Les Canadiennes  : 

À la défense du titre

Les Canadiennes amorceront la défense de leur titre la fin semaine prochaine alors que débuteront les séries de la Ligue canadienne de hockey féminin. La troupe de Dany Brunet tentera de remporter les grands honneurs pour la cinquième fois de son histoire.

Au moment d’écrire ces lignes, les championnes de la coupe Clarkson en 2017 ne connaissaient toujours pas l’identité de leurs adversaires en demi-finale (premier tour), la première place étant toujours à l’enjeu à l’aube du dernier week-end d’action de la saison régulière.

En date du 9 mars, seulement trois points séparaient les trois premières équipes, avec Les Canadiennes et le Red Star de Kunlun à égalité en tête avec 41 points et l’Inferno de Calgary au troisième échelon avec 38 points.

« Si on finit deuxièmes, ça va être les séries les plus difficiles de notre histoire parce que les trois premières équipes sont vraiment, vraiment fortes. »

— Katia Clément-Heydra, attaquante des Canadiennes.

Mais terminer en tête du classement ne signifierait pas pour autant un laissez-passer automatique en finale. Avant les matchs du week-end, les Rays de Vanke et le Thunder de Markham se disputaient la quatrième et dernière place donnant accès aux séries.

«Ce sont quand même deux très bonnes équipes, surtout Markham. Certaines de leurs joueuses qui sont allées aux Jeux olympiques ont rejoint l’équipe. On a joué tous nos matchs contre elles en début d’année et ce n’est plus du tout la même équipe. Les quatre équipes qui vont faire les séries seront très fortes. Ça va être le fun», ajoute la numéro 19 des Canadiennes, qui ont par ailleurs confirmé de leur côté qu’une seule de leurs trois athlètes olympiques rejoindrait l’équipe pour les séries, soit la défenseure Lauriane Rougeau.

Peu importe quelle équipe elles affronteront, les championnes en titre seront prêtes, assure celle qui en est à sa troisième saison avec Les Canadiennes.

« Oui, on ressent la pression d’être les championnes, tout le monde veut nous battre, mais on est capables de défendre notre titre, explique Clément-Heydra, qui comprend bien le fait d’être la cible de toutes les équipes, après être passée par là la saison dernière.

« L’année passée [après avoir perdu en finale la saison auparavant], on voulait vraiment gagner la coupe et prendre notre revanche contre Calgary. Il y a une grosse pression qui vient avec le fait d’être championnes. »

Le défi des Jeux olympiques

En cette année olympique, le défi de devenir la première équipe à remporter deux championnats consécutifs depuis qu’elles avaient réussi l’exploit en 2011 et 2012 – sous le nom des Stars de Montréal – semblait encore plus grand.

C’est que Les Canadiennes ont dû se passer des attaquantes Marie-Phillip Poulin, nommée meilleure joueuse du circuit lors des deux dernières saisons et Mélodie Daoust, premier choix du club au dernier repêchage, ainsi que de Rougeau. Les trois étaient centralisées à temps plein à Calgary par Hockey Canada en prévision des Jeux olympiques de PyeongChang.

« Ç’a permis aux joueuses de lever leur jeu d’un cran, d’obtenir un plus gros rôle. Les trois sont irremplaçables, mais je crois qu’il y a plusieurs joueuses qui en ont donné plus pour aider l’équipe, admet Clément-Heydra, qui a elle-même vu sa production plus que doubler par rapport à la saison précédente, passant de 12 à 26 points.

« On a toutes changé un peu de rôle, on a toutes joué un plus grand rôle, ç’a changé la dynamique de l’équipe. On les reprendrait n’importe quand, mais notre équipe a fait du très bon travail en leur absence. » — Katia Clément-Heydra

Si Les Canadiennes joueront en séries sans les services de leurs trois athlètes olympiques, elles pourront toutefois compter sur la présence de leur nouvelle acquisition, Hilary Knight, récente médaillée d’or aux Jeux de PyeongChang avec les États-Unis. Nommée meilleure joueuse du circuit en 2013, Knight a été repêchée au quatrième rang en 2012 et a remporté deux fois la coupe Clarkson avec les Blades de Boston, avant de changer de ligue et de gagner la coupe Isobel avec le Pride de Boston dans la NWHL.

Kunlun, la surprise

En passant de cinq à sept clubs cette saison avec l’ajout de deux formations chinoises – le Red Star de Kunlun et les Rays de Vanke – la Ligue canadienne de hockey féminin a non seulement élargi ses rangs, mais elle a aussi amélioré son calibre.

Personne ne s’attendait à ce que les deux équipes d’expansion connaissent autant de succès, du moins pas Clément-Heydra et ses coéquipières.

« La première fois qu’on a joué contre elles, on s’est dit “Oh my god ! On ne s’attendait vraiment pas à ça !”. Elles sont très bonnes, elles ont des joueuses internationales qui sont vraiment bonnes, surtout Kunlun, indique l’attaquante, en nommant notamment les Américaines Kelli Stack, Alexandra Carpenter et Zoe Hickel du Red Star.

« Ce sont toutes des joueuses de calibre olympique. C’est le fun, c’est super pour la ligue, pour son développement, pour le niveau de jeu. Ça rend les choses plus difficiles pour défendre le titre, mais on adore ça, le défi. »

Après avoir reçu les deux équipes à Montréal en novembre (Kunlun) et janvier (Vanke), Les Canadiennes se sont rendues en Asie à la fin février et au début mars pour y disputer quatre rencontres.

« Côté hockey, ç’a été difficile, surtout pour les premiers matchs, avec le décalage horaire. On arrive là-bas et deux heures plus tard on joue un match. Les deux équipes chinoises sont très bonnes. On a été capables d’aller chercher trois points sur huit [en vertu d’une fiche de 1-2-1]. Ce n’est vraiment pas ce qu’on voulait, mais on va les prendre, confie Clément-Heydra, qui n’aura pas à s’inquiéter du décalage horaire advenant un duel contre une des deux équipes chinoises en séries, puisque les parties seraient jouées dans un endroit neutre au Canada.

« On allait là pour le hockey, mais dans un pays totalement différent du nôtre, on en a profité pour visiter un peu et rencontrer des gens. J’ai vraiment apprécié. C’était une belle expérience pour tout le monde », conclut-elle.

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