Marché du travail

Quatre métiers à éviter en 2019

Depuis un an, la pénurie de main-d’œuvre est l’un des enjeux les plus discutés. Après vous avoir fait le portrait des domaines dans lesquels les employeurs s’arrachent les diplômés et les employés qualifiés, La Presse dresse un portrait de professions et de métiers pour lesquels il n’y a pas de pénurie.

Agent de bord

Bien que plusieurs compagnies aériennes soient en croissance et qu’elles soient à la recherche de pilotes d’avion, la situation est complètement différente du côté des agents de bord. Le Syndicat canadien de la fonction publique, qui représente plus de 10 000 agents de bord au sein de neuf compagnies aériennes, explique que l’ancien gouvernement Harper a permis aux transporteurs canadiens de réduire le nombre d’agents de bord sur leurs vols et soutient aussi que des milliers de Canadiens rêvent d’obtenir un poste. Le vice-président des ressources humaines chez Transat, Christophe Hennebelle, le confirme : « Le métier d’agent de bord reste très attractif, et Transat a une belle image, donc nous continuons à recevoir nettement plus de candidatures que nous n’avons de postes à pourvoir. » Même son de cloche chez Sunwing. « Notre personnel est actuellement complet », soutient Rachel Goldrick.

Actuaire

Les régimes de retraite à prestations déterminées sont en déclin, car c’est ce qu’il y a de plus risqué pour un employeur. Or, les régimes à cotisations déterminées qui sont offerts aux nouveaux employés ne requièrent pas le prestigieux titre de Fellow de l’Institut canadien des actuaires. « La catégorie retraite n’est pas la voie de l’avenir », confirme Guillaume Giasson-Morin, associé chez Elliott Bauer, une firme spécialisée dans le placement d’actuaires. « Graduer en actuariat et s’en aller dans les régimes de retraite, ce n’est pas la branche la plus attrayante même s’il y aura toujours de grosses caisses comme Hydro-Québec et le Canadien National. » Ceux qui rêvent de faire carrière en actuariat peuvent se rabattre sur d’autres secteurs comme l’assurance de personnes, l’assurance de dommages, les risques financiers et, depuis un an, la science de la donnée.

Électricien

Selon les données du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, le métier d’électricien (sauf dans le domaine industriel et dans celui des réseaux électriques) fait partie des 24 professions qui se caractérisent par un chômage supérieur à la demande anticipée. « Pour l’industrie de la construction, il y a amplement de diplômés pour combler les besoins, affirme Mélanie Malenfant, responsable des relations publiques à la Commission de la construction du Québec. Par exemple, en 2017, il y a eu 1317 personnes qui ont terminé avec succès leur cours, et les besoins pour l’industrie sont chiffrés à 700 nouveaux diplômés par année. »

Monteur de lignes électriques

Quand le métier n’exige qu’un DEP et que le salaire moyen est de 67 236 $, voire jusqu’à 216 368 $ pour un chef monteur, on comprend qu’il soit attrayant. Selon les analyses les plus récentes du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, il y a plus de personnes à la recherche d’un emploi dans ce domaine que le nombre de postes à pourvoir. Serge Abergel, chez Hydro-Québec, soutient que la société d’État n’a embauché que quelques employés en 2018, soit moins d’une dizaine, alors qu’elle emploie un millier de monteurs de lignes. « Cette année, on prévoit en embaucher une centaine, dit-il. Notre défi, c’est de trouver des femmes et des gens issus des minorités. » Mélanie Malenfant, de la Commission de la construction du Québec, rapporte qu’il y a eu 200 diplômés en 2016 tandis que l’industrie n’en requiert que 75.

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