Un chauffeur de la STM devra expliquer son comportement envers un cycliste

Un chauffeur d’autobus de la Société de transport de Montréal (STM) devra s’expliquer auprès de ses patrons pour avoir frôlé un cycliste, il y a deux jours sur la rue Sherbrooke, et pour les propos qu’il a tenus quand l’homme l’a interpellé pour dénoncer son comportement dangereux.

L’épisode a été filmé par une caméra fixée au casque du cycliste, Stéfan Popovic, qui a ensuite porté plainte auprès de l’employeur du conducteur, en plus de diffuser la vidéo sur le site YouTube.

On voit d’abord le cycliste qui roule à droite de la rue, le long d’une rangée de voitures stationnées, puis l’autobus qui le dépasse, en passant très près, sans respecter la distance d’un mètre qu’un véhicule est censé conserver avec un vélo en mouvement.

Quand Stéfan Popovic, profitant d’un arrêt à un feu rouge, lui fait remarquer son comportement dangereux, le chauffeur répond que les vélos n’ont qu’à prendre la piste cyclable, une rue plus bas.

« Non, mais regarde, il y a une piste cyclable en bas. Ils ont scrappé la rue Maisonneuve pour vous autres, esprit, pis vous êtes à peu près 28 à passer tous les matins icitte », lance l’employé de la STM, furieux. « Là, tasse-toé », dit-il, alors que son feu tourne au vert et qu’il redémarre.

« On a le droit de passer ici. Toi, ta job, c’est de protéger les plus vulnérables, OK ? Je ne conduis pas comme un malade », répond M. Popovic.

« Pas la vision de la STM »

« Les propos du chauffeur ne correspondent pas à la vision de la STM pour ce qui est du partage de la route », a souligné un porte-parole de la société de transport, Philippe Déry, au sujet de la vidéo.

« Cet employé sera rencontré, notamment pour obtenir sa version des faits, et nous prendrons les mesures appropriées en lien avec cet incident. Nous prenons le tout au sérieux, puisque la sécurité et le respect de tous les usagers de la route sont des principes à la base du travail de nos chauffeurs, même si la cohabitation bus-cyclistes-piétons-automobilistes-chantiers peut parfois s’avérer complexe. »

Stéfan Popovic explique qu’il filme ses déplacements quotidiens à vélo depuis l’automne dernier, après avoir craint plusieurs fois pour sa sécurité en raison du comportement des automobilistes. « Mais c’est la première fois que ça m’arrive avec un autobus », dit-il, soulignant que les chauffeurs de la STM devraient être encore plus sensibilisés à la situation que les autres usagers de la route.

Quand ce genre d’incident est rendu public, des automobilistes en profitent souvent pour souligner que plusieurs adeptes du vélo ont un comportement téméraire sur la route. M. Popovic se décrit plutôt comme un cycliste prudent et respectueux.

« C’est vrai que certains cyclistes sont cowboys, mais ce n’est pas une raison pour les intimider avec un autobus, étant donné les conséquences que ça peut avoir, surtout pour les personnes moins aguerries », dit-il.

Pour éviter l’emportiérage (heurter la porte d’une voiture qui s’ouvre devant soi), les cyclistes n’ont pas le choix de rouler à bonne distance des véhicules stationnés, souligne-t-il. Les automobilistes doivent tout de même respecter la distance réglementaire en dépassant un vélo (1 m dans une zone de 50 km/h et moins, 1,5 m dans une zone de plus de 50 km/h).

Quant à la suggestion du chauffeur d’emprunter la piste cyclable, Stéfan Popovic répond qu’il habite et travaille sur la rue Sherbrooke. « Je ne vois pas pourquoi je ferais un détour, quand j’ai tout à fait le droit de rouler sur cette rue », dit-il.

La STM ne recommande pas d’affronter le chauffeur quand de telles situations se produisent, indique Philippe Déry. Il faut plutôt noter les informations (numéro du bus, ligne, heure, localisation, etc.) et les transmettre à la société de transport.

« Chaque plainte, chaque commentaire sont traités et nous n’avons pas besoin d’une vidéo virale pour prendre action dans de tels cas », ajoute-t-il.

NOUVEAU PONT CHAMPLAIN

Sursis de trois semaines pour le constructeur

La date d’ouverture du nouveau pont Champlain a été repoussée de trois semaines, du 1er au 21 décembre prochain, en vertu d’une entente convenue entre Infrastructure Canada et le constructeur du projet, Signature sur le Saint-Laurent (SSL).

La directrice de projet pour Infrastructure Canada, Chantal Côté, a de plus révélé hier que le maître d’œuvre du chantier et le gouvernement fédéral ont convenu d’une entente à l’amiable pour régler la poursuite de 124 millions intentée par le consortium en raison des limitations de charges imposées sur le pont Champlain actuel.

SSL soutenait que la limite de charges imposée sur ce pont par la société fédérale Ponts Jacques-Cartier et Champlain (PJCCI), en raison de son état de décrépitude avancé, a eu des impacts directs sur la livraison des matériaux et pièces nécessaires à la construction du nouveau pont, de même que sur l’échéancier du projet.

En vertu du règlement intervenu, Infrastructure Canada a versé 63 millions à SSL pour régler cette poursuite, et accepte de financer à hauteur de 172 millions les mesures additionnelles mises en place par le constructeur, depuis l’automne dernier, pour accélérer la construction du nouveau pont.

PRÈS DE 4,5 MILLIARDS

Ce versement de 235 millions porte ainsi à 4,47 milliards la facture globale pour la construction du pont et le réaménagement de l’autoroute 15. L’autoroute devra être élargie d’une voie par direction sur une distance d’un peu plus de trois kilomètres entre le pont Champlain et l’échangeur de la rue Atwater, à Montréal.

Les travaux sur l’ensemble du corridor du pont Champlain doivent être terminés en novembre 2019, mais le pont lui-même devra être achevé « substantiellement » d’ici le 21 décembre prochain.

Interrogée à savoir ce que signifie exactement cet « achèvement substantiel », Mme Côté a précisé qu’il englobe tous les éléments fonctionnels du pont nécessaires à la circulation des automobiles, des camions et des autobus qui circuleront sur l’accotement en attendant la mise en service du train léger de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Le nouveau pont Champlain devra donc offrir trois voies de circulation par direction et un accotement carrossable pour les autobus, de même qu’un éclairage fonctionnel et une signalisation adéquate lors de son ouverture, le 21 décembre.

Par contre, des éléments dits secondaires, comme la piste multifonctionnelle pour les vélos et piétons ou l’éclairage architectural du mât central du pont, pourront être achevés après cette date.

Mme Côté a affirmé que les pénalités de 100 000 $ par jour, pour les sept premiers jours de retard, et de 400 000 $ par jour par la suite, prévues au contrat de SSL, seront mises en application si le pont n’est pas ouvert le 21 décembre 2018.

Service incendie de Montréal

Des efforts pour recruter plus de femmes et de membres des minorités visibles

Le Service incendie de Montréal (SIM) accélère la cadence pour tenter de recruter davantage de femmes et de membres des minorités visibles. Le quart de la cinquantaine de recrues qui seront embauchées en mai sera issu de ces groupes.

Le directeur du SIM, Bruno Lachance, fera le point mardi sur les efforts de son service pour être plus représentatif de la population montréalaise. Bien que le service s’attaque à ce problème depuis des années, les progrès sont bien minces. À l’heure actuelle, on compte à peine 29 femmes sur les 2360 pompiers, soit 1,2 %. C’est même moins qu’en 2012, où l’on en recensait 32. Le portrait n’est pas plus reluisant pour les minorités visibles : le SIM compte à peine 24 pompiers en faisant partie et 5 autochtones.

À noter, en plus des 29 pompières, le SIM emploie 155 autres femmes. La majorité (131) d’entre elles sont des cols blancs, tandis que les autres sont gestionnaires (12) ou professionnelles (12). Le Service reconnaît que davantage d’efforts doivent être déployés pour augmenter leur présence dans la « force d’intervention ».

Le SIM a ainsi décidé de mettre en place des mesures préférentielles pour favoriser l’embauche de candidats provenant des groupes sous-représentés. Ainsi, d’ici à 2021, on dit vouloir doubler le nombre de pompiers de ces groupes et le tripler d’ici à 2025.

Recrutement difficile

Le recrutement de femmes, de minorités visibles et d’autochtones sera difficile, malgré les campagnes menées pour rendre le métier attrayant pour ces groupes. Si les deux établissements d’enseignement d’où proviennent les recrues du SIM ont observé une hausse du nombre de demandes d’admission provenant de ces groupes, la quantité de candidatures demeure très faible.

L’Institut de protection contre les incendies du Québec (IPIQ) et le Collège Montmorency ont reçu cette année 40 demandes d’admission de femmes, contre 9 il y a deux ans. Au terme du processus de sélection, la présente cohorte compte 19 candidates sur un total de 324 élèves, soit 6 %.

Pour maximiser leurs chances d’attirer des candidats de ces groupes, le SIM a décidé de réviser ses tests pour « éliminer toute discrimination systémique ». Aussi, pour assurer le succès de leur intégration, on désignera une marraine ou un parrain afin d’accompagner les recrues. Enfin, le SIM a aussi entrepris des formations pour sensibiliser ses membres aux groupes sous-représentés. 

S’il voit d’un bon œil les efforts déployés par le SIM, le conseiller municipal Marvin Rotrand estime que les objectifs manquent d’ambition. « Dans sept ans, moins de 7 % des pompiers vont faire partie des groupes sous-représentés. Ce n’est pas vraiment ce que les Montréalais ont en tête. Il faut en faire plus », estime l’élu.

Médias

Premier lauréat d’une nouvelle bourse de La Presse+

Louis-Philippe Trozzo devient le premier lauréat de la nouvelle bourse La Presse+, offerte grâce à la conclusion d’un partenariat entre la direction du quotidien et celle de l’Université de Montréal. Le boursier, qui fera son entrée dans la salle de rédaction en mai, s’est distingué aux yeux du jury chargé de sélectionner un candidat notamment par l’excellence de son dossier scolaire et par sa maîtrise des pratiques journalistiques. Le stage est d’une durée de deux mois. La direction du diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en journalisme et le département de communication de l’Université de Montréal se réjouissent de ce nouveau partenariat avec La Presse, en vigueur pour trois ans. Louis-Philippe Trozzo termine cette année son DESS en journalisme. — Fanny Lévesque, La Presse

Montréal

107 000 $ pour l’enquête administrative sur le SPVM

L’enquête administrative sur la gestion du SPVM a coûté 107 000 $, selon un document obtenu en vertu de la Loi sur l’accès à l’information. Dans une réponse écrite, le ministère de la Sécurité publique indique que cette somme inclut les honoraires versés à Michel Bouchard, ainsi que le remboursement de ses frais de déplacement. Des frais de déplacement pour un employé de la Sécurité publique sont aussi inclus dans le total, mais pas son salaire, qui sera couvert par le budget du Ministère. Le document rendu public ne détaille pas chacune des dépenses, indiquant simplement que le total s’élève à 106 973 $. Rappelons qu’en mars 2017, le ministre Martin Coiteux annonçait la nomination de Me Michel Bouchard pour mener une enquête administrative sur les pratiques aux enquêtes internes du SPVM. Son rapport déposé en décembre a mené à la suspension du chef Philippe Pichet et son remplacement par Martin Prud’homme pour un intérim d’un an.

— Pierre-André Normandin et William Leclerc, La Presse

Commission scolaire de Montréal

Les professeurs en grève le 1er mai prochain

Les membres de l’Alliance des professeurs de Montréal ont voté à 77 % en faveur d’un mandat de grève d’une journée, le 1er mai prochain, en « riposte à l’ultimatum » lancé par la Commission scolaire de Montréal (CSDM) pour en venir à une entente avant le 30 avril, pour le renouvellement de la convention collective. Selon le syndicat, qui regroupe quelque 9000 membres, l’employeur fait ainsi preuve d’une « attitude intransigeante » en offrant une « échéance à très court terme » et en menaçant de l’abolition « d’arrangements locaux » comme la semaine de relâche. « La [CSDM] n’a aucun souci d’améliorer les conditions d’exercice des enseignants », a fait valoir l’Alliance, qui tient la CSDM responsable de la « pénurie d’enseignants qui sévit » dans ses rangs. La CSDM a informé les parents du vote de grève de ses employés hier, en leur assurant qu’elle « mettra tout en œuvre pour protéger le droit à l’école de [leur] enfant ». La commission scolaire dit également avoir « la ferme volonté » de maintenir les échanges avec le syndicat « pour en arriver à une entente négociée » avant ce jour de grève. Les pourparlers entre les parties doivent reprendre demain.

— Fanny Lévesque, La Presse

Actualités

Montréal renonce à l’héritage d’un ancien consul général de France

Un ancien consul général de France à Montréal a décidé de donner en héritage l’ensemble de ses livres ainsi que ses meubles de bibliothèque à la Ville de Montréal. Mais compte tenu des frais que cela occasionnerait – environ 4000 $ –, la Ville entend y renoncer. Jean Honnorat a été consul général de France de 1978 à 1981, à Montréal. Diplomate de carrière, M. Honnorat a également représenté son pays à titre d’ambassadeur aux Émirats arabes unis, en Somalie et en Érythrée. Il est décédé en juillet dernier à l’âge de 93 ans. Son testament désigne la Bibliothèque de Montréal comme bénéficiaire des livres et des étagères. La valeur globale du legs est de 4770 euros, soit quelque 7404 $, selon l’inventaire établi dans les différentes résidences du défunt. Par exemple, on y trouve 22 volumes de La Pléiade pour une valeur de 1500 euros, un ensemble de livres traitant notamment des beaux-arts, dont 17 volumes avec reliure en percaline (1200 euros), et une bibliothèque en noyer et chêne du XVIIIe siècle (350 euros). Mais il y a également des livres, des revues et des meubles sans grande valeur. La Ville estime qu’elle devrait débourser 2206 euros (4045 $) en frais de succession dus en France pour prendre possession de son héritage. Cette somme ne tient pas compte des frais de déménagement, de transport et de douane.

— Kathleen Lévesque, La Presse

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