Plein air 

Un nouveau forfait pour découvrir le Nunavik 

La descente de la rivière George, dans le Nunavik, est une sérieuse expédition réservée essentiellement aux aventuriers aguerris.

La récente création du parc Ulittaniujalik pourrait changer cela. Une petite équipe de Parcs Nunavik est à peaufiner un forfait qui permettrait de descendre une section d’une centaine de kilomètres de la rivière sans nécessairement être un expert.

« Nous avons un angle différent, indique Clara Morrissette-Boileau, agente de planification pour le parc Ulittaniujalik. Nous voulons amener des visiteurs qui ne seraient pas nécessairement des aventuriers aguerris qui partent pour des semaines d’expédition. »

Le forfait aurait sensiblement la même durée que la plupart des forfaits offerts dans les autres parcs du Nunavik (Pingualuit, Kuururjuaq et Tursujuq), soit autour de neuf jours.

Au parc des Pingualuit, on offre notamment un forfait de randonnée au cratère du Nouveau-Québec. À Tursujuq, on met l’accent sur un forfait de kayak sur le lac Taisujaq, alors qu’à Kuururjuaq, on propose l’ascension du mont d’Iberville (le plus haut sommet du Québec) et une descente de la rivière Koroc.

« Nous aimons beaucoup faire de la forfaitisation pour rendre plus accessible le tourisme au Nunavik, indique Mme Morrissette-Boileau. Nous nous occupons de tout : les billets d’avion, le coucher dans l’hôtel, les repas, les activités. »

Le forfait que Parcs Nunavik est en train de concocter pour le parc Ulittaniujalik comprendrait la descente d’une section d’une centaine de kilomètres de la rivière George, soit de six à sept jours de canot. Il inclurait également des randonnées pédestres et quelques journées dans la communauté de Kangiqsualujjuaq pour « permettre aux visiteurs d’avoir une expérience culturelle ».

Le parc Ulittaniujalik, officiellement créé à l’automne 2016, est le quatrième parc du Nunavik.

« Pour la communauté de Kangiqsualujjuaq, c’était vraiment important de protéger cette région, notamment contre le développement minier. En fait, à la demande de la communauté, certaines zones seront totalement fermées aux visiteurs. »

— Charlie Munick, directeur du parc Ulittaniujalik

Historiquement, la vallée était fréquentée par le grand troupeau de caribous de la rivière George et constituait une importante voie de passage pour les Inuits et les Naskapis. La taille du troupeau a diminué de façon draconienne au cours des dernières années. Il y a moins de chasse qu’auparavant, mais les Inuits continuent à pêcher sur le territoire.

« Les gens y vont surtout à l’automne quand les saumons vont frayer », indique M. Munick.

Une particularité géologique caractérise le parc. « Il y a environ 7000 ans, il y avait un grand lac glaciaire sur le territoire, raconte Mme Morrissette-Boileau. Il y a eu plusieurs événements qui ont fait en sorte que le niveau du lac a baissé, ce qui a laissé des lignes de rivage, des terrasses, des plages. »

C’est d’ailleurs l’origine du nom Ulittaniujalik : « L’endroit où il y a des lignes de rivage. »

Mais le cœur du parc demeure la rivière George elle-même et l’activité-vedette, la descente de rivière en canot, indique Mme Morrissette-Boileau.

À l’heure actuelle, de petits groupes d’aventuriers parcourent la rivière depuis sa source dans une série de lacs près de Schefferville et de la communauté naskapie Kawawachikamach jusqu’à son embouchure, à Kangiqsualujjuaq. Ce périple prend autour d’un mois.

« Ils vont pouvoir continuer à le faire, mais on leur suggère de nous appeler, de s’enregistrer pour des raisons de sécurité, pour qu’on sache où ils sont », souligne M. Munick.

Les adeptes de plein air qui ne sont pas des aventuriers accomplis devront attendre à l’été 2020 avant de pouvoir bénéficier du forfait de Parcs Nunavik.

L’hiver prochain, l’équipe de Parcs Nunavik testera des activités hivernales comme le ski de fond, la raquette ou le traîneau à chiens.

« Il y a beaucoup de potentiel, affirme M. Munick. Les expéditions de motoneige devront cependant être guidées par du personnel du parc ou des gens de la communauté : il faut suivre des règles, on ne peut pas se promener un peu n’importe où. »

Les défis du Nunavik

Le tourisme dans le Nunavik fait face à de nombreux défis, à commencer par les coûts du transport aérien pour s’y rendre. Le parc Ulittaniujalik dispose cependant d’un avantage comparativement aux trois autres parcs du Nunavik.

« Certaines personnes qui ont plus de temps et qui voudraient couper les coûts pourraient se rendre à Sept-Îles, prendre le train jusqu’à Schefferville et, de là, faire toute la rivière George ou noliser un avion pour entrer directement dans le parc, note Mme Morrissette-Boileau. C’est peut-être le parc où on a le plus la possibilité de diminuer les coûts. »

La communauté de Kangiqsualujjuaq est ouverte à recevoir plus de touristes qu’à l’heure actuelle, mais jusqu’à un certain point.

« La communauté ne peut pas gérer énormément de visiteurs », rappelle M. Munick.

Kangiqsualujjuaq compte moins d’un millier d’habitants. Il s’agit du village le plus proche d’un autre parc, Kuururjuaq, créé en 2009. Il reçoit donc déjà plus de visiteurs qu’il y a une quinzaine d’années.

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