Chronique

Que les meilleurs gagnent !

Pas de scandale électoral à Révolution. Les deux meilleurs danseurs de la compétition de TVA, Janie et Marcio, ont remporté les 100 000 $ dimanche soir dans une finale où l’émotion a été mieux dosée, moins jetée au visage des téléspectateurs.

Cet ultime épisode, plus compact, a enfilé les numéros originaux et variés, comme la prestation de Samuel Cyr sur une bâche blanche recouverte de peinture multicolore. Son moment révolution, en équilibre sur un doigt, a été un des plus réussis de la soirée.

La jeune troupe Krankyd, établie dans la couronne nord de Montréal, n’a pas à rougir non plus. Son superbe moment révolution, articulé autour d’un trône géant, a exigé un niveau de synchronisation hyper élevé.

Entre la demi-finale et la finale, le duo des deux Alex a perdu une composante importante : un des deux Alex. Retenu par un contrat à l’extérieur du pays, Alexandre Carlos, 29 ans, a quitté l’émission de TVA, abandonnant son partenaire Alexandre Francoeur, 26 ans, seul sur la scène circulaire.

Et en solo, Alex Francoeur a davantage peiné et la magie n’a pas opéré. C’est la première fois qu’un concurrent démissionne de Révolution comme ça, si près du fil d’arrivée. Comme téléspectateur, c’était étrange comme feeling, d’autant plus que les deux Alex avaient brillé si fort la semaine dernière.

Les deux couples catapultés en grande finale n’auraient pas pu être plus dissemblables. D’un côté, la salsa endiablée et les paillettes dorées des flamboyants Samantha et Adriano, 24 ans. De l’autre, la douceur poétique et la sobriété de Janie, 32 ans, et Marcio, 29 ans. Deux styles complètement opposés, autant vestimentaires qu’artistiques.

Les maîtres ont couronné Janie Richard et Marcio Vinicius Paulino Silveira pour leur grâce, leur finesse et leur souplesse, un choix difficilement contestable. Leur parcours à Révolution a été jalonné de notes quasi parfaites, toutes méritées.

Même s’il s’agit d’un concours avec de l’argent à la clé, Révolution véhicule un inspirant message d’ouverture, de tolérance et de persévérance. C’est rafraîchissant de voir des participants d’une téléréalité s’encourager plutôt que de se rabaisser.

Pour la prochaine saison, ce serait sympathique d’arrêter de montrer aussi souvent les maîtres (oh ! ah ! chihuahua !) pendant les performances. On a toujours l’impression de rater des portions de la chorégraphie. Les danseurs méritent toute l’attention pendant leurs deux minutes sous les projecteurs. Le tour des maîtres viendra bien assez vite.

Parlant des maîtres, ils font du beau boulot. On ne changera pas Jean-Marc Généreux, un enthousiaste branché en permanence sur le 220 volts. J’aime l’énergie et l’honnêteté des Twins, tandis que Lydia Bouchard a l’œil bien aiguisé, même si elle abuse parfois des métaphores poético-songées.

À titre d’égérie, Sarah-Jeanne Labrosse s’acquitte bien du rôle de marraine qui lui a été confié. Je radote, mais je préférerais que les producteurs de Révolution demandent à Sarah-Jeanne Labrosse d’animer à « temps plein », comme Cat Deeley à So You Think You Can Dance, par exemple.

Cat Deeley encadre les candidats et gère aussi son plateau de télévision. L’un n’empêche pas l’autre. Dans les moments stressants, ça prend une animatrice pour encaisser la pression et diriger le trafic, ce qui évite des moments de flottement. Ça devient un service essentiel.

trafic En hausse

Aux audimètres de Numeris, Révolution a intéressé 1 369 000 personnes, en hausse de 102 000 en comparaison avec l’an passé. Le trafic télévisuel était dense dimanche soir, ce qui aurait sans doute fait dire « oyoyoye » au chroniqueur Yves Desautels dans son hérisson.

Le match du Canadien contre les Bruins de Boston a été suivi par 601 000 fans. À Radio-Canada, Tout le monde en parle a intéressé 952 000 curieux. Le grand plateau de Guy A. Lepage cédera sa case au gala Les Olivier dimanche et reviendra en ondes le 19 janvier. De retour à TVA, Studio G a dégringolé à 613 000 adeptes.

Chez V, la finale d’Occupation double a vissé 868 000 personnes devant leur téléviseur, comparativement à 675 000 en 2018, où Catherine et Andrew, l’ennuyeux couple feu de paille, avait remporté le micro-loft Bonneville au lac Carling.

Selon mes taupes, le vote pour le couple gagnant (Trudy et Math Robi) a été très serré. Claudie et Mathieu auraient terminé au deuxième rang, tandis que les deux athlètes à la fibre compétitive, Kiari et Alex-Anne, ont pris la troisième place du podium. Vraiment, « c’était bon cette année ». Sortez le popcorn pour Karl. Et pour nous aussi !

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