Critique

Le mélange tonique de Scotch & Soda

Scotch & Soda. On ne pouvait imaginer meilleur titre pour décrire ce spectacle tonique où musique et cirque s’imbriquent parfaitement l’un dans l’autre. Deux groupes d’artistes australiens – Company 2 et The Uncanny Carnival Band – qui mélangent leurs univers avec une euphorie contagieuse.

Dès l’ouverture, ce sont les musiciens qui s’avancent avec leurs instruments. Clarinette, trombone, saxophone, contrebasse, guitares, batterie… À huit musiciens, ça commence à ressembler à un big band. Après quelques notes, notre petit doigt nous dit qu’on ne s’ennuiera pas. « Never a dull moment », comme disent les Croates.

Mais n’allez pas croire que ces aficionados du jazz jouent tranquillement dans un coin de la scène. Ils forment la matière première de Scotch & Soda. Non seulement ils ont leurs propres numéros musicaux, mais ce sont aussi eux qui rythment activement le volet acrobatique de ce spectacle festif qui mélange sans complexe le jazz et le burlesque.

On est loin du cabaret de cirque classique, où les numéros acrobatiques se suivent de façon linéaire. Il y a dans Scotch & Soda une mise en scène inventive où musiciens et acrobates se passent le témoin impétueusement, en enchaînant les numéros conçus ensemble, avec adresse, humour et folie.

Un mot sur ces jeunes acrobates de C2 : ce n’est pas qu’ils réinventent la roue, mais ils ajoutent chaque fois une petite touche bien à eux qui donne du panache aux numéros. La petite tranche de lime de ce verre de scotch & soda, si vous voulez. Acrobaties au sol, équilibres, trapèze, corde lisse, sangles, planche sautoir, ils sont fougueux, agiles et polyvalents.

Mention spéciale pour les nombreux duos de Kate Muntz et de David Carberry – qui a également mis en scène le spectacle. Ces deux interprètes charismatiques ont fait un effet bœuf avec leurs chorégraphies acrobatiques. Tout comme James Kingsford Smith, dans son rôle de « bad boy », qui a mis le feu avec son numéro de sangles aériennes.

Les musiciens ne sont pas en reste. Lucian McGuiness, que l’on retrouve au piano, au trombone, au tuba et au cornet, et qui a composé la musique de Scotch & Soda, a un numéro hilarant avec son ukulélé. Sans parler du batteur, qui réussit un numéro d’adresse qui mêle batterie et jonglerie.

Décidément, les Australiens ont volé la vedette de ce festival – avec l’excellente pièce Backbone de la compagnie Gravity & Other Myths. Deux spectacles que nous vous recommandons. Sans oublier le duo argentin d’Il Poyo Rojo, du théâtre physique brillant pour les amateurs d’humour absurde. Vous ne verrez pas ce genre de performance très souvent.

Jusqu’au 21 juillet au Théâtre St-Denis

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