Le Canadien

Une deuxième chance pour Dale Weise

Marc Bergevin fait à nouveau l’acquisition de l’attaquant qui a disputé 152 matchs dans l’uniforme bleu-blanc-rouge

Dale Weise était au gymnase du PPL Center, où les Phantoms de Lehigh Valley, le club-école des Flyers de Philadelphie, s’apprêtaient à accueillir le Wolf Pack de Hartford. Weise y allait de son entraînement habituel des matins de match, quand l’entraîneur-chef des Phantoms, Kerry Huffman, l’a approché.

« “Hé, Weiser, as-tu vu ça ?” Il me montre un tweet sur son téléphone qui dit que le Canadien a fait mon acquisition. Ça m’a un peu pris de court ! Lui aussi. Il me voyait dans le gymnase à travers la vitre, il lisait la nouvelle sur son téléphone, et ça ne collait pas dans sa tête ! »

C’est de cette façon plutôt rocambolesque que Weise a appris la nouvelle qui lui a accroché le sourire aux lèvres : il aura la chance de se faire valoir ailleurs. Et cet ailleurs, c’est dans l’organisation du Canadien. Un dénouement aussi inattendu que Charles Tisseyre chantant un succès de Wu-Tang Clan au karaoké.

Acquis des Flyers en compagnie du défenseur Christian Folin, contre David Schlemko et Byron Froese, Weise cachait mal sa joie.

« Je suis tellement enthousiaste. » — Dale Weise

« J’adore l’équipe, j’adore la ville, lance Weise, qui nous parlait depuis son domicile du New Jersey, en banlieue de Philadelphie. J’ai souvent joué contre Claude Julien quand il dirigeait les Bruins, il sait ce que je peux faire. Et Marc Bergevin a confiance en moi. Ça aussi, c’est gros. »

Weise parle avec nostalgie de ses années à Montréal, et on peut le comprendre. C’est ici qu’il a connu ses deux meilleures saisons. Auteur de 29 points en 2014-2015, il en comptait 26 en 56 matchs la saison suivante, quand le CH l’a échangé aux Blackhawks de Chicago en fin de saison.

Mais ce sont surtout ses exploits en séries qui lui ont valu l’amour des partisans montréalais : deux buts gagnants en 2014, un autre en 2015, et une récolte totale de 10 points en 28 matchs éliminatoires.

Une solution pour le quatrième trio ?

Le problème, c’est que Weise n’y est pas encore, à Montréal. Il doit d’abord passer par Laval.

Son séjour chez les Flyers, qui s’est amorcé par la signature d’une entente de quatre ans et 9,6 millions de dollars le 1er juillet 2016, ne s’est pas déroulé comme prévu.

Il n’avait que huit matchs de joués avec eux qu’il était déjà laissé de côté par l’ancien entraîneur-chef, Dave Hakstol. L’histoire s’est répétée à plusieurs reprises au cours de ses deux saisons et demie à Philadelphie, jusqu’à ce que les Flyers le soumettent au ballottage le mois dernier, puis le rétrogradent dans la Ligue américaine.

« Je ne veux pas vraiment parler de ce qui s’est passé à Philadelphie. Mais ç’a été des saisons difficiles, et l’adversité forge le caractère. J’espère que ça va m’aider. »

« Je suis toujours très motivé, je suis très critique envers moi-même. Tout ce que tu demandes au hockey, c’est une chance. Je suis vraiment content que Marc me donne une deuxième chance. »

— Dale Weise

Là où ça devient intéressant pour Weise, c’est qu’après 55 matchs, Claude Julien n’a toujours pas trouvé de formule durable pour son quatrième trio. Nicolas Deslauriers est pour l’heure à l’abri de la rotation des joueurs laissés de côté, lui qui a raté un seul match depuis le 1er janvier. Mais Michael Chaput, Kenny Agostino, Charles Hudon et Matthew Peca sont appelés à sauter leur tour, selon le visage que l’entraîneur veut donner à cette unité.

Il y a donc une occasion à saisir pour Weise, qui se démarquait naguère par son coup de patin. Et ça tombe bien, Julien privilégie la vitesse dans son système de jeu, qui demande aux attaquants d’être actifs en échec avant et combatifs en repli.

À 30 ans, Weise a-t-il encore cette vitesse ?

« Je suis encore plus rapide ! lance-t-il en riant. Mais honnêtement, je crois être encore meilleur qu’à l’époque. J’ai eu beaucoup de temps pour travailler sur mon jeu. »

Si c’est vrai, Marc Bergevin pourra se frotter les mains. Pour ce que ça lui a coûté, le DG n’avait rien à perdre à tenter sa chance.

Le Canadien

Les impacts de l’échange

Des contrats comparables

En fin de compte, le Canadien et les Flyers se sont échangé des contrats problématiques et relativement similaires. Les contrats de Dale Weise et de David Schlemko expirent en effet en 2020. Celui de Weise (2,35 millions quand il joue en LNH) a un impact sur la masse salariale légèrement plus élevé que celui de Schlemko (2,1 millions), mais Marc Bergevin a tout l’espace du monde pour accepter ce quart de million additionnel. En attendant son rappel, Weise donnera un sérieux coup de pouce au Rocket, qui sacrifie dans cette transaction un élément central de son attaque, soit Byron Froese, en plus d’avoir perdu Michael McCarron pour le reste de la saison.

De la profondeur en défense

L’arrivée de Weise a fait jaser, mais Christian Folin, lui, se joint directement au Canadien. Ce défenseur droitier de 6 pi 3 po et de 204 lb compte 2 passes en 26 matchs cette saison. « Ça change le genre de défenseurs qu’on a, a expliqué Claude Julien hier matin. On a Mike Reilly, Victor Mete, Brett Kulak, des gars très mobiles qui font bien circuler la rondelle. Là, on va chercher un gars avec un gros gabarit qui peut nous donner de la profondeur. » Âgé de 28 ans, il a en poche un contrat qui compte pour 650 000 $ sous le plafond salarial et qui expire au terme de la saison. Avec son arrivée, la défense montréalaise compte désormais trois droitiers, Shea Weber et Jeff Petry étant les deux autres.

Alzner au ballottage

Si ça n’allait pas au goût de Weise à Philadelphie, on peut en dire autant de Schlemko à Montréal. Notons que les deux joueurs sont représentés par le même agent, ce qui n’a sans doute pas nui à la transaction. Acquis des Golden Knights de Vegas à l’été 2017, Schlemko n’a disputé que 55 matchs à Montréal, puisqu’il a subi cinq blessures différentes. « C’est dur de dire qu’il n’a pas répondu aux attentes, car il n’a pas joué beaucoup, il a plus souvent été blessé qu’autre chose. Mais quand il était en santé, il apportait du bon hockey », a affirmé Julien. Schlemko pourrait vite être remplacé à Laval, puisque le Canadien a soumis Karl Alzner au ballottage hier midi, afin de faire une place à Folin. S’il n’est pas réclamé, Alzner pourra alors être cédé à Laval.

— Guillaume Lefrançois, La Presse

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