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En vertu du projet de loi 40, amendé mercredi par le ministre Roberge, le mandat des commissaires scolaires prendrait fin le 29 février prochain

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Les commissaires déménagent... quelques semaines avant la fin de leur mandat

Alors que Québec peaufine son projet de loi qui abolit les élections scolaires et doit mettre un terme au mandat des élus d’ici la fin de février, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) aménage dans son nouveau centre administratif une « salle qui accueillera les séances du conseil des commissaires ».

Dans trois semaines, les 760 employés administratifs de la plus importante commission scolaire de la province doivent commencer à déménager dans des bureaux situés un peu à l’est de leur centre administratif actuel, aux prises depuis des années avec des infiltrations d’eau et des moisissures.

Dans un communiqué de presse diffusé cette semaine par l’entreprise de Saguenay qui a obtenu le contrat pour installer du matériel audiovisuel dans les nouveaux locaux, on apprend qu’une salle du conseil des commissaires y est prévue.

« D’une valeur d’un demi-million de dollars, ce contrat implique la fourniture et l’installation de matériel audiovisuel pour la salle polyvalente qui accueillera les séances du Conseil des commissaires, 3 salles de formation complètement équipées, 24 salles de réunion moyennes et 129 petites salles de réunion », lit-on dans le communiqué de l’entreprise LSM ambiocréateurs.

Chaque mois, le conseil des commissaires de la CSDM se réunit en soirée dans une grande salle de l’actuel centre administratif, situé au 3737, rue Sherbrooke Est. Ces séances sont ouvertes au public.

Or, le projet de loi déposé l’an dernier par le gouvernement caquiste prévoit que le mandat des commissaires scolaires se termine le 29 février prochain. Il transforme les commissions scolaires en centres de services et remplace les actuels conseils des commissaires par des conseils d’administration.

Par courriel, le porte-parole de la Commission scolaire de Montréal nous indique que la salle en question est « une salle polyvalente qui peut être séparée en deux et qui pourra accueillir les séances du Conseil des commissaires ». Elle n’est « pas comparable » à la salle qui accueille actuellement les conseils de commissaires, ajoute Alain Perron.

Chacune des deux salles de formation peut accueillir une cinquantaine de personnes et, lorsqu’elles sont jointes, il s’agit d’une des plus importantes salles de réunion du nouveau centre administratif, indique-t-on chez LSM ambiocréateurs.

« Il y a un mur amovible et la salle devient alors un espace supplémentaire pour [accueillir] le public », dit Réjean Gravel, représentant commercial chez LSM.

Un bâtiment en piteux état

Situé rue Sherbrooke Est, le centre administratif de la CSDM est dans un tel état de délabrement que des sections du bâtiment ont dû être condamnées et des employés déplacés.

À la dernière séance du conseil des commissaires, la présidente de la commission scolaire a relaté que « des gouttes » tombaient sur le bureau d’un de ses collègues. « On a encore des gens qui sont malades et, quand l’hiver arrive, il y a encore des maux qui apparaissent », a déclaré Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM.

La Commission scolaire de Montréal est propriétaire de ce bâtiment et entend tenir des consultations publiques sur ce qu’il en adviendra. Sera-t-il démoli ? « C’est très cher, rénover l’immeuble actuel, il faudra faire un dossier et voir tout ce que ça implique. Au niveau de l’acceptabilité sociale, est-ce que les gens sont favorables à une démolition-reconstruction ou pas ? La consultation publique va permettre d’entendre tout le monde », dit Catherine Harel Bourdon.

En attendant, tous les employés administratifs se déplaceront un peu plus à l’est, dans des bureaux loués à Cominar pour les 20 prochaines années, un contrat d’environ 100 millions.

Commissions scolaires

Roberge modifie son projet de loi

Québec — Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, modifie son projet de loi qui abolit les élections scolaires et transforme les commissions scolaires en centres de services aux écoles. Les parents ne seront finalement pas majoritaires au sein des conseils d’administration des centres de services.

Selon le projet de loi déposé l’an dernier, le conseil d’administration d’un centre de services devait être composé de huit parents, quatre représentants du personnel et quatre représentants de la collectivité.

Jean-François Roberge a déposé en commission parlementaire mercredi un premier amendement qui vient modifier le portrait. Il veut que les trois groupes soient paritaires : cinq parents, cinq représentants du personnel et cinq représentants de la collectivité.

Les parents siégeant au C.A. seront issus des comités de parents des écoles, ce qui était une demande de leur fédération. La présidence et la vice-présidence seront des postes réservés aux parents.

Jean-François Roberge fait valoir que ces changements ont été réclamés par des groupes venus témoigner en commission parlementaire. Ils visent à assurer un meilleur équilibre dans la composition du conseil d’administration et à assurer une bonne représentation des spécialistes en gestion et en éducation, explique-t-il.

Les parents « satisfaits »

La Fédération des comités de parents du Québec est satisfaite de ce changement. « On a juste le tiers des sièges, mais c’est un meilleur tiers que la moitié qu’on avait avant » en raison du nouveau lien entre les parents siégeant au C.A. et les comités de parents des écoles, estime son président, Kévin Roy.

Pour la présidente de la Commission scolaire de Montréal Catherine Harel Bourdon, le projet de loi demeure une « catastrophe citoyenne ». Le ministre « s’embourbe » en abaissant encore davantage la « représentativité » des membres des C.A. des centres des services, selon elle. Il confie maintenant aux cinq parents et aux cinq représentants du personnel d’un C.A. le mandat de désigner les cinq membres de la communauté qui siégeront à leurs côtés. Ces derniers devaient être choisis par un plus grand nombre de personnes selon la première mouture du projet de loi.

Pour la députée et porte-parole en matière d’éducation de Québec solidaire Christine Labrie, le ministre « consacre son énergie à réfléchir à qui devrait être sur un conseil d’administration […] de centre de services, mais en aucun temps ces débats-là ne nous aident à contrer la pénurie dans le réseau puis à offrir de meilleurs services aux élèves ».

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