analyse

Dur réveil pour Pipkin

Le souhait de Johnny Manziel se réalisera fort probablement, vendredi prochain, à Winnipeg. À la suite de la contre-performance d’Antonio Pipkin, hier soir, il serait extrêmement étonnant que Manziel ne soit pas le quart partant des Alouettes contre les Blue Bombers.

Le potentiel de Pipkin est considérable et il n’est âgé que de 23 ans. Mais il est loin d’être un produit fini, comme on a pu le constater hier. Il est largement responsable de la défaite de 32-14 qu’ont subie les Alouettes aux mains des Lions de la Colombie-Britannique.

Le jeune quart a été victime de quatre interceptions, dont la troisième a scellé l’issue de la rencontre. Les Lions ont ramené les deux dernières pour des majeurs.

« J’ai été très mauvais. On ne peut pas vraiment jouer moins bien que ça », a commenté le quart-arrière, l’air abattu.

« Notre défense a très bien joué et nos unités spéciales ont marqué un gros touché. Mais chaque fois qu’on avait besoin d’un gros jeu en attaque, j’ai été incapable de le réussir », a-t-il ajouté.

Pipkin a également encaissé 7 sacs et n’a jamais été en mesure de mettre l’attaque en marche.

Très bien protégé lors de ses deux premiers départs, il n’a pas eu cette chance lors de ses deux derniers matchs. La ligne offensive a clairement perdu sa bataille contre le front défensif des Lions, hier.

« C’est l’attaque au complet qui est responsable, mais c’est sûr que le moral est bas après qu’on a accordé 7 ou 8 sacs », a avoué le centre Kristian Matte. « Il va falloir trouver des solutions parce qu’on ne peut pas gagner en jouant de cette façon-là. »

« C’est un battant »

Pipkin n’a pas aidé sa cause en conservant le ballon beaucoup trop longtemps à plusieurs reprises. Le temps qu’il met à prendre ses décisions est l’une des choses qu’il devra améliorer.

« Il n’y a aucun quart-arrière dans la NFL qui n’a jamais vécu une soirée comme celle-là, croyez-moi », a commenté Mike Sherman, qui n’a pas voulu nommer son quart partant pour le prochain match.

« Je savais qu’il connaîtrait ce genre de match tôt ou tard, mais j’espérais que ce ne serait pas ce soir. Mais c’est un battant, il va rebondir. »

— Mike Sherman, entraîneur-chef

Sherman a indiqué qu’il parlerait avec Manziel après avoir pris connaissance de ses déclarations de jeudi. Manziel s’est dit frustré de ne pas être le quart partant de l’équipe.

« Il aurait pu choisir un peu mieux ses mots, mais il est frustré par la situation, et c’est normal. Il a l’esprit de compétition et il veut jouer. Je ne pense pas que ce soit une aussi mauvaise chose que vous semblez le croire. Je n’ai jamais vu un quart réserviste qui ne voulait pas être le partant », a dit l’entraîneur-chef.

À plat

Comme ç’avait été le cas à quelques reprises en première moitié de saison, les Alouettes ont été amorphes en début de match. Une équipe dont les espoirs de participer aux séries ne tenaient plus qu’à un fil – et qui revenait d’une semaine de relâche, de surcroît – n’avait pas le droit d’amorcer une partie devant ses partisans à plat. Mais c’est ce qui s’est produit.

Les espoirs de se classer pour le tournoi de novembre se sont envolés pour de bon, hier. Il y a encore des chances mathématiques, bien sûr, mais ne nous leurrons pas. Cette équipe ratera les éliminatoires pour la quatrième année de suite.

Sherman connaît nettement mieux ses effectifs après 12 matchs qu’au début du camp d’entraînement. Il devra maintenant se servir du dernier tiers de la saison pour évaluer ses troupes en vue de 2019.

Pas assez de courses

Le jeu au sol ne sera jamais aussi important au football à trois essais qu’il l’est au football à quatre essais, mais les Alouettes auraient probablement gagné à l’utiliser davantage, hier soir.

William Stanback n’a porté le ballon qu’à cinq reprises en première demie, et ce, même s’il avait récolté plus de 8 verges en moyenne par course (42 verges au total). Ce n’est pas comme si les Alouettes avaient eu un gros déficit à combler et qu’ils avaient dû abandonner le jeu au sol. Étant donné les difficultés que connaissait Pipkin, Stanback aurait dû être utilisé beaucoup plus qu’il ne l’a été (8 courses au total).

Quant à lui, B.J. Cunningham n’a capté que 2 passes pour 20 verges et a été blanchi en première demie. Il est plutôt rare qu’une équipe l’emporte lorsque son meilleur receveur n’attrape que 2 passes.

À son dernier match à Montréal, Wally Buono avait très bien préparé son équipe. Les Lions ont semblé avoir un pas d’avance sur les Alouettes durant presque tout le match.

Increvable Cox

Barron Miles a été intronisé au Temple de la renommée du football canadien, hier. Dans un avenir pas si lointain, deux autres joueurs défensifs des Alouettes recevront cet honneur. Même s’ils ne jouaient plus un seul jeu dans la LCF, John Bowman et Chip Cox obtiendraient leur place.

Cox a réussi le plus beau jeu des Alouettes, hier. Le botté de précision qu’il a bloqué dans les dernières minutes du troisième quart et qui a mené au touché de Tevaughn Campbell a permis aux siens de prendre les devants, 14-13, plutôt que de se retrouver en déficit, 16-7. Il a ainsi fait durer le suspense un peu plus longtemps pour les 15 346 spectateurs présents, la plus petite foule de la saison au stade Percival-Molson.

Maintenant que l’équipe est pratiquement éliminée de la course aux séries, il sera intéressant de voir si les gens se déplaceront pour voir les trois derniers matchs locaux de l’équipe. Place à l’audition de « Johnny Football ».

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