Annulation du Marathon de Montréal en 2017

Six mois plus tard, des coureurs attendent toujours leur argent

« Le Marathon de Montréal, pour moi, c’est fini. »

Cela fera bientôt six mois que Yann Laforest attend le remboursement d’un peu plus d’une centaine de dollars que lui promet l’organisation du Marathon. La course phare de 42,2 km prévue le 24 septembre dernier a été annulée en raison de la chaleur accablante. Si la plupart des coureurs ont été dédommagés depuis, certains n’ont toujours pas vu la couleur de leur argent.

Competitor Group, société californienne qui présente la série Rock’n’Roll, dont fait partie l’épreuve montréalaise, est propriétaire de la course depuis 2012.

« Je pensais faire le demi-marathon de Las Vegas, et peut-être celui de Chicago, mais comme c’est la même organisation, je n’irai pas les encourager », affirme M. Laforest.

La Presse s’est entretenue avec cinq coureurs et coureuses qui attendent que leur soient remis les frais d’inscription qui leur sont dus. À peu de choses près, leur expérience est la même. Hier, l’organisation n’était pas en mesure de nous confirmer combien de personnes étaient toujours dans cette situation. En janvier dernier, Radio-Canada estimait qu’elles étaient environ 250.

Après avoir appris que la course n’aurait pas lieu pour des raisons de sécurité, les coureurs se sont vu offrir trois options : une participation au demi-marathon, une inscription à une autre course de la série Rock’n’Roll ou encore un remboursement complet.

Comme bien d’autres, André Gagné a opté pour la troisième voie. Et l’attente a commencé.

« Après un mois, on m’a dit de faire preuve de patience », raconte celui qui espérait courir son quatrième marathon.

« Fin novembre, je n’avais toujours pas été remboursé, j’ai commencé à faire des suivis plus réguliers. Depuis janvier, je les relance aux deux semaines. Et j’en suis à recevoir des messages de réponse automatisés. »

« Rendu là, ce n’est pas la somme qui est importante. C’est une question de principe, de respect. »

— André Gagné

Dans un autre cas de figure qui nous a été rapporté, une dame explique avoir payé deux inscriptions, mais n’avoir reçu à ce jour qu’un seul remboursement.

« Tempête parfaite »

Selon Caroline Lavoie, porte-parole du Marathon de Montréal, une série de facteurs a contribué à créer une « tempête parfaite » pour l’organisation.

Le très important volume de remboursements à effectuer – une opération inhabituelle – s’est conjugué à la fermeture de la plateforme d’inscription Race It et aux bouleversements en haut lieu qui se sont produits chez Competitor Group. L’entreprise a en effet été achetée le printemps dernier par l’empire Ironman, propriété du conglomérat chinois Dalian Wanda.

Les coureurs qui communiquaient avec l’organisation du Marathon ont pu constater par eux-mêmes le changement de garde à travers leurs correspondances : après avoir envoyé un courriel, plusieurs ont reçu un message de confirmation automatisé, en anglais, envoyé par Ironman. Ce message en anglais sera toutefois « bientôt chose du passé », selon Mme Lavoie.

Celle-ci cite aussi en exemple les problèmes de remboursement auxquels ont fait face des participants qui s’étaient inscrits par l’entremise d’un tiers – notamment le site de rabais Groupon. Sur la page Facebook du Marathon, des personnes dans cette situation ont écrit avoir été remboursées au cours des dernières semaines.

La porte-parole évoque également d’autres « cas isolés » où le concurrent avait changé de carte de crédit, ce qui avait retardé le paiement. Les coureurs interrogés par La Presse assurent que ce n’est pas leur cas. Selon Mme Lavoie, toutes les personnes concernées auraient normalement dû avoir reçu leur argent à l’heure actuelle. Elle les invite à relancer l’organisation de nouveau.

« C’est dommage, car j’avais une relation affective avec le Marathon de Montréal, lance pour sa part la coureuse Yisel Sequedal. C’est là que j’ai fait mes meilleurs temps. Mais quand je reçois l’invitation pour 2018 alors que je n’ai toujours pas reçu mon chèque de 2017, ça ne me tente pas trop d’y aller… »

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