Ottawa

« Une scène chaotique »

Un accident d’autobus fait au moins 3 morts et 23 blessés

Le retour à la maison, à la veille du week-end, a tourné au drame hier à Ottawa. Un autobus à deux étages d’OC Transpo a percuté de plein fouet un abribus de la station Westboro, en banlieue ouest de la ville, causant la mort de trois personnes et en blessant 23 autres.

C’est une longue enquête qui s’amorce au lendemain de cette tragédie routière qui secoue la capitale nationale. « Comme vous pouvez l’imaginer, c’était une scène très chaotique », a affirmé le capitaine du Service de police d’Ottawa Charles Bordeleau, lors d’un point de presse. La chauffeuse de l’autobus a par ailleurs été arrêtée sur la scène de l’accident.

Le bilan des victimes pourrait s’alourdir, puisqu’hier soir, plus d’une dizaine de victimes reposaient entre la vie et la mort.

Vers 15 h 50, l’autobus 269, qui se dirigeait vers Kanata, en banlieue d’Ottawa, a percuté une plateforme aménagée à la station Westboro. Des images rapidement relayées sur les réseaux sociaux montrent la partie supérieure droite de l’autobus complètement défoncée et des sièges tordus sous la force de l’impact.

« Il y avait de la vitre partout. Un homme que j’aidais avait un pied tourné dans l’autre sens et du sang partout sur le visage », a relaté un passager à l’Ottawa Citizen. Une autre occupante a confié au quotidien ontarien que tout ce dont elle se souvient, c’est avoir entendu la chauffeuse de l’autobus crier : « Oh, mon Dieu, oh, mon Dieu, oh, mon Dieu. »

Un autobus bondé

Le chef des ambulanciers paramédicaux d’Ottawa, Miles Cassidy, a confirmé que ses équipes avaient conduit 25 personnes vers des hôpitaux de la ville : 14 se trouvaient dans un état « critique » et 11 autres dans un état jugé « sérieux ». Ce qui laisse croire que l’une des trois victimes n’aurait pas pu être ranimée sur place et que les deux autres avaient succombé à l’hôpital.

Au nombre des morts, deux victimes étaient passagères de l’autobus et l’autre se trouvait à l’intérieur de l’abribus au moment de la collision. Leur identité n’a pas été révélée hier par les autorités, pas plus que leur âge et leur sexe.

« La plupart des blessures graves sont survenues sur le côté supérieur droit de l’autobus », a affirmé le capitaine Bordeleau, qui a offert ses condoléances aux familles des victimes au nom de tous les services d’urgence. 

« Plusieurs personnes sont demeurées prisonnières de l’autobus accidenté pendant un long moment. »

— Charles Bordeleau, capitaine du Service de police d’Ottawa

Il était toujours difficile hier pour les autorités d’estimer le nombre exact de passagers qui prenaient place à bord de l’autobus et combien de personnes se trouvaient dans l’abribus lors de la collision. Ce genre de véhicule à deux étages (double-decker) peut transporter jusqu’à 90 personnes, a fait savoir le directeur général d’OC Transpo, John Manconi.

Des témoins ont cependant rapporté dans plusieurs médias locaux que l’autobus était « bondé » en cette heure de pointe du retour à la maison.

Cause inconnue

Les autorités n’avaient encore aucune idée hier de ce qui avait pu causer l’accident. La chauffeuse de l’autobus a été arrêtée sur place et elle devait être interrogée par les enquêteurs. Le chef Bordeleau a refusé d’en dire plus, indiquant seulement que des « choses observées » avaient mené les policiers à arrêter la femme et à l’amener au poste.

Aucune accusation n’avait été portée contre elle, hier. «  Je ne vais pas commenter sur la chauffeuse, parce qu’une enquête est en cours », a déclaré M. Manconi. 

« Comme le chef Bordeleau l’a indiqué, elle a été arrêtée et nous ferons tout ce que la police nous demande de faire. Nous fournirons des mises à jour dès que possible.  »

— John Manconi, d’OC Transpo

Transports Canada et le ministère des Transports de l’Ontario participent à l’enquête en collaboration avec des experts en collision du Service de police d’Ottawa. « Ceci sera une longue enquête et nous serons sur la scène toute la nuit [hier] et [aujourd’hui] », a affirmé le chef Bordeleau. Des fermetures de route dans le secteur sont d’ailleurs à prévoir.

L’accident a provoqué hier un important embouteillage alors que les équipes d’urgence se rendaient sur les lieux. La police exhortait les résidants à éviter le secteur, et les autobus de la société OC Transpo ont été déroutés.

« Un incident affreux »

Le maire d’Ottawa, Jim Watson, s’est dit « bouleversé » par cet « incident affreux » et a ordonné que tous les drapeaux municipaux soient mis en berne pour honorer la mémoire des victimes. « Nous savons qu’il s’agit de moments extrêmement difficiles pour ceux affectés par cette tragédie. Toutes nos ressources seront offertes pour eux », a-t-il affirmé.

Le premier ministre Justin Trudeau a réagi au drame sur Twitter en offrant ses condoléances aux familles endeuillées et en saluant le travail des premiers répondants. Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, s’est aussi dit « anéanti » par la nouvelle. La ministre et députée fédérale d’Ottawa-Centre Catherine McKenna a également salué le travail des autorités.

Les tristes évènements ne sont pas sans rappeler le drame de 2013, alors qu’un autobus du même type, aussi d’OC Transpo, était entré en collision avec un train de VIA Rail dans la ville de banlieue de Barrhaven, faisant six morts.

— Avec La Presse canadienne

Des moments angoissants pour les familles

Certains résidants se sont déplacés au Centre des aînés Churchill à Ottawa, hier soir, en quête d’informations concernant l’état de santé de leurs proches impliqués dans l’accident d’autobus survenu dans l’après-midi. C’est le cas de Mary Hawkeye, qui était sans nouvelles de son fils de 26 ans depuis l’accident. « On a essayé de l’appeler tout l’après-midi, mais on tombe directement sur sa boîte vocale. Il habite au centre-ville et nous avons des raisons de croire qu’il aurait pu être dans l’autobus au moment de l’accident. » Les dernières heures ont été extrêmement difficiles pour elle et sa famille. « C’est très chaotique en ce moment. Nous sommes sans réponses à nos questions. C’est très effrayant. » Heureusement, quelques minutes plus tard, Mme Hawkeye apprenait que son fils était sain et sauf. « Nous sommes tellement soulagés d’apprendre qu’il se porte bien. » La dame a indiqué qu’elle offrait son soutien aux familles vivant une situation similaire. — Jean-Simon Milette, Le Droit

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.