Hockey féminin

Une nouvelle ère pour les Canadiennes

Les Canadiennes de Montréal amorceront samedi une nouvelle saison dans la Ligue canadienne de hockey féminin. L’équipe évoluera principalement dans un nouvel amphithéâtre, la Place Bell à Laval, et ce n’est qu’un des nombreux changements survenus pendant l’intersaison.

Canadiennes de Montréal

Prêtes pour un autre bond en avant

Le hockey féminin connaît une croissance spectaculaire et on le doit beaucoup, au Québec, à des joueuses comme Caroline Ouellette, Marie-Philip Poulin ou Mélodie Daoust, qui ont brillé sur la scène internationale tout en faisant partager leur talent et leur charisme avec les plus jeunes.

La première vient de prendre sa retraite, mais les deux autres sont plus actives que jamais et c’est avec les Canadiennes de Montréal qu’elles évolueront cette saison, aux côtés de plusieurs des meilleures hockeyeuses du monde.

« La tradition du hockey est très forte à Montréal, rappelle Meg Hewings, directrice générale des Canadiennes. C’est une tradition d’excellence et nous voulons la perpétuer en continuant d’être une référence au hockey féminin et au hockey féminin professionnel. Notre but est d’être la meilleure équipe du monde ! »

C’est dans un nouvel amphithéâtre, la Place Bell de Laval, que les Canadiennes vont s’attaquer à ces ambitieux objectifs. « C’est vraiment excitant », a souligné Poulin, il y a quelques jours, lors de l’annonce du déménagement à Laval. 

« Nous avons plusieurs nouvelles joueuses, les olympiennes sont de retour, nous avons aussi des vétéranes bien établies avec l’équipe ; ajoutez à ça cette nouvelle patinoire à Laval, le soutien d’une nouvelle communauté… Ce sera vraiment très excitant ! »

— Marie-Philip Poulin

« Nous avons connu une transition importante avec le départ d’un groupe de vétéranes [Ouellette, Noémie Marin, Cathy Chartrand et quelques autres], toutes des meneuses de l’équipe pendant plusieurs années, qui ont pris leur retraite et qui laissent la place à la génération suivante », a rappelé Hewings.

« Nous avons toutefois des filles qui sont là depuis quelques années et qui sont prêtes à prendre la relève [Marie-Philip Poulin, Lauriane Rougeau, Ann-Sophie Bettez…], avec l’appui de plusieurs jeunes très talentueuses qui ont déjà l’expérience du hockey international, [Mélodie] Daoust ou [Hilary] Knight par exemple. »

Les Canadiennes ont aussi fait l’acquisition pendant l’été de la gardienne Geneviève Lacasse et de l’attaquante Jill Saulnier, deux joueuses de l’équipe canadienne olympique. L’équipe a également repêché des recrues de talent, la Québécoise Geneviève Bannon notamment, qui a remporté deux titres de la NCAA à l’Université Clarkson.

« Ce n’est encore que le début de la saison, mais c’est impressionnant de voir le talent de toutes ces joueuses, a souligné Hewings. Le calibre du jeu augmente sans cesse dans la toute la ligue et ça va partir fort dès les premiers matchs contre Calgary. »

À Laval

Les Canadiennes amorceront la saison ce week-end avec deux matchs contre l’Inferno de Calgary, une équipe avec laquelle elles ont développé une rivalité très forte depuis quelques saisons. « Elles ont une très bonne équipe, avec plusieurs olympiennes elles aussi, a rappelé Hewings. Nos matchs sont toujours très enlevants. »

Les deux rencontres seront disputées à Laval. « C’est notre quatrième année de partenariat avec le Canadien et c’est bien de pouvoir partager les installations de la Place Bell avec le Rocket [son club-école], a souligné Hewings. Cela nous permet d’avoir un endroit stable pour nous entraîner, disputer plusieurs de nos matchs et montrer notre calibre aux amateurs. Laval est une bonne ville de hockey et je pense que nous allons y trouver une bonne base de partisans, des familles notamment, qui apprécient le bon jeu et le hockey féminin. »

Le vice-président du Rocket, Mark Weightman, qui a joué un grand rôle dans le déménagement des Canadiennes, a expliqué en point de presse : « Il y a beaucoup de synergie entre nos deux équipes et c’était logique de les regrouper sous un même toit. Le hockey féminin connaît une croissance exponentielle et les Canadiennes méritent d’être soutenues. »

Inferno de Calgary c. Canadiennes, samedi (18 h 30) et dimanche (13 h) à la Place Bell de Laval

Canadiennes de Montréal

Hilary Knight a vite adopté Montréal

Hilary Knight était venue disputer quelques matchs avec les Canadiennes, l’hiver dernier après les Jeux olympiques, et elle a décidé de poursuivre l’aventure cette saison.

La vedette de l’équipe américaine, médaillée d’or à PyeongChang, a vite adopté la métropole. « J’adore la ville, les gens, a-t-elle raconté en entrevue, la semaine dernière, après un match préparatoire des Canadiennes contre les Martlets de McGill. « Ç’a été un peu fou de m’installer ici et les derniers mois ont été toute une aventure, mais j’en apprécie chaque moment. »

L’athlète de 29 ans n’avait eu que quelques entraînements avec ses partenaires de trio Sarah Lefort et Jill Saulnier, mais elles ont vite donné un aperçu de leurs possibilités face aux Martlets. « Ce sont nos premiers matchs et elles sont habituées à jouer avec des gauchères, alors que je suis droitière. Mais nous nous entendions déjà mieux sur la glace à mesure que le match avançait et je suis convaincue que cela ira encore mieux quand nous aurons trouvé nos automatismes. »

Knight espère contribuer au succès des Canadiennes, mais aussi à la progression de la Ligue canadienne de hockey féminin (LCHF). « Nous voulons toutes voir le hockey féminin se développer et gagner un auditoire de plus en plus grand, a-t-elle expliqué. C’est super de voir que le Canadien s’implique avec nous, que nous aurons accès à de nouvelles installations cette saison. »

« Je suis convaincue que nous aurons une très bonne équipe et j’espère que les partisans seront de plus en plus nombreux à venir nous encourager. »

— Hilary Knight

Marie-Philip Poulin, qui n’était pas avec l’équipe la saison dernière en raison des Jeux olympiques, s’est réjouie de pouvoir jouer avec celle qu’elle a plutôt l’habitude d’affronter. « Honnêtement, je pense que ce sera incroyable, a-t-elle estimé. C’est excitant de l’avoir avec l’équipe et nous avons finalement la chance de porter le même chandail. »

Prendre sa place

Lefort, qui est l’une des jeunes vedettes montantes de l’équipe, n’a pas caché son admiration : « On avait joué un peu ensemble à la fin de la dernière saison, mais elle [Knight] arrivait à Montréal et devait tout apprendre. Cette année, elle prend plus de place et on voit quelle joueuse elle est. »

À 24 ans, Lefort est aussi prête à prendre plus de place. Elle revient d’ailleurs d’un camp de préparation de l’équipe canadienne avec d’autres vedettes de l’équipe. L’entraîneur-chef Dany Brunet n’a pas hésité à la placer au centre de deux olympiennes.

« C’est un poste où j’avais un peu joué la saison dernière et je suis contente qu’on m’ait fait confiance. Notre trio a montré de bonnes choses dans les matchs préparatoires, mais il y a encore beaucoup à améliorer. On a hâte d’amorcer la saison contre Calgary. C’est ça qu’on veut : affronter les meilleures équipes et montrer qu’on peut les battre ! »

Canadiennes de Montréal

Un calendrier chargé

Les Canadiennes disputeront deux de leurs matchs à la Place Bell dans le cadre de « programmes doubles » avec le Rocket. Ce samedi (13 octobre) et le 23 février, les amateurs auront ainsi la possibilité d’assister à un match du Rocket à 15 h 30, puis à celui des Canadiennes à 18 h 30. Quatre autres matchs seront joués sur la patinoire communautaire de la Place Bell, alors que les autres matchs locaux seront partagés entre le Complexe Bell de Brossard et l’aréna Michel-Normandin.

Des ajustements à la LCHF

La Ligue canadienne de hockey féminin (LCHF) a procédé à plusieurs ajustements depuis la fin de la dernière saison afin de consolider ses structures et d’améliorer le calibre du jeu. Il n’y a plus qu’une équipe établie en Chine, les Shenzhen KRS Vanke Ray, et les Blades de Boston ont déménagé à Worcester, toujours au Massachusetts. « Le but est toujours d’améliorer le niveau du jeu en regroupant les meilleures des meilleures, a insisté Meg Hewings, directrice générale des Canadiennes. Dans le cas de la Chine, ce sera plus facile sur le plan logistique avec trois matchs à jouer au lieu de quatre. » Les Canadiennes feront le voyage avant la pause des Fêtes avec des matchs à Shenzhen les 12, 14 et 15 décembre.

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