Pakistan 

« Nous avons décidé que si l’Inde commet une violation, nous nous battrons jusqu’au bout. Le moment est venu de vous donner une leçon. »

— Le premier ministre du Pakistan, Imran Khan, qui a profité des célébrations entourant le Jour de l’indépendance de son pays pour mettre en garde l’Inde contre toute agression au Cachemire. (AFP)

Syrie

Le régime progresse dans Idleb, les djihadistes abattent un avion

Un avion de l’armée syrienne a été abattu hier par des djihadistes et son pilote capturé, une première depuis l’escalade militaire des derniers mois dans le nord-ouest de la Syrie pilonné par les forces du régime qui gagnent du terrain. La majeure partie de la province d’Idleb ainsi que des segments des provinces voisines d’Alep, de Hama et de Lattaquié échappent toujours au contrôle du président Bachar al-Assad, huit ans après le début du conflit. Cette région, dominée par le groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda) et qui abrite quelques groupes rebelles, est la cible depuis fin avril de bombardements quasi quotidiens du régime et de son allié russe. Hier, les raids russes sur des localités et villages du sud d’Idleb ont tué quatre civils à Maaret Hourma et dans ses environs, dont un secouriste des Casques blancs, ainsi qu’un conducteur ambulancier et un infirmier de la Syrian American Medical Society (SAMS). Quatre autres civils ont été tués dans la soirée dans des frappes du régime sur la localité de Maaret al-Noomane. Les combats ont par ailleurs tué 16 membres des forces prorégime et 31 combattants djihadistes et rebelles, selon l’Observatoire syrien des droits de l'homme.

— Agence France-Presse

Russie

Le Kremlin craint l’espionnage des scientifiques russes

Les scientifiques russes sont surveillés « 24 heures sur 24 » par les espions étrangers, a affirmé hier le Kremlin, tandis que la colère gronde chez les chercheurs qui s’inquiètent de nouvelles restrictions de caractère « soviétique » dans leurs contacts avec l’extérieur. Dans un décret, le ministère de l’Éducation et de la Recherche recommande en effet un renforcement du contrôle des réunions auxquelles participent des étrangers et une limitation de la présence de ces derniers dans les locaux des instituts. Il y est aussi exigé que tout rendez-vous pris en dehors des heures de travail avec un collègue d’un autre pays obtienne une autorisation préalable de la direction et fasse l’objet d’un rapport. Des chercheurs russes ont dénoncé des mesures « absurdes et irréalistes » qui vont « accroître l’isolement » de la Russie et gêner leur travail. Ils craignent un retour à l’époque soviétique, lorsque les scientifiques ne pouvaient pas s’entretenir avec leurs confrères étrangers à moins d’être accompagnés par un tiers. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a de son côté considéré qu’il fallait « être vigilant » car « les services de renseignement étrangers sont en état d’alerte ».

— Agence France-Presse

Étude

Les climatosceptiques plus présents dans les médias que les scientifiques

Les personnalités niant le changement climatique ont bénéficié pendant des années de plus d’attention médiatique que les climatologues reconnus, créant une confusion chez le grand public et ralentissement la lutte contre le réchauffement, selon une étude parue dans Nature Communications. Les chercheurs ont analysé 100 000 articles de la presse papier ou d’internet publiés entre 2000 et 2016, cherchant les citations et les noms de plusieurs centaines de climatologues reconnus et un nombre égal d’universitaires, entrepreneurs et hommes politiques doutant du réchauffement de la planète ou attribuant la hausse des températures à des causes « naturelles ». « Nous avons découvert que la visibilité des négateurs du climat a été 49 % plus importante que celle du changement climatique », ont écrit les auteurs de l’étude. Même au sein d’une sélection de médias anglophones de premier plan comme le New York Times, le Guardian ou le Wall Street Journal, ces négateurs du climat ont été cités un peu plus souvent. « Une telle disproportion dans la visibilité médiatique des arguments et des acteurs à contre-courant dénature la répartition des opinions des experts » et « sape » la crédibilité des climatologues, ont-ils ajouté. Ce déséquilibre est de plus renforcé par l’effet amplificateur des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter, selon l’étude.

— Agence France-Presse

Terrorisme

« L’EI est bien vivant et en bonne santé »

Paris — Le groupe armé État islamique (EI) en Irak et en Syrie n’a pas été vraiment vaincu et sa résurgence, sous cette appellation ou une autre, n’est qu’une question de temps, préviennent officiels et experts.

Contredisant l’affirmation du président Donald Trump selon laquelle l’organisation djihadiste avait été défaite, de récents rapports de groupes de réflexion, des Nations unies mais aussi du Pentagone décrivent une organisation, certes privée d’assise territoriale et passée dans la clandestinité, mais toujours active. Elle disposerait encore de milliers de combattants, de millions de dollars et d’un réseau de propagande et de soutien mondial.

Dans un rapport intitulé « Ne parlez pas d’un retour : la persistance de l’État islamique », le cabinet d’analyse Soufan Center estime que « l’EI est bien vivant et en bonne santé en Irak et en Syrie. […] Il n’est pas question d’un retour : le groupe et ses membres n’en sont jamais partis ».

pas de fuite

La perte progressive des territoires qu’il contrôlait, face à une coalition internationale surpuissante, ne s’est pas accompagnée d’une fuite ou d’une démobilisation de ses combattants, mais d’une dispersion et d’un passage à la clandestinité favorisés par la mauvaise gouvernance des zones libérées, le retrait partiel des forces américaines et les dissensions au sein de ses adversaires.

Dans un rapport rendu public mardi, l’Inspecteur général du Pentagone estime que « même s’il a perdu son “califat” territorial, l’EI a renforcé ses capacités insurrectionnelles en Irak et a repris ses activités en Syrie ce trimestre ».

Saper l’autorité

Dans un rapport datant de la mi-juillet, le Conseil de sécurité de l’ONU estime lui aussi que « l’EI s’adapte, se consolide et crée les conditions d’une éventuelle résurgence dans ses bastions en Irak et en Syrie ».

« Le processus est plus avancé en Irak, où son chef Abou Bakr al-Baghdadi et la plupart de ses dirigeants sont désormais basés », ajoutent les experts des Nations unies.

Trésor de guerre

Selon les experts de la RAND Corporation, qui ont étudié « les finances et les perspectives de l’État islamique après le califat », le groupe pourrait encore disposer d’un trésor de guerre de plus de 400 millions de dollars, dissimulé sous une multitude de formes différentes et clandestines, en Syrie, en Irak et dans les pays voisins.

« Le groupe a déjà été donné pour vaincu, ajoutent les experts de la RAND. Son talent pour se financer par des activités criminelles va se révéler utile : ses membres vont racketter, kidnapper, tuer, voler, trafiquer pour se procurer l’argent nécessaire à leur survie. »

— Agence France-Presse

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