Fintech

Nouveau fonds montréalais de 75 millions

Les entreprises en démarrage dans le secteur très prometteur de la technologie financière, le fintech, disposeront d’un nouveau fonds de capital de risque de 75 millions de dollars établi à Montréal. Annoncé aujourd’hui, Luge Capital est principalement commandité par la Caisse de dépôt et placement du Québec et le Mouvement Desjardins, qui en ont financé les deux tiers. Les investissements de Luge seront entre 250 000 $ et 2 millions $ pour des entreprises qui proposent « des solutions novatrices qui améliorent l’expérience client, augmentent l’efficacité des institutions financières et mettent en place des méthodes de prise de décision axées sur les données et l’intelligence artificielle », indique-t-on par communiqué.

— Karim Benessaieh, La Presse

Conférence de Montréal 2018

Quand les incertitudes et les tensions défient la mondialisation…

La 24e édition de la Conférence de Montréal s’ouvre ce matin dans un grand hôtel sécurisé du centre-ville. Principal organisateur de la Conférence depuis 1994, la société montréalaise Forum économique international des Amériques y attend quelque 4000 participants venus de 60 pays. Le thème de l’édition : « Une nouvelle mondialisation – gérer l’incertitude ». La Presse en a discuté avec Nicholas Rémillard, président et chef de la direction du Forum économique international des Amériques.

Pourquoi ce thème ?

Chaque année, le thème de la Conférence de Montréal est décidé par le Bureau des gouverneurs de notre société organisatrice, le Forum économique international des Amériques.

Le thème de la mondialisation englobe tout ce qui se passe dans le monde, à un moment où les incertitudes se multiplient un peu partout : sur les plans géopolitique et géoéconomique, mais aussi technologique et environnemental.

Ce niveau d’incertitudes s’est élevé considérablement depuis un an, particulièrement avec les discordes commerciales qui ont émergé parmi les principales économies du monde.

Il y a un an, la plupart des intervenants en commerce international s’attendaient à ce que ces différends se règlent par des négociations, surtout entre proches voisins comme le Canada et les États-Unis.

Mais au lieu de s’atténuer et de se résoudre, ces incertitudes ont continué de se multiplier et de s’aggraver au cours des derniers mois.

L’ère de la mondialisation est-elle à risque ? Et, avec elle, le sort de gros accords commerciaux comme l’ALENA en Amérique du Nord ?

D’après ce que j’entends au fil de mes discussions avec nos interlocuteurs de la Conférence de Montréal, qui viennent de partout dans le monde, je ne crois pas que les grands accords commerciaux comme l’ALENA soient déjà rendus à un risque de démantèlement.

Ce dont tous conviennent, c’est que certains accords commerciaux d’envergure comme l’ALENA ont vieilli et qu’ils doivent maintenant être adaptés à l’évolution rapide de l’économie, de la géopolitique et des technologies commerciales.

Entre-temps, ce qui alimente le sursaut d’incertitudes, c’est la façon dont les négociations sur ces accords commerciaux sont menées par certains des pays les plus influents dans l’économie mondiale.

Dans le cas de l’ALENA, par exemple, personne ne met en doute la volonté du président Trump aux États-Unis d’en venir à une entente de renouvellement. En contrepartie, bien peu de gens sont d’accord sur les manières de négocier employées par l’administration Trump jusqu’à maintenant.

Du côté de l’Union européenne, l’issue des négociations du Brexit [sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne] suscite beaucoup d’incertitudes et d’inquiétudes dans certains milieux économiques et financiers. Pourtant, quand on y regarde de plus près, l’Europe n’a jamais été aussi soudée à certains égards. On est encore loin de la réaction en chaîne que certains appréhendaient.

Dans ce contexte, quel rôle ou objectif principal pour la Conférence de Montréal ?

D’emblée, la perception et le niveau des incertitudes envers l’état de la mondialisation varient beaucoup selon les interlocuteurs, leur secteur d’activité et leur région ou pays d’origine dans le monde.

D’où l’intérêt de réunir le meilleur contingent possible lors d’un événement comme la Conférence de Montréal. Dans le but de faciliter les discussions et les prises de contact entre les gens d’affaires et les dirigeants gouvernementaux d’ici avec ces intervenants internationaux dans divers secteurs d’activités.

Pour cette édition 2018 de la Conférence, je me réjouis particulièrement que nous ayons encore pu diversifier nos conférenciers et panélistes invités.

Par exemple, nous avons plus de délégations provenant de pays africains dont l’émergence économique et industrielle demeure méconnue et sous-estimée dans les pays d’économie développée.

Par ailleurs, avoir encore cette année le procureur général adjoint des États-Unis, Rod Rosenstein, parmi nos conférenciers de marque est une très bonne « prise » pour la Conférence de Montréal, considérant le contexte judiciaire et politique tendu ces temps-ci à Washington (Conférence prévue aujourd’hui à 14 h 30).

Aussi, nous sommes très contents d’avoir attiré l’ex-secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon (2004-2016) pour une discussion en « tête-à-tête » devant auditoire avec Michael Sabia, le président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec (Conférence prévue mercredi à 16 h, dernière journée de l’événement).

Le propriétaire de La Presse, Power Corporation, est le principal partenaire et commanditaire corporatif de la société Forum économique international des Amériques, qui organise la Conférence de Montréal depuis 1994.

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