Moody’s abaisse la note de Ford

Moody’s a abaissé la note de solvabilité financière de Ford, hier, jugeant que les investisseurs qui achèteront ses obligations risquent de ne pas être remboursés, en raison d’une vaste restructuration en cours qui devrait plomber ses bénéfices et ses liquidités.

« Ford est en train de mener cette restructuration en position de faiblesse », justifie l’agence de notation qui a relégué la note de Ford dans la catégorie spéculative. « Ses liquidités et ses marges sont en dessous de nos attentes, et en dessous des performances de ses rivaux » directs.

La note de solvabilité passe ainsi de « Baa3 » à « Ba1 » et est assortie d’une perspective « stable », c’est-à-dire que Moody’s ne compte pas y toucher à moyen terme.

Cette annonce a été mal accueillie à Wall Street, où le titre dévissait de près de 4 % dans les échanges électroniques suivant la clôture de la séance. Il avait terminé la séance sur un bond de 2,14 %.

Ford a annoncé en juillet un plongeon de ses bénéfices au deuxième trimestre, à 148 millions de dollars, du fait d’une lourde charge de 1,2 milliard liée à sa cure d’austérité en cours en Europe et en Amérique du Sud.

Ford est en train de supprimer 12 000 emplois en Europe et va fermer six usines d’ici la fin de 2020.

Cette restructuration comprend également l’arrêt de la production de citadines et de berlines aux États-Unis et va coûter près de 11 milliards de dollars au groupe, a-t-il déjà prévenu.

Jugeant que cette cure d’austérité va être « longue » et « coûteuse », Moody’s fait valoir que la trésorerie de la marque à l’ovale bleu et ses marges devraient rester « faibles » en 2020 et 2021 et que la trésorerie pourrait même être « négative ».

Les entreprises puisent généralement dans leur trésorerie pour rémunérer leurs actionnaires et également payer les intérêts des dettes à leurs créanciers.

« Problèmes opérationnels »

Moody’s avertit que « Ford fait face à des problèmes opérationnels au moment où la demande est en train de ramollir dans les principaux marchés automobiles et où l’industrie fait face à un changement sans précédent lié à l’électrification des véhicules, à la conduite autonome, au covoiturage, à l’autopartage et aux réglementations en termes d’émissions [de CO2] qui sont particulièrement lourdes ».

L’agence doute également de la capacité du groupe du directeur général Jim Hackett à restructurer ses opérations en Amérique du Sud et en Europe dans le temps qu’il s’est fixé.

« L’étendue de cette restructuration est énorme et difficile. Elle va s’étendre au moins jusqu’en 2023 », estime Moody’s.

En Chine, premier marché automobile mondial, l’agence de notation juge que Ford va avoir du mal à regagner les parts de marché perdues et à redevenir rentable.

Revue boursière

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— D’après l’Agence France-Presse

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Les tweets de Donald Trump ont-ils un impact sur les marchés financiers ? Les analystes de la banque américaine JPMorgan Chase pensent que oui et ont créé un indice pour le mesurer. Avec une pointe d’ironie, ils l’ont baptisé « Volfefe Index », allusion apparente au mot inexistant « covfefe » utilisé par le président américain dans un tweet devenu célèbre en 2017, qu’ils ont combiné au terme « volatilité ». L’indice vise à analyser l’influence des messages du locataire de la Maison-Blanche, suivi par plus de 64 millions d’abonnés sur Twitter, sur la volatilité du marché de la dette. — D’après l’Agence France-Presse

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