Kovalchuk :  Un nouvel homme à Montréal

Après avoir terminé un entraînement à Miami durant la semaine de congé en janvier, Ilya Kovalchuk et Vladislav Kouroedov se sont fait une étreinte spéciale.

L’entraîneur de patinage intensif (Power skating) et spécialiste technique se souvient assez bien du moment, incluant le message venant du fond du cœur qu’il a transmis à l’un de ses protégés favoris.

« Je lui ai dit : ’Ilya, je crois en toi. Je te souhaite le meilleur qui soit. Bonne chance.’ Et il m’a souri », rappelle Kouroedov, qui a été l’entraîneur de Kovalchuk pour les deux dernières périodes hors-saison.

Le duo a trimé dur en préparation pour le retour de Kovalchuk dans la LNH, après qu’il se soit séparé des Kings de Los Angeles.

Selon Kouroedov, l’ailier russe de 36 ans était déjà dans une forme exceptionnelle quand il l’a rencontré, dans le sud de la Floride.

Ils se sont tout de suite mis au travail. Pour Kovalchuk, c’était la seule option envisageable.

« Nous avons travaillé sur le conditionnement, nous avons fait du travail sur la bordure des lames, et on a fait beaucoup de patin. J’adore travailler avec lui, parce qu’il a du feu dans les yeux. Il voulait s’améliorer et être excellent. Peu importe l’exercice que je lui donnais, il essayait de faire toujours mieux. C’était incroyable de le regarder, explique Kouroedov, offrant des détails sur l’engagement du vétéran de 13 saisons de la LNH à continuellement s’améliorer dans son métier. On travaillait pendant deux heures chaque jour, mais je pouvais voir qu’il voulait toujours plus. Je sais que ç’a été difficile pour lui d’exécuter les exercices encore et encore, mais il n’a jamais abandonné. Il était toujours souriant et toujours positif. »

L’objectif principal des entraînements à Miami était de garder Kovalchuk allumé et actif avant qu’il signe une entente avec une autre équipe, afin qu’il puisse se mettre au travail sur-le-champ quand le temps viendrait.

Pour se coller à cet état d’esprit, les nombreux exercices de tir étaient au menu quotidien. Il est facile de voir pourquoi l’ancien choix de première ronde compte 441 buts en saison régulière à sa fiche dans la LNH.

« Nous avons travaillé les tirs sur réception en avantage numérique et nous avons utilisé des cibles. Nous avons aussi fait des exercices pour pratiquer l’agressivité devant le filet et terminer le jeu, mentionne Kouroedov. Chaque fois qu’on travaille ensemble, le dernier tir doit aller dans le filet. S’il fait 1 000 000 de tirs au but et marque 999 999 fois, mais qu’il manque le dernier, je dis : ’On va le faire encore.’ Il s’assure de marquer. Tout l’objectif est là. C’est tout à fait lui. »

Quand les Canadiens ont obtenu les services de Kovalchuk le 3 janvier, il était prêt à tout casser à nouveau.

Même si celui qui a participé trois fois au Match des Étoiles n’avait pas joué de partie en près de deux mois, Kouroedov était convaincu qu’il pourrait faire la différence avec Montréal dès son arrivée, parce que son niveau de motivation dépassait les limites normales.

« Il était prêt pour l’action. Quand nous étions sur la glace en Floride, on pouvait voir le feu des yeux, avance Kouroedov. Ses yeux disaient : ’Donne-moi un exercice, donne-moi un exercice, je veux être bon, je veux être excellent.’ On pouvait vraiment le voir, a insisté Kouroedov. Il adore ce sport. »

Ça, c’est un fait, et les partisans des Canadiens ont pris plaisir à le regarder livrer la marchandise. Ses quatre buts et huit points au cours de ses huit premiers matchs ont certainement aidé la troupe de Claude Julien à revenir sur le droit chemin avant de partir pour leur semaine de congé annuelle.

Kouroedov observe le spectacle à distance avec une immense fierté.

« Je suis très impressionné. Il est spécial, surtout en zone offensive. Il est affamé de buts. Il essaie de trouver le meilleur positionnement possible. Il est conscient de ses coéquipiers, surtout quand il a fait la passe du revers à Détroit, puis qu’ils ont marqué, dit Kouroedov, faisant référence à la passe magique qu’il a dirigée vers le défenseur Victor Mete et qui a éventuellement mené à un but, le 7 janvier, à l’aréna Little Caesars. On dirait qu’il a joué avec ces gars toute sa vie. »

Kouroedov s’est rendu dans le sud de la Californie pour d’autres séances d’entraînement avec Kovalchuk durant la semaine de congé et la pause du Match des étoiles.

Ils sont sur la glace chaque jour, à se préparer pour un gros effort avant la dernière ligne droite du calendrier.

« Il a de nouveaux patins, alors on essaie de les casser. Nous avons fait un peu de patin et beaucoup de tirs des coins et des angles difficiles. Nous avons encore travaillé les tirs sur réception et les passes dans différentes zones, révèle Kouroedov. Et avant qu’il parte, nous allons travailler le patinage intense et le conditionnement physique pour qu’il soit prêt à son retour. »

Apparemment, Kouroedov a vu un changement notable chez Kovalchuk depuis leur dernière rencontre.

« Je lui ai dit : ’Ilya, tu as l’air frais, tu as l’air bien plus léger et heureux.’ On peut voir que c’est un gars heureux, insiste Kouroedov. Même quand on s’habille dans le vestiaire, il fait des blagues et il dit des trucs drôles. On peut vraiment le voir. Il est toujours positif. C’est le genre de personne que tu veux dans ton équipe. Il a une bonne énergie. »

On peut dire que Kouroedov apprécie réellement ses entraînements avec le récipiendaire du trophée Maurice Richard.

Il apprécie son enthousiasme et sa volonté de toujours pousser jusqu’au prochain niveau.

« C’est le genre de personne avec qui j’adore travailler, affirme Kouroedov. Chaque fois que je lui dis de faire quelque chose, il l’exécute encore et encore. »

Kouroedov est aussi très friand des vêtements d’entraînement des Canadiens de Kovalchuk.

« Ils sont incroyables. Ce sont les couleurs parfaites, a-t-il conclu. Je crois que ce sont ses couleurs. »

Un texte de Matt Cudzinowski, traduit par Visionnaire Communications

Mete :  Covoiturage avec Kovy

On sait que vous aimez les vidéos d’Ilya Kovalchuk et Victor Mete arrivant au Centre Bell lors des soirs de match.

Leurs arrivées simultanées ne sont pas une coïncidence. Les deux hommes font du covoiturage depuis que Kovalchuk s’est joint aux Canadiens il y a une semaine et demie.

Ils habitent dans le même immeuble au centre-ville de Montréal, donc faire du covoiturage était parfaitement logique.

Mete est le conducteur et Kovalchuk est son passager.

« Il vit en fait du côté de l’hôtel où j’habite en permanence, donc c’est plus facile pour moi de venir le chercher le matin parce que nous sommes littéralement côte à côte », a déclaré Mete, à la suite d’un entraînement au Complexe sportif Bell. « On fait toujours du covoiturage, que ce soit pour aller ou revenir des entraînements et des matchs, et même pour aller à l’aéroport. »

Étant un grand partisan de Kovalchuk en grandissant, le défenseur de 21 ans apprécie certainement l’expérience de donner un coup de pouce au franc tireur d’origine russe.

Il n’avait assurément jamais envisagé ce scénario, mais il est très heureux du déroulement.

« C’est plutôt cool, mais c’est encore plus cool pour moi parce que je le regarde jouer depuis toujours », a déclaré Mete, qui n’avait que trois ans lorsque Kovalchuk a fait ses débuts dans la LNH avec les Thrashers d’Atlanta en octobre 2001. « Tout le monde sait qui il est et ce qu’il a accompli dans cette Ligue, donc c’est plutôt cool de le conduire et d’être avec lui afin de discuter et d’apprendre à le connaître. »

Jusqu’à maintenant, les conversations en voiture de Mete avec Kovy ont couvert un large éventail de sujets.

C’est vraiment l’occasion idéale pour le vétéran et le jeune homme de se familiariser.

« J’essaie simplement d’apprendre à le connaître davantage au niveau personnel, donc nous avons parlé de lui grandissant et de sa famille. Il m’a posé des questions sur ma famille et d’où je viens », a expliqué Mete. « Nous avons également parlé de sports. En direction de l’entraînement, on a parlé des matchs éliminatoires de la NFL durant tout le trajet en voiture, qui a gagné, et de la façon dont Kansas City est revenue contre Houston. »

L’amour pour le sport a également aidé à développer leur relation d’amis.

« J’ai appris qu’il a quatre enfants, et l’un d’eux est apparemment très bon au soccer », a déclaré Mete, faisant référence au fils de 10 ans de Kovalchuk, Philipp. « Il m’a dit qu’il avait joué avec l’équipe junior du LA Galaxy (MLS) et qu’il voulait le placer quelque part en Europe. Je trouvais ça plutôt cool étant donné que j’aime aussi le soccer. »

Il n’a pas fallu beaucoup de temps à Mete pour développer une véritable appréciation pour son nouveau coéquipier, autant sur la glace qu’en dehors.

Le défenseur du Tricolore adore ses discussions avec Kovalchuk et il est très fier de l’avoir à bord.

« En tant que personne, il est vraiment gentil et toujours positif. Même lorsqu’on traversait une séquence difficile, il disait : Je n’ai jamais vu ça auparavant, on est si proche. On fait tout correctement et on doit juste rester concentré », a révélé Mete, donnant un aperçu de l’attitude positive de Kovalchuk. « Sur le plan professionnel, il fait toujours le travail. Il s’entraîne après l’entraînement et lors des journées de congé aussi. Il s’entraîne au gymnase de l’hôtel. C’est assez cool de voir ça. Je reçois de bons conseils de sa part. »

L’ancien choix de quatrième tour fait l’envie de tous ses amis en ce moment.

Ce n’est pas tous les jours que tu as la chance de faire du covoiturage avec un joueur de la stature de Kovalchuk.

« Tous mes amis m’envoient des textos pour me dire : ’’ C’est tellement cool. Tu es avec une légende », a conclu Mete. « C’est vraiment spécial pour moi. »

Un texte de Matt Cudzinowski, traduit par Pierre-Antoine Mercier

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