Planète bleue, idées vertes
Comment ils sont passés de la parole aux actes

Quand les citoyens mettent la main à la pâte

Séismes, froids extrêmes, canicules, incendies de forêt, inondations. Le nombre de catastrophes naturelles suscite l’inquiétude et éveille les consciences. En 2018, l’ONU a affirmé qu’il ne restait que deux ans pour agir contre les changements climatiques. De plus en plus d’actions citoyennes voient le jour partout dans le monde pour nettoyer la planète. Tour d’horizon.

Et si ramasser des déchets devenait à la mode sur les réseaux sociaux ? C’est le défi lancé par le Trashtag Challenge sur Instagram. Le but : prendre en photo un lieu rempli de déchets, le nettoyer, puis reprendre une photo afin de la publier. Depuis deux mois, le mot-clic avant/après rassemble plus de 100 000 publications du monde entier sur Instagram.

En trois ans, 75 % des déchets de l’Everest ont été ramassés. Grâce à l’initiative de Marion Chaygneaud-Dupuy, une alpiniste française, le mont a perdu sa réputation de « poubelle la plus haute du monde ». En 2016, Mme Chaygneaud-Dupuy a créé Clean Everest, dont l’objectif est d’organiser des opérations de nettoyage sur l’Everest. Depuis l’ouverture de camps sur les voies d’accès au sommet, certaines zones sont devenues de vraies décharges. Un système de récompenses en fonction du nombre de kilos de déchets ramassés a été mis en place. Ces initiatives ont permis à la femme de ramasser 8,5 tonnes de déchets.

Le plogging

Depuis trois ans, le plogging (contraction du mot suédois « plocka upp », qui signifie ramasser, et de « jogging ») est le sport tendance en Suède. Il consiste à se munir d’un sac poubelle pour collecter les déchets que l’on croise pendant une course. Accompagné de la devise « Un corps sain dans un environnement sain », ce nouveau sport est pratiqué par de plus en plus de Suédois. Mais ce n’est que depuis 2018 qu’il s’étend dans le monde. La première course montréalaise de l’année 2019, organisée par Plogging Montréal, a eu lieu le 11 mai. Trente-sept kilos de déchets ont été ramassés en une heure par les coureurs !

La nouvelle tendance du moment : allier sport et environnement. Pour la première fois, une compétition européenne de ramassage de déchets a eu lieu à Marseille, dans le sud de la France, le 30 mai. Vingt équipes de nageurs et kayakistes composées de quatre participants amateurs se sont affrontées pour récolter un maximum de déchets sur un parcours de 8 km dans la Méditerranée. Selon le Fonds mondial pour la nature, elle est la mer la plus polluée du monde. En juin 2018, l’organisation a affirmé que 1,25 million de fragments de plastique par kilomètre carré gisaient dans la mer.

L’association Biocycle, à Paris, lutte depuis quatre ans contre le gaspillage alimentaire. À l’aide de leur triporteur recouvert d’une bâche verte, les bénévoles récupèrent les invendus de certaines grandes surfaces et petites épiceries pour les redistribuer à des personnes dans le besoin. En moyenne, de six à huit récoltes, variant de 6 à 60 kg chacune, ont lieu chaque semaine.

Montréal n’échappe pas au mouvement… Depuis mars, 513 corvées de propreté ont été réalisées par les Montréalais. Pour la 10e année consécutive, le traditionnel grand ménage du printemps de la ville a été organisé sur la plateforme internet « Ensembellir ». Le principe est simple : de mars à novembre, un citoyen peut s’inscrire et même créer une corvée. Déjà 35 028 participants, petits et grands, ont mis la main à la pâte pour donner un nouveau souffle à Montréal après un long hiver.

Sur le radar

Crimes contre l’environnement

Interpol lance une traque mondiale contre sept fugitifs

L’organisation de coopération policière internationale Interpol a lancé mardi soir un appel à témoins planétaire pour tenter de mettre la main sur sept fugitifs de plusieurs pays recherchés pour des crimes contre l’environnement. Cet appel public, très rare de la part de l’organisation établie à Lyon, vise sept personnes faisant l’objet de « notices rouges », les demandes d’arrestation en vue d’extradition lancées par Interpol sur demande de ses pays membres. « Selon les services de police de ces pays, les criminels ont été impliqués dans plusieurs types de crimes contre l’environnement, comme l’exploitation illégale du bois, le braconnage ou le trafic d’ivoire notamment », a détaillé à l’AFP le directeur général et numéro deux d’Interpol, Tim Morris. Cet appel concerne Guo Qin Huang et Muk Nam Wong, recherchés par la Chine pour trafic d’espèces protégées, Nicholas Mweri Jefwa et Samuel Bakari Jefwa, traqués par le Kenya pour trafic illégal de trophées de chasse et crime organisé, Ergest Memo et Taulant Memo, recherchés en Grèce pour exploitation illégale de bois, ainsi que Bhekumusa Mawillis Shiba, pourchassé pour crimes contre la faune par le Royaume d’Eswatini.

— Agence France-Presse

Chili

Fermeture de 8 centrales au charbon d’ici 5 ans

Le Chili a annoncé mardi la fermeture de huit centrales au charbon d’ici cinq ans, dans le cadre d’un plan qui prévoit de produire 100 % d’énergies renouvelables d’ici 2040. La fermeture de ces centrales, qui représentent 20 % de la capacité énergétique du pays, devrait entraîner une baisse significative des émissions annuelles de CO2 par le secteur de la production électrique : elles passeront de 30 millions de tonnes actuellement à 4 millions de tonnes dans cinq ans, selon des chiffres fournis par le gouvernement. « La décision annoncée aujourd’hui est une forme concrète et réelle de l’idée de transformer des mots et des engagements en des faits et des réalités », s’est félicité le président chilien Sebastián Piñera lors d’un discours prononcé dans le nord du pays. Après leur fermeture, ces centrales resteront toutefois « dans une situation opérationnelle de réserve » stratégique, en cas d’urgence ou de pénuries électriques, a-t-il précisé.

— Agence France-Presse

Rapport

Le Canada appelé à en faire davantage pour protéger ses océans

Un groupe environnementaliste affirme que le Canada doit s’impliquer plus que jamais dans la protection de ses océans. La Société pour la nature et les parcs du Canada affirme dans un rapport que, malgré les progrès réalisés ces dernières années, les organismes scientifiques internationaux suggèrent qu’il reste encore du travail à faire. « Au moins 30 % [des océans] devraient être protégés si nous voulons nous assurer que tous les habitats sont protégés et que l’avenir et la santé des océans sont assurés », a déclaré lundi Sabine Jessen, directrice du programme des océans du groupe. Le rapport indique que la protection des zones océaniques comprend l’interdiction des projets pétroliers et gaziers, l’absence de déversement de déchets et l’élimination du chalutage de fond. Mme Jessen attribue au gouvernement libéral fédéral les améliorations observées au cours des dernières années. Il y a deux ans, moins de 1 % des mers du Canada étaient assujetties à une forme d’accord de conservation. Ce chiffre a depuis dépassé les 8 %.

— La Presse canadienne

New Delhi

Une montagne de déchets haute comme le Taj Mahal

Dans la banlieue orientale de la capitale indienne New Delhi, la montagne de déchets la plus élevée d’Inde, haute de quelque 60 m, s’apprête à dépasser l’année prochaine la taille de l’emblématique Taj Mahal et empoisonne la vie des riverains. Des rapaces planent à la recherche d’une proie au-dessus de l’impressionnante décharge de Ghazipur, dont la silhouette menaçante se distingue à des kilomètres à la ronde. Vaches vagabondes, chiens errants et rats grouillent dans cet amas fétide où terminent une partie des déchets de la mégapole de 20 millions d’habitants. Des incendies, nourris par le méthane qui s’échappe de la décharge, se déclarent régulièrement et peuvent prendre des jours à être éteints. Du lixiviat, un liquide noir toxique, suinte de la colline et s’écoule dans un canal. Selon un ingénieur en chef pour East Delhi, Arun Kumar, la montagne est déjà haute de plus de 65 m et progresse de près de 10 m chaque année. Les autorités escomptent qu’elle dépassera en hauteur le Taj Mahal (73 m) en 2020. La décharge a été ouverte en 1984 et est arrivée à saturation en 2002, lorsqu’elle aurait dû être fermée. Mais chaque jour des centaines de camions ont continué à apporter des détritus.

— Agence France-Presse

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