Chronique

Des nouvelles (chaudes) de Marie-Josée Croze !

La dernière apparition de Marie-Josée Croze dans une télésérie québécoise remonte à 1997. C’était dans Le masque, de Réjean Tremblay et de Fabienne Larouche, où l’actrice québécoise campait la fille de l’agent d’un gardien de but cocu (Patrice L’Ecuyer).

Avant ça, c’était Chambres en ville à TVA et l’époque de Noémie la bitch, qui a osé s’interposer dans la relation orageuse entre Pete et Lola.

« Depuis quelques années, la télé a beaucoup évolué. J’ai fait un tout petit rôle dans la série Jack Ryan [Amazon Prime]. J’ai aussi fait La chartreuse de Parme en Italie. Je ne suis pas snob. J’ai toujours voulu vivre en France, c’est un choix de vie et un choix de carrière », précise Marie-Josée Croze, qui habite Paris depuis presque 20 ans.

« Il y a très peu de boulot au Québec. Ce sont toujours les mêmes qui sont embauchés et je ne faisais pas partie de la Golden Team. » — Marie-Josée Croze

Cette absence du petit écran québécois, compensée par une pléiade de films français et internationaux, se terminera avec la diffusion de la minisérie d’espionnage Mirage, production canado-européenne déclinée en six épisodes d’une heure, que Super Écran relaiera au début de l’an prochain.

Marie-Josée Croze y incarnera Claire, ingénieure française en cybersécurité qui décampe à Abou Dabi pour y refaire sa vie en compagnie de son nouveau mari allemand.

Dans les rues de la capitale des Émirats arabes unis, Claire croise par hasard un homme qui ressemble comme deux gouttes d’eau à son ancien conjoint Gabriel, qui a été emporté par le tsunami de 2004.

Pour Claire, il n’y a aucun doute possible : l’inconnu d’Abou Dabi, c’est bel et bien Gabriel, le père de leur adolescent de 15 ans. Mais pourquoi Gabriel a-t-il feint sa mort et fui sa famille ? Claire découvrira que son ex-amoureux travaille en fait comme espion mercenaire pour une organisation secrète menaçante.

« Claire est une femme qui a traversé des épreuves et qui se reconstruit. Elle a aussi été responsable d’un accident qui a causé la mort de plusieurs personnes », détaille Marie-Josée Croze, dont la carrière internationale a décollé grâce aux Invasions barbares, de Denys Arcand.

C’est le réalisateur québécois Louis Choquette (Les honorables) qui s’est vissé derrière la caméra pour les 73 jours de tournage de Mirage, répartis entre le Maroc et les Émirats arabes unis. Le thermomètre y franchissait souvent la barre des 40 oC.

« Mirage, c’est une série d’espionnage. On joue avec les codes de ce genre-là. On ajoute un drame familial et un triangle amoureux. Ce n’est donc pas juste du James Bond avec des scènes d’action. J’ai toujours aimé James Bond, mais il y a un côté superficiel là-dedans qui m’a toujours dérangé », confie Louis Choquette, joint sur le plateau de Mirage au Maroc.

La série d’espionnage international cartonne ces temps-ci. Il n’y a qu’à penser à The Night Manager, Bodyguard ou Killing Eve, qui nous ont offert du divertissement de grande qualité.

La majorité des dialogues de Mirage se déroulent en anglais, avec des séquences en français et en arabe. Maxim Roy y joue la vilaine Jennifer, à la solde de la même agence que Gabriel, l’ancien conjoint de Claire.

Mirage dispose d’un budget de 3 millions par épisode, des montants impossibles à décrocher au Québec. À titre comparatif, Louis Choquette a eu droit à 5,2 jours de tournage pour un épisode des Honorables du Club illico, en comparaison de 12 jours pour un épisode de Mirage. Plus du double de temps.

« Vraiment, les techniciens et les acteurs québécois sont d’une rapidité et d’une créativité hallucinantes », constate Louis Choquette, qui a également travaillé sur Philharmonia (France 2) et Versailles (Canal+).

Marie-Josée Croze a mis des années avant de succomber au nouvel âge d’or de la télévision, qui se colle de plus en plus au cinéma. « J’ai été réticente. Avant, je ne regardais jamais de télé. Je trouvais que c’était chronophage et, souvent, trop cliché. Puis, j’ai revisité mon jugement. C’est Ozark [Netflix] qui m’a fait changer d’idée. J’ai ensuite enchaîné avec The Americans. Mais en général, je n’aime pas trop les séries », confie l’actrice, toujours aussi pétillante et rafraîchissante. La langue de bois, elle ne connaît pas.

Contrairement à beaucoup de ses collègues féminines, Marie-Josée Croze ne cache pas son âge. Elle a 49 ans, bientôt 50, c’est elle-même qui aborde le sujet en entrevue. « C’est une fierté », dit-elle.

« Je trouve que la vie, c’est rempli d’âges différents. Je n’ai pas de complexe par rapport à ça, en général. Je suis très objective. Oui, je voudrais être immortelle, comme tout le monde, mais j’ai choisi la vérité. » — Marie-Josée Croze

Je me souviens très bien du dimanche de mai 2003 où Marie-Josée Croze a décroché le prix d’interprétation féminine du 56e Festival de Cannes. Elle participait en direct à l’émission de télé de Christiane Charette au bar Chez Roger, rue Beaubien. J’étais posté devant l’établissement du quartier Rosemont, où une foule a convergé peu de temps après l’annonce du palmarès cannois.

Marie-Josée Croze, qui avait alors 33 ans, semblait complètement sonnée. Elle a ensuite déambulé jusqu’au Cinéma Beaubien, deux coins de rue plus loin, pour une conférence de presse surréaliste (dans le bon sens du terme).

La comédienne est repartie à vélo, ne se doutant sûrement pas que cette récompense – et son talent – lui vaudrait des rôles dans Le scaphandre et le papillon de Julian Schnabel, Munich de Steven Spielberg et Ne le dis à personne de Guillaume Canet.

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