OPINION

Le mont Royal, un joyau à protéger 

Au moment où est relancée la consultation publique sur les voies d’accès au mont Royal (Camillien-Houde/Remembrance), nous continuons d’appuyer l’administration montréalaise dans sa volonté de réduire la place de l’automobile sur la montagne, notamment par l’interdiction de la circulation de transit par la voie Camillien-Houde et le chemin Remembrance. 

Bien qu’il y ait des améliorations à apporter au projet-pilote qui s’est terminé le 31 octobre dernier, ce temps de pause a tout de même confirmé l’importance de revenir à l’idée qu’avait Frederick Law Olmsted, en 1874, lorsqu’il a réalisé les plans du parc du Mont-Royal, c’est-à-dire que ce parc soit l’occasion de vivre une expérience en harmonie avec la nature et les paysages qui permettent de charmer l’âme du promeneur.

Une vision qui, selon Olmsted, traduisait une fonction thérapeutique de la nature sur l’humain. Mais avec plus de 10 000 véhicules qui l’empruntaient quotidiennement (avant le projet-pilote de l’été dernier) et 137 collisions recensées au cours des cinq dernières années, les temps ont bien changé. 

Le mont Royal a fait les frais de multiples décisions d’aménagement, reflets d’une ère du « tout à l’auto » accordant peu de place à la préservation des paysages, à la conservation du milieu naturel et à la sécurité des gens qui se déplacent autrement qu’en voiture. 

Les recommandations du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) nous obligent à revoir, entre autres, nos modèles de développement urbain et de mobilité, et à la veille de l’adoption d’une stratégie Vision zéro (morts et blessures graves sur nos routes et dans nos rues) par la Ville de Montréal, une diminution de la place de l’auto sur le mont Royal est tout indiquée. 

Une oasis au cœur DE Montréal

Icône incontournable du paysage montréalais, la montagne offre une oasis de paix au cœur de la ville, tant pour les espèces animales et la flore qui y vivent que pour les Montréalais et les touristes qui la visitent. Le mont Royal est un lieu privilégié pour pratiquer de multiples activités de plein air, un refuge lors des périodes de canicule et un site d’éducation et de sensibilisation à la biodiversité et à l’histoire de Montréal pour tous les visiteurs. 

Au cours des consultations publiques actuellement menées, nous faisons valoir l’importance que des mesures concrètes et à court terme soient prises pour diminuer la place de l’automobile sur le mont Royal au profit d’un meilleur accès en transports collectifs, à pied et à vélo. Nous proposons que la voie Camillien-Houde, le chemin Remembrance et les rues et boulevards environnants soient redessinés afin d’assurer la sécurité et la cohabitation des usagers les plus vulnérables, et cela, dans un souci de préservation de la biodiversité des lieux.

Signataires : Karel Mayrand, Fondation David Suzuki ; Sophie Paradis, WWF-Canada ; Alain Branchaud, Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP Québec) ; Suzanne Lareau, Vélo Québec ; Jeanne Robin, porte-parole de Piétons Québec ; Sylvain Perron, Mouvement ceinture verte ; Catherine Gauthier, ENvironnement JEUnesse (ENJEU) ; Christian Savard, Vivre en ville

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