Politique

Échos des collines

Chaque samedi, nos correspondants parlementaires de Québec et d’Ottawa nous livrent un coup d’œil décontracté sur l’actualité de la dernière semaine.

— La Presse

faute avouée… 

On ne pourra pas reprocher à la ministre Sylvie D’Amours de s’acharner dans l’erreur. Elle a pris la parole pendant les déclarations des députés jeudi pour rectifier des propos qu’elle avait tenus en Chambre la semaine précédente. Le 3 avril, elle a appuyé une motion du Parti québécois pour réclamer que le gouvernement s’excuse pour les expropriations qui ont précédé la construction de l’aéroport de Mirabel dans les années 70. « Il serait grand temps que le gouvernement fédéral rétrocède à la Ville le reste de ce patrimoine foncier », a alors déclaré la députée de Mirabel en Chambre. À l’évidence, ce commentaire n’a pas plu à ses commettants ! Mme D’Amours a donc fait amende honorable.  

« My English is not really good ! »

La ministre du Revenu national, Diane Lebouthillier, a habilement réparé un impair commis en Chambre cette semaine. Alors que les conservateurs mettent au défi Justin Trudeau de poursuivre devant la justice le chef Andrew Scheer dans l’affaire SNC-Lavalin, la députée libérale a accusé ses adversaires politiques d’induire les Canadiens en erreur. Le président a rapidement repris Mme Lebouthillier, lui rappelant qu’un parlementaire n’a pas le droit d’en accuser un autre. « Mr. Speaker, I am so sorry ; my English is not really good », a-t-elle répliqué, décochant ainsi une flèche au député conservateur Luc Berthold, qui l’avait tout récemment blâmée pour ne répondre aux questions qu’en français. M. Berthold, député québécois, s’était par ailleurs excusé ensuite.

Malaise en chambre

La députée Pam Damoff a causé une frousse à ses collègues jeudi : alors que la période des questions battait son plein, elle s’est évanouie. Le malaise a été capté par les caméras de la Chambre, puisqu’il est survenu alors qu’Omar Alghabra répondait à une question et que Pam Damoff était en arrière-plan. Lorsqu’il a vu la tête de sa voisine de banquette tomber sur son pupitre, Marco Mendicino a bondi de son siège, a placé sa main sur le dos de sa collègue et fait des gestes pour attirer l’attention de la présidence. « Une députée a besoin de soins médicaux », est intervenu Geoff Regan. Plusieurs élus ayant des formations médicales, dont la ministre Carolyn Bennett, ont volé au secours de Pam Damoff. On a aussi vu l’ex-députée libérale Jane Philpott traverser la Chambre en courant pour venir en aide à son ancienne camarade de caucus. Cette dernière a repris ses esprits au bout de quelques secondes. Plus tard pendant la séance, la leader du gouvernement en Chambre, Bardish Chagger, s’est levée pour remercier tous ceux qui ont offert leur aide, peu importe leur affiliation politique. 

Le hockey s’invite à Ottawa

L’équipe locale est peut-être éliminée à Ottawa, mais le hockey s’est tout de même transporté dans l’arène politique fédérale cette semaine, à la faveur de l’affrontement Québecor-Bell. Les députés, qui en sont eux-mêmes dans la dernière ligne droite de la session parlementaire, ont exprimé leur déception face à cette décision de brouiller le signal en français alors que les séries éliminatoires se mettent en branle. « C’est poche », a lâché le ministre du Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez. Il a déploré que les amateurs de hockey soient « pris dans le milieu » de cet affrontement. « Même si moi, je ne suis pas un grand fan de hockey, il y a ben du monde qui sont très lésés », a renchéri le néo-démocrate Pierre Nantel. La ministre Mélanie Joly, pour sa part, a commenté la situation en affirmant que c’était au CRTC de jouer le rôle d’arbitre, mais qu’il était « toujours intéressant de pouvoir écouter nos Canadiens en français ». Lorsqu’on lui a fait remarquer que le Tricolore n’était pas de la grande danse printanière, elle s’est reprise en affirmant que l’équipe allait bien mettre la main sur la Coupe Stanley « un jour » – le tout, sous le regard des agents du Service de protection parlementaire, dont certains portent depuis des mois des casquettes de leur équipe de hockey préférée en guise de moyen de pression.

Roberge sème « l’espoir »

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, s’est rendu hier au congrès de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement. Il a pris quelques minutes pour écouter les doléances. Une représentante de l’Outaouais s’est levée pour lui signaler qu’il y a pénurie non seulement chez les enseignants, mais aussi chez les directeurs d’école. Elle lui a demandé ce qu’il entendait faire pour valoriser cet emploi. C’est alors que le ministre a fait miroiter des hausses salariales alléchantes. « Vous savez, on entre en négociation l’année prochaine avec les enseignants et d’habitude, il y a une corrélation ensuite entre ce qui se passe avec les enseignants et ce qui se passe avec les directions d’école. Alors je dirais de garder espoir ! », a-t-il lancé. Cette déclaration n’est pas passée inaperçue chez les directeurs d’école. On se rappelle que la CAQ a promis d’accorder des hausses plus importantes aux enseignants qu’aux autres corps d’emploi, notamment en augmentant de 18 % (8000 $ par année) le salaire en début de carrière. L’histoire ne dit pas si le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, a été consulté…

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.