personnalité de la semaine

Richard Hoover

Le patron du studio Framestore de Montréal a remporté dimanche dernier l’Oscar des meilleurs effets visuels pour son travail dans Blade Runner 2049. Il est notre personnalité de la semaine.

Richard Hoover dirigeait l’équipe des effets visuels de Sony Pictures Imageworks, à Los Angeles, quand on l’a invité, il y a trois ans, à déménager à Montréal pour prendre les rênes de l’équipe du studio Framestore travaillant sur le film La belle et la bête.

Le Californien ayant grandi dans le Massachusetts, alors que son père faisait un doctorat en théologie à Harvard, a donc emporté ses pénates ici.

Il connaissait déjà Montréal pour y avoir travaillé sur quelques films, dont un des Schtroumpfs.

Dimanche dernier, notre personnalité de la semaine savait que ses équipes, les dizaines et dizaines de personnes qui ont passé des heures de fou à travailler sur les effets spéciaux du Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve, regardaient la cérémonie des Oscars.

Quand il a gagné celui pour lequel il était en lice, le prix des meilleurs effets visuels, il a tenu à les saluer une fois sur scène.

« J’étais tellement fier de les avoir menés sur ce chemin. »

— Richard Hoover

À Montréal, 175 personnes ont travaillé sur les effets spéciaux de Blade Runner 2049. Mais ils n’étaient pas du tout les seuls. En tout, quatre équipes ont gagné. Ce sont leurs pilotes qu’on a vus sur scène aux Oscars. Les figures de proue de centaines de travailleurs à qui l’on doit la facture visuelle si spéciale du film réalisé par Villeneuve et mettant en vedette Ryan Gosling, Harrison Ford et Robin Wright.

Richard Hoover était finaliste pour la troisième fois aux Oscars.

La première fois, en 1999, c’était pour Armageddon, le film mettant en vedette Bruce Willis et Liv Tyler qui parlait d’une équipe d’astronautes envoyés en mission dans l’espace pour détruire une météorite en route vers la Terre et destinée à provoquer sa destruction.

Puis, en 2007, il a été cité pour Superman Returns.

Cette année, il a gagné pour la première fois.

Richard Hoover n’a pas étudié en cinéma, mais plutôt en architecture, dans les années 70, à l’Université de l’Oregon, État qu’il adore et où il s’est installé avec sa famille, à Bent, dans les montagnes. Son point d’attache, c’est là, dit-il.

Le spécialiste des effets spéciaux adore Montréal, ville dont le climat et l’atmosphère lui rappellent son enfance en Nouvelle-Angleterre. Mais son travail le fait voyager partout, tout le temps. Depuis toujours. « C’est notre mode de vie », dit-il. « Pour le tournage de Blade Runner, on a passé six mois en Hongrie. » Pour Les Schtroumpfs, il était venu passer six mois à Montréal.

Actuellement, il est toujours dans la métropole, car il dirige les équipes travaillant sur le film Dumbo, long métrage de Tim Burton qui reprend, avec de vrais acteurs, les thèmes et les personnages du dessin animé des années 40. Sa femme est venue le retrouver. Son fils aîné est aux études à l’Université de l’Oregon comme son père. Le cadet est encore à la maison. Aucun des deux, pense M. Hoover, ne semble vouloir se diriger vers le cinéma.

C’est pendant ses études en arts et architecture en Oregon, dit-il, qu’un professeur a remarqué son intérêt pour la photo et lui a suggéré d’explorer aussi ce domaine. Graduellement, il a bifurqué vers le cinéma, vers la construction d’œuvres visuelles animées complexes plutôt que de bâtiments.

A-t-il toujours aimé le cinéma ?

« Quand j’étais jeune, je regardais les westerns et les films de guerre plus que les dessins animés. Mais oui, j’ai toujours adoré le cinéma. »

— Richard Hoover

L’amour de l’architecture, c’est en suivant son père sur le circuit des conférences culturelles, à Harvard, qu’il l’a développé.

Aujourd’hui, à 60 ans, Richard Hoover a un CV rempli de succès, de voyages, de créations diverses, allant de Seabiscuit, histoire d’un cheval de course légendaire mettant en vedette Tobey Maguire, à Reign of Fire, film de folle fiction sur des dragons ayant pris le contrôle du monde, mettant en vedette Matthew McConaughey.

Et il a encore des projets avec Framestore, entreprise britannique qui a installé l’un de ses nombreux studios à Montréal, attirée par des conditions fiscales intéressantes et la richesse des talents.

« Les équipes ici sont si fières, si passionnées, dit M. Hoover. Des jeunes franchement fantastiques. »

Richard Hoover en quelques choix

Un film

Le pont de la rivière Kwaï, film de guerre classique de David Lean, datant de 1957 et mettant en vedette Alec Guinness

Un livre

The Teachings of Don Juan : A Yaqui Way of Knowledge (L’herbe du diable et la petite fumée – Une voie yaqui de la connaissance), de Carlos Castaneda

Un personnage historique

Walt Disney

Un personnage contemporain

Oprah

Une phrase préférée

« Soyez la personne que vous aimeriez rencontrer. »

Une cause qui le ferait descendre dans la rue pour manifester

« La discrimination raciale. Et sur ma pancarte, il serait écrit : “Ceci n’arriverait jamais à Poudlard.” »

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