Coupe Dunsmore

Le meilleur contre le meilleur

Ce sont les deux meilleures équipes au Québec, peut-être même au Canada, qui s’affrontent aujourd’hui à Québec en finale de la Coupe Dunsmore. Et au cœur de ce choc au sommet, les deux meilleurs joueurs de la saison, le quart-arrière Hugo Richard du Rouge et Or de l’Université Laval et le demi défensif Marc-Antoine Dequoy des Carabins de l’Université de Montréal, vont se livrer un duel personnel dont l’issue pourrait bien être déterminante.

Respectivement nommés hier joueur par excellence du RSEQ et joueur défensif de l’année, Richard et Dequoy étaient évidemment fiers de leur saison, mais ils ont insisté pour partager l’honneur avec tous leurs coéquipiers.

« Ce qu’on veut vraiment, c’est le gros trophée qui sera remis demain », a précisé Dequoy, avant d’ajouter : « Ce n’est pas étonnant de voir Hugo remporter à nouveau le titre de joueur par excellence. C’est un vétéran de cinquième année, on connaissait ses capacités au début de l’année et on ne s’attendait à rien de moins de sa part.

« Nous aurons la même préparation que lors des derniers matchs. L’important sera de respecter notre plan de match et de nous concentrer sur ce qu’on fait bien. Si on fait ça, nous avons bon espoir de sortir de là victorieux. »

Des conditions météo difficiles

Richard n’a lancé que deux interceptions, cette saison, toutes deux lors du dernier match contre les Carabins en saison régulière, et Dequoy avait réussi l’une d’elles, en plus de récupérer un ballon échappé pour un touché. Ces revirements avaient bien failli coûter le match au Rouge et Or, finalement vainqueur en prolongation.

Le quart-arrière étoile ne l’a pas oublié et il sait qu’on annonce des conditions météorologiques difficiles pour le match d’aujourd’hui. « La règle d’or dans une finale, c’est d’éviter les erreurs, a-t-il souligné. Des revirements, des assignations manquées, ce sont des choses qui peuvent nous faire extrêmement mal contre une défensive comme celle des Carabins.

« Justin [Éthier, coordonnateur de l’attaque du Rouge et Or] dit souvent qu’on vit toujours pour le prochain jeu. Mon rôle est avant tout de prendre les décisions qui vont placer l’équipe dans une bonne position, que ce soit pour la possession du ballon ou la position sur le terrain, sans prendre de risque, quitte à jouer de façon conservatrice parfois, afin que l’équipe en bénéficie. »

Joueur par excellence au Québec pour la troisième fois en cinq saisons, Richard a souligné combien il avait gagné en maturité depuis ses débuts en 2014. Son entraîneur-chef en avait long à dire à ce sujet.

« Sa plus grande progression en cinq ans, c’est en tant que meneur d’hommes qu’il l’a accomplie, a estimé Glen Constantin. À ses premières saisons, quand il s’adressait à ses coéquipiers, ça sortait souvent tout croche. Aussi, son body language n’était pas bon. On s’en est parlé et il a vraiment travaillé fort pour corriger ça. Il est devenu un grand meneur et vient de connaître une saison exceptionnelle. »

Finale de la Coupe Dunsmore

Montréal c. Laval, stade Telus du PEPS, 14 h

Les lauréats

Joueur par excellence du RSEQ : Hugo Richard, quart-arrière, Laval

Joueur défensif de l’année : Marc-Antoine Dequoy, Montréal

Recrue de l’année : Vincent Forbes-Mombleau, receveur, Laval

Joueur de ligne de l’année : Mathieu Betts, ailier défensif, Laval

Leadership et engagement social : Jérémie Lardi, Sherbrooke

Entraîneur de l’année : Glen Constantin, Laval

Recrue offensive de l’année : Anthony Vandal, bloqueur, Sherbrooke

Recrue défensive de l’année : Maxym Lavallée, demi défensif, Laval

Joueur des unités spéciales de l’année : Louis-Philippe Simoneau, Montréal

Entraîneur adjoint de l’année : Peter Regimbald, Concordia

Ailleurs au Canada

C’est aussi aujourd’hui que seront disputées les finales dans les trois autres conférences du football universitaire canadien. À Halifax, les Huskies de St. Mary’s, champions de la saison régulière, affronteront les X-Men de StFX et le vainqueur affrontera les champions du Québec, sur le terrain de celui-ci, samedi prochain en finale de la Coupe Uteck. En Ontario, les Mustangs de Western, champions en titre de la Coupe Vanier, recevront les Gryphons de Guelph, alors que dans l’Ouest, les Dinos de Calgary affronteront les Huskies de la Saskatchewan. Les gagnants de ces matchs s’affronteront en finale de la Coupe Mitchell, samedi prochain, sur le terrain du champion de l’Ontario.

Loney Bowl : StFX c. St. Mary’s, 13 h

Coupe Yates : Guelph c. Western, 13 h

Coupe Hardy : Saskatchewan c. Calgary, 15 h

Football universitaire

L’analyse des entraîneurs

À l’exception de leurs deux affrontements, le Rouge et Or et les Carabins ont largement dominé tous leurs matchs, cette saison, contre Concordia, McGill et Sherbrooke. Nous avons donc interrogé les entraîneurs-chefs de ces trois équipes sur les forces des deux finalistes.

Mathieu Lecompte, Vert & Or de Sherbrooke

« On retrouve de super bons athlètes du côté de l’UdeM, des joueurs très athlétiques, alors que du côté de l’Université Laval, il faut insister sur la stabilité, au chapitre du personnel d’entraîneurs notamment, où ils ont beaucoup d’expérience en séries. Ce sera serré et j’aime mieux ne pas trop m’avancer, préférant me laisser surprendre par le résultat. »

Ronald Hilaire, Redmen de McGill

« Ce sont deux formations extrêmement bien dirigées, qui ont beaucoup joué l’une contre l’autre au cours des années et qui connaissent très bien leurs forces et leurs faiblesses. Ça va être un match où il ne faudra pas commettre d’erreurs. Quand tu regardes la défense des Carabins, qui est très coriace et peut justement forcer ses adversaires à faire des erreurs, quand tu vois l’attaque du Rouge et Or, qui est bien rodée et où Justin Éthier fait un travail phénoménal pour appeler le bon jeu au bon moment, c’est difficile de ne pas penser que ce sera une partie d’échecs où, à la fin, le vainqueur sera celui qui aura commis le moins d’erreurs. »

Brad Collinson, Stingers de Concordia

« Les deux équipes sont bien dirigées et on voit chaque fois qu’on joue contre l’une ou l’autre la différence dans la qualité de leur jeu. Il n’y a pas grand-chose entre elles et ça risque encore de se jouer en fin de match. Ce sont de grosses équipes en défense et ça compte encore plus en séries. L’équipe qui va être capable de courir avec le ballon va avoir un avantage, en contrôlant le chronomètre, mais aussi au plan stratégique. »

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