Théâtre

Tenter l’expérience de l’OFFTA

Avec ses 17 spectacles déambulatoires, en ligne ou à distance, l’OFFTA fait figure de précurseur dans la présentation de performances en art vivant post-COVID-19. La Presse vous propose six objets de curiosité du vibrant festival de création qui a lieu « du 22 au 32 mai », à deux mètres de vous. Contributions volontaires.

Elle est en avance // Un spectacle curieux (en tournée)

Camille Lacelle-Wilsey et Nien Tzu Weng

C’est la performance déambulatoire qui ouvre l’OFFTA. Avec le débat sur l’art vivant en mode numérique, le directeur artistique et général du festival, Vincent de Repentigny, n’avait pas envie de donner le coup d’envoi du festival en ligne. Ça tombe bien, les chorégraphes Camille Lacelle-Wilsey et Nien Tzu Weng, de Double Fantasy, ont conçu une chouette expérience que l’on peut vivre chacun dans son quartier. Il s’agit de suivre leurs directives consignées dans une infolettre que les participants vont tous recevoir. « C’est une invitation à une promenade conçue pour vous guider à travers un voyage de poésie, de jeu, d’imagination et d’inconnu. » Excellente activité de déconfinement, non ?

Errances

Mélanie Binette

Créé l’automne dernier à la Place des Arts par l’artiste interdisciplinaire Mélanie Binette, Errances avait été conçu comme un parcours à la mémoire de son père, qui s'était éteint 17 ans plus tôt devant le parvis intérieur du Théâtre Maisonneuve – en allant voir un spectacle d’Yvon Deschamps. Le spectateur se voyait remettre un guide audio et s’engageait dans un parcours en tenant la main de la conceptrice Mélanie Binette, nous rappelle Vincent de Repentigny. Évidemment, COVID-19 oblige, la promenade avec l’auteure a été abandonnée, mais les participants sont invités à écouter une version remaniée de ce parcours audio sur le thème du deuil, tout en marchant dans les rues de leur quartier.

Prologue

Mani Soleymanlou, avec la jeune troupe du Quat’Sous

Nous en parlions récemment, l’auteur, comédien et metteur en scène Mani Soleymanlou s’était lancé avec la jeune troupe du Quat’Sous dans une création inspirée du Livre des Rois, écrit par le poète iranien Ferdowsi autour de l’an 1000. Puis, la COVID-19 a un peu bousillé ses plans. Les membres de la troupe ont fait de plus en plus de place au thème du confinement. « Cet art peut-il survivre à l’absence de face à face ? », se sont-ils demandé. Pour partager leurs réflexions et créer un objet théâtral AVEC public, chacun des huit membres a interprété sa performance pour un spectateur. Ce sont les enregistrements de ces captations qui seront diffusés pendant l’OFFTA, à raison de deux capsules par jour, du 27 au 30 mai.

Strike/Thru

Nadia Myre et Johanna Nutter

Il s’agit d’une rencontre artistique entre deux amies : l’artiste visuelle autochtone Nadia Myre et la femme de théâtre allochtone Johanna Nutter. Les deux artistes ont conçu cet objet virtuel de discussion sur le thème de la conciliation et de la réconciliation. Le tout est retransmis par visioconférence, donc ça se passera en ligne et, chaque soir, six membres (volontaires) du public en ligne seront invités à interpréter le verbatim d’une conversation enregistrée entre des gens d’origines métissées différentes. Au cours de cette conversation reconstituée, Nadia Myre et Johanna Nutter échangeront sur les malaises provoqués par ce verbatim. Un projet codiffusé par le Centre MAI.

L’incroyable histoire de la file infinie

Pénélope et Chloë et Simon Thomas

Voilà une histoire comme on les aime. Imaginez, une installation qui devait avoir lieu place de la Paix, en face du Monument-National, où les participants devaient faire l’expérience d’une longue file d’attente… Comme c’est prémonitoire ! Le projet conçu par les artistes visuelles montréalaises Pénélope et Chloë avec le metteur en scène belge Simon Thomas a évidemment dû être modifié, adapté, remodelé. Le trio nous racontera plutôt (en ligne) un conte, celui de l’incroyable histoire de la création de la file d’attente par l’inénarrable… Jean File.

Slippery Slit

Nate Yaffe

Nate Yaffe est un chorégraphe américain de Montréal qui s’est beaucoup intéressé à la danse queer, nous renseigne Vincent de Repentigny. « C’est quelqu’un qui cherche toutes sortes de moyens de décomplexer le corps », nous dit-il. Son projet Slippery Slit est une proposition qui sort des sentiers battus. Les participants vont recevoir un numéro, et c’est Nate Yaffe lui-même qui va leur parler individuellement en leur donnant des directives : « Touche le bois. De quel arbre vient-il ? Touche-toi. Sens tes sinus s’ouvrir. Personne ne choisit son corps. Abandonne-toi. Ne regarde pas derrière. » « C’est très sensoriel, nous dit Vincent de Repentigny, il y a quelque chose du guide spirituel, c’est une rencontre qui peut être déstabilisante. » Il y aura des séances en français et en anglais.

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