Camp des recrues des Alouettes

Richard et Kelly croient en leurs chances

Hugo Richard n’est pas venu chez les Alouettes pour jouer les touristes. Lorsqu’on lui a demandé s’il considérait sa première saison professionnelle comme une année d’apprentissage, l’ancien quart-arrière du Rouge et Or de l’Université Laval a été catégorique.

« Aucun joueur n’a envie de passer une saison sur le banc. Je ne veux pas m’avouer vaincu, alors c’est sûr que je vais travailler très fort pour leur montrer que je suis capable de jouer à ce niveau. »

Arrivé à Montréal mercredi, Graham Kelly se retrouve dans une situation identique à celle de Richard. Les deux jeunes joueurs doivent relever l’énorme défi que représente l’obtention d’un poste au sein d’une équipe professionnelle à titre de quart-arrière canadien.

C’est une question que les amateurs se posent depuis toujours. Comment se fait-il qu’il y ait aussi peu de quarts-arrières canadiens dans la LCF ? Selon Khari Jones, l’entraîneur des quarts et le coordonnateur offensif des Alouettes, c’est essentiellement une question de nombre.

« Il y a tellement de candidats aux États-Unis que ça laisse très peu d’occasions pour les quarts canadiens. La population des États-Unis est 10 fois plus grande que celle du Canada et le football est le sport le plus populaire, ce qui n’est pas le cas ici. »

—  Khari Jones, entraîneur des quarts et coordonnateur offensif des Alouettes

« La concurrence est extrêmement féroce aux États-Unis, et dès le jeune âge. J’en suis un exemple, car j’étais déjà quart-arrière à 9 ans. J’allais dans toutes sortes de camps et j’avais accès à beaucoup d’enseignement », a expliqué Jones, qui a disputé 10 saisons dans la LCF (de 1997 à 2006).

« Mais je dois vous dire que ça fait plus de 20 ans que je travaille dans la LCF et que la qualité des quarts canadiens s’est constamment améliorée. À une certaine époque, l’écart entre les quarts américains et canadiens était gigantesque. Ce n’est plus le cas. Je pense que c’est de bon augure. »

Si les informations qui circulent quant au renouvellement de la convention collective sont exactes, la LCF facilitera la tâche des quarts canadiens qui espèrent jouer dans son circuit. À compter de cette saison, les quarts compteront dans le ratio de joueurs canadiens, ce qui n’était pas le cas auparavant.

« Si ça s’avère, je pense que ça incitera les équipes à donner plus d’occasions aux quarts canadiens. Ce serait une très bonne chose », a estimé Jones.

Un gagnant

Parmi tous les joueurs et entraîneurs qui participent actuellement au camp des recrues des Alouettes, Étienne Moisan est celui qui connaît le mieux Hugo Richard. Le receveur évolue aux côtés du passeur depuis maintenant neuf ans.

« Hugo est tout un compétiteur. Le plus grand avec lequel j’ai eu la chance de jouer. Il va tout faire pour gagner, même si ça nécessite qu’il se fasse frapper durement. C’est un gagnant. »

C’est d’ailleurs probablement pour cette raison que les Alouettes ont offert un contrat à Richard. Le DG Kavis Reed a mentionné qu’il pourrait entre autres contribuer sur les unités spéciales. Étoiles du football universitaire, Mathieu Bertrand, Marc-Olivier Brouillette et Brad Sinopoli ont tous eu à changer de position afin de pouvoir jouer dans la LCF. Mais Richard croit fermement qu’il sera en mesure de demeurer quart.

« Je veux démontrer que je mérite ma place dans l’équipe. C’est comme une entrevue de job. Si on veut un emploi à la fin du camp, il faut démontrer qu’on est indispensable à l’équipe d’une façon ou d’une autre. Alors je veux prouver que je suis capable de jouer à ce niveau-là, car c’est sûr qu’il y aura des doutes. »

De l’intérêt dans la NFL

Avant d’accepter l’offre des Alouettes, Kelly a de son côté discuté avec plusieurs équipes. « Ce sont eux qui m’ont manifesté le plus grand intérêt », a raconté le joueur originaire de Burlington, en Ontario.

En plus des équipes de la LCF, quelques clubs de la NFL, dont les Jets de New York et les Browns de Cleveland, ont également manifesté de l’intérêt pour Kelly.

« Je pense que les quarts-arrières canadiens sont sous-évalués. Il y a beaucoup de talent partout au pays, mais c’est très difficile pour nous de percer un alignement. Alors je sens en quelque sorte que je dois bien représenter toute la confrérie des quarts canadiens », a indiqué Kelly, qui semble convaincu de pouvoir faire carrière dans la LCF.

« Mon objectif à court terme est de décrocher un poste dans l’équipe. Mais à long terme, je veux être un quart de concession. »

Lorsque le camp régulier des Alouettes s’ouvrira dans quelques jours, Antonio Pipkin, Matt Shiltz, Vernon Adams et Jeff Mathews se partageront les répétitions derrière le centre. Mais pour le moment, Richard et Kelly gagnent en expérience, tout en se familiarisant avec un niveau de jeu supérieur à ce qu’ils ont connu depuis qu’ils jouent au football.

« C’est un processus pour les deux quarts, mais ça va plutôt bien jusqu’à maintenant, je vois une progression. Ce qu’ils doivent comprendre, c’est que la marge d’erreur est extrêmement mince au football professionnel. Dans les rangs universitaires, on peut parfois commettre des erreurs sans impunité. Dans la LCF, on vous les fait payer chèrement la très grande majorité du temps », a rappelé Jones.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.