Investissements

Les investisseurs délaissent les mines pour le pot

Dans la course aux capitaux, l’industrie minière se fait distancer par le cannabis et la technologie, des secteurs qui ont davantage la faveur des investisseurs, déplore le président et chef de la direction de Redevances aurifères Osisko, Sean Rosen.

De moins en moins de projets miniers pourront voir le jour à cause des difficultés à trouver du financement, a soutenu M. Rosen hier, après son allocution devant le Cercle canadien de Montréal.

« Il y a aussi le bitcoin, qui a attiré beaucoup d’investisseurs, c’est fini maintenant », précise-t-il. Mais le pot et le secteur technologique drainent encore la plus grande partie du capital de risque, a-t-il ajouté, en mentionnant l’énorme valeur boursière d’entreprises comme Amazon et Apple.

Redevances aurifères Osisko, qui a vu le jour quand Osisko a vendu sa mine d’or Canadian Malartic en 2014, continue d’investir dans des projets miniers, surtout au Canada. C’est probablement l’entreprise la plus active actuellement au pays, avance son président.

Sean Rosen estime que la tâche se complique pour l’industrie, qui a des projets de plus en plus coûteux à financer.

En plus du financement difficile, l’obtention des permis devient de plus en plus complexe et risquée. Le secteur minier travaille dans un horizon de long terme, et entre le début d’un projet et sa réalisation, les gouvernements sont remplacés et les chefs des communautés autochtones changent aussi. « Il y a trop de niveaux de gouvernement et d’intervenants impliqués », résume Sean Rosen.

Osisko a développé Canadian Malartic, la plus grande mine d’or au Canada en six ans, a-t-il rappelé. « Aujourd’hui, ça prendrait facilement deux fois plus de temps », assure-t-il.

L’avantage Canada

Sur le plan mondial, les dépenses d’exploration des sociétés minières ont chuté depuis le sommet atteint en 2012.

Au Canada, la situation est moins mauvaise en raison des actions accréditives et de la présence d’investisseurs de long terme, comme la Caisse de dépôt, le Fonds FTQ ou Investissement PSP. Le Canada a d’ailleurs reçu la plus grande part des dépenses d’exploration pour l’or en 2018, a souligné M. Rosen.

Le président de Redevances aurifères Osisko prévoit que le prix de l’or et des autres commodités augmentera à moyen terme, parce que moins de projets verront le jour et que ceux qui se réaliseront seront plus coûteux à exploiter, à cause d’une teneur moyenne plus faible.

Le prix de l’or, notamment, devrait augmenter en raison d’une production inférieure et de l’endettement des gouvernements, qui accroîtra l’incertitude au sujet de la croissance économique, selon lui.

Émissions d’actions du secteur minier (en milliards US)

2015 : 18,4

2016 : 12,1

2017 : 20,2

2018 : 10,9

2019* : 0

*depuis le début de l’année

Source : BMO Marchés des capitaux

Revue boursière

Wall Street partagée entre un nouveau « shutdown » et les négos Chine–États-Unis

Wall Street a fini en ordre dispersé hier, partagée entre l’optimisme autour de la reprise de discussions entre Pékin et Washington sur le front du commerce, et la crainte d’un nouveau « shutdown » potentiel aux États-Unis en fin de semaine. L’indice Dow Jones a cédé 0,2 % tandis que l’indice NASDAQ, à forte coloration technologique, s’est apprécié de 0,1 %.

Uranium

Cameco surpasse les attentes

Le producteur d’uranium Cameco a surpassé les attentes des analystes avec les résultats de son quatrième trimestre, alors qu’il continue à jongler avec les difficultés du marché de l’uranium. La société affiche un bénéfice net de 160 millions de dollars pour le trimestre clos le 31 décembre, contre une perte de 62 millions pour la même période un an plus tôt. Le bénéfice ajusté s’est établi à 202 millions, ou 51 cents par action, comparativement à 181 millions, ou 46 cents par action, un an plus tôt.

— Agence France-Presse

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