière, un certain gras et de la tenue, il est très sec et très harmonieux. Une pointe saline en finale le rend encore plus digeste. Délicieux à l’apéro, mais surtout très polyvalent à table. Délicieux avec des bagels au saumon fumé et aux tomates, des crevettes grillées, une tarte aux tomates, un grilled cheese ou une ratatouille.

Domaine Les Béates Les Béatines Coteaux d’Aix-en-Provence 2019, 21,10 $ (11232261), 13,5 %, bio

Garde : de 1 à 2 ans

Du bonbon

Ça, ce n’est pas compliqué, c’est du vrai bonbon ! Ça goûte l’été, l’insouciance et le bonheur. Spécialité du Bugey, le cerdon est un vin demi-sec, léger en alcool, avec une délicate effervescence. Élaboré avec du gamay, il en a tout le fruit charmeur. Au nez et en bouche, c’est une explosion d’arômes et de saveurs de petits fruits rouges et de fraises des champs. Le sucre est parfaitement équilibré par une acidité fringante, et les fines bulles font danser le tout sur la langue. Du bonheur, vous dis-je. Encore plus avec des fraises ou de la rhubarbe (ou un dessert à...). Mais aussi tout à sa place à l’apéro ou au brunch, et assurément à un pique-nique !

Renardat Fâche Bugey Cerdon, 24,30 $ (12477543), 8 %

Garde : à boire

Gourmand

À boire

Pour épater la galerie cet été, servez plus de vin blanc, plus de boissons prêtes à boire et plus de produits québécois ! Voici quelques idées, inspirées des tendances de la consommation publiées dans le dernier rapport annuel de la Société des alcools du Québec.

Spiritueux 100 % Québec

Après le vin du Québec, le cidre et le vin de glace, le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV) étudie deux nouveaux projets d’appellation pour les alcools d’ici. Le premier a été déposé par la toute nouvelle Union québécoise des microdistilleries (UQMD). Elle souhaite la création d’une appellation 100 % Québec pour reconnaître les spiritueux préparés uniquement avec des ingrédients locaux. « À ce moment-ci, il y a peu de produits (de 7 à 10) qui sont faits uniquement avec des ingrédients d’ici, explique le président de l’UQMD, Jean-François Cloutier. Mais c’est une vision d’avenir. Plusieurs distilleries vont bientôt mettre en marché des spiritueux vieillis faits avec des ingrédients locaux. Cette appellation va valoriser le savoir-faire. » La deuxième demande vise à reconnaître et à réglementer l’eau-de-vie faite à base d’érable, mieux connue sous le nom d’Acerum. Bien que l’érable soit un produit phare au Québec, ce sera la première fois qu’il sera inscrit dans un projet d’appellation réservée. Les deux appellations devraient voir le jour d’ici 2022.

Cocktail à brasser

Les cocktails prêts à boire sont rarement élaborés avec de l’alcool du Québec. Cette nouveauté de la distillerie Menaud est une des exceptions. L’entreprise de Charlevoix assemble sa vodka produite avec du blé et du seigle de L’Isle-aux-Coudres avec du lait de coco et de la lime. Dans la cannette, le mélange est rafraîchissant, original et sans gaz. Bien brasser avant de craquer la cannette.

Menaud Drav D98, 15 $ (14398769)

Deux blancs estivaux

Beau, bon, pas cher

Le vin blanc n’a jamais eu autant la cote au Québec. Et cette nouveauté du Portugal pourrait bien faire augmenter encore davantage sa popularité. Élaboré dans la région de Beira, à la frontière de l’Espagne, ce vin réunit plusieurs variétés locales aromatiques du pays. Dans le verre, ses arômes de fleurs et de poire sont invitants. Une fois en bouche, on est séduit par sa fraîcheur et sa finale saline. Ce n’est pas très complexe, mais pour moins de 15 $, il est parfait pour les apéros improvisés et les pique-niques. D’autant plus que le vin est produit avec des raisins cultivés selon les règles de l’agriculture biologique et que son étiquette colorée a spécialement été conçue pour le Québec.

Castelo Rodrigo Beira Interior 2019, 14,60 $ (14431223)

Pour changer du sauvignon

Le sauvignon blanc est la variété de raisin la plus populaire au Québec, après le chardonnay. Pour découvrir de nouvelles saveurs, cap sur le nord-est de l’Espagne, dans la région de Rueda, où le cépage local verdejo en met plein les papilles. Dans cette cuvée élaborée par le domaine Menade, les arômes de citron, de lime et de cerfeuil remplissent le verre. En bouche, sa texture rappelle la pâte d’amandes. C’est long, savoureux et... bio. Un bon rapport qualité-prix et un incontournable pour accompagner les salades de pâtes et le poulet.

Menade Verdejo Rueda 2019, 18,70 $ (14004125)

Goût amer pour les producteurs d’ici

La SAQ a mis en place, au début du mois de juin, un nouveau logo pour identifier les produits embouteillés et préparés au Québec. L’image et la démarche sont inspirées de la marque « Origine Québec », que la société a mise en place en 2014. Or, cette nouvelle initiative a soulevé l’indignation des vignerons québécois et de nombreux consommateurs sur les réseaux sociaux lors de la fête nationale. Car à cette occasion, la société d’État a annoncé un rabais sur les « produits du Québec », qu’il s’agisse de vins québécois ou de vins californiens embouteillés ici.

« Quel dommage de voir la section “Produits du Québec” de la SAQ remplie de vins étrangers embouteillés ici, a écrit sur les réseaux sociaux le vigneron Matthieu Beauchemin, du domaine du Nival. Sachant que la SAQ pourrait être un incroyable véhicule pour la promotion de l’industrie viticole québécoise. »

La SAQ défend cependant sa stratégie. « Plusieurs vins des États-Unis, de France ou d’ailleurs, qui sont embouteillés localement, contribuent à notre économie, a indiqué son porte-parole, Yann Langlais-Plante. Cet identifiant touche également les spiritueux, dont la fabrication diffère beaucoup d’une distillerie à une autre. » Selon son dernier rapport annuel, les vins élaborés au Québec sont en hausse. Ils représentent 12 % des vins canadiens vendus à la SAQ.

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