Voyage

Coup de cœur pour le Québec

Plusieurs avaient prévu de passer les vacances estivales sous d’autres cieux. La COVID-19 les a forcés à revoir leurs plans pour partir plutôt à la (re)découverte du Québec. Et ils en sont revenus charmés. Nous avons demandé à nos lecteurs de présenter leurs coups de cœur dans cette province si belle à visiter, pandémie ou pas.

Le phare de Pointe-des-Monts

Nicolas Jean l’avoue d’emblée : sans la COVID-19, il n’aurait certainement pas voyagé sur la Côte-Nord cet été. Le résidant de Rosemère et son conjoint planifiaient plutôt un séjour en Nouvelle-Écosse… La Côte-Nord ? Ils n’y avaient jamais mis les pieds. « On avait besoin de nature et d’éloignement et on s’est dit que les paysages pouvaient ressembler à ceux des Maritimes ! » Le voyage s’est donc organisé à la dernière minute. Sur place, le charme a opéré. « Nous sommes restés 15 jours et à la fin, nous étions tristes de partir. C’était vraiment magique ! On voyait des baleines matin, midi et soir. La nature est très bien préservée et très généreuse. On a mangé des fruits qu’on ne connaissait pas, des catherinettes. C’était génial ! On gardera ces paysages en tête longtemps dans l’espoir de pouvoir y retourner dès que possible… »

Le couple, qui voyageait avec son chien, avait loué un petit chalet rustique, tout en bois rond, à Pointe-des-Monts, à une trentaine de minutes de Baie-Trinité. « Le paysage entre ciel et mer est à couper le souffle ; il change en permanence au rythme des marées et de la lumière. De nombreuses balades sont possibles dans les environs et on peut visiter le deuxième plus vieux phare du Québec. Son histoire est riche et passionnante ! Le phare abrite d’ailleurs un musée très intéressant à visiter. Les plus aventureux pourront même tenter la baignade dans une eau fraîche, mais ô combien énergisante ! »

La Restigouche en famille

Originaire de la péninsule gaspésienne, Vanessa a décidé de vivre une partie du confinement dans sa région natale en compagnie de ses deux enfants, âgés de 7 et 10 ans. Deux mois d’air salin pour remplacer un été qui se serait autrement passé sur le carré de gazon de la maison à Ottawa.

Parmi les souvenirs à marquer d’une pierre blanche de ces deux mois gaspésiens : la descente de la rivière Restigouche en canot avec l’entreprise Aventure Restigouche. « J’avais fait cette descente avec toute ma famille alors que j’avais 14 ans : avec mes oncles, mes tantes, mes cousins, on était partis dans 15 canots ! C’était un de mes plus beaux souvenirs d’enfance et je voulais que mes enfants vivent cela, raconte Vanessa. Par contre, j’avais peur qu’ils en aient assez après une heure dans un canot. Au contraire, ils ont adoré. On a vu un aigle à tête blanche, des gros saumons dans le fond de la rivière… On a aussi pu s’arrêter pour pique-niquer. Après le printemps qu’on a eu, cette journée sur l’eau nous a fait du bien. »

Dans un avenir pas trop éloigné, elle espère revenir sur la rivière Restigouche cette fois pour étirer la descente sur deux jours. En famille, toujours.

Le bout du monde est en Abitibi

Michel Delorme a profité de l’été pour explorer sa région d’adoption, c’est-à-dire l’Abitibi. Pour ce faire, ce résidant de Destor (Rouyn-Noranda) et sa compagne, Virginia Pesemapeo Bordeleau, se sont rendus aussi loin que le bout du monde !

« Notre coup de cœur a été La Reine, dit M. Delorme. À la frontière du Québec et de l’Ontario, ce beau village de l’Abitibi-Ouest est situé à 30 km de La Sarre et s’identifie comme le bout du monde. » Pourquoi ? Virginia Pesemapeo Bordeleau, écrivaine d’origine crie et métisse, explique : « C’est le bout de la route ! Pour continuer plus loin, il faut prendre un canot et traverser la rivière La Reine, qui coule vers le grand lac Abitibi ! Ce n’est pas une route où on passe par hasard, il faut une raison pour y aller. Moi qui suis originaire de la région et n’habite pas très loin de La Sarre, c’était seulement la deuxième fois de ma vie que j’y allais ! J’ai découvert un très joli village. »

Virginia Pesemapeo Bordeleau avait été invitée à La Reine pour faire la lecture d’un conte autochtone devant les Portes du bout du monde, un site touristique qui rappelle l’isolement de ce village qui compte malgré tout parmi les plus anciens de l’Abitibi. « Le village a été fondé pendant les premières vagues de colonisation et a célébré ses 100 ans en 2017, dit M. Delorme. Il y a plusieurs écriteaux qui rappellent l’histoire du village. » Au retour, le couple a décidé de s’arrêter à La Sarre pour admirer la sculpture d’un percheron, signée Jacques Baril. « Elle témoigne superbement de la force et de la détermination des gens d’ici », estime Michel Delorme.

Dans les Laurentides, le long de la Rouge

Cet été, Nadine Homier tenait à parcourir 30 km en kayak sur la rivière Rouge. La COVID-19 a failli contrecarrer ses plans, puisque les entreprises qui offrent d’ordinaire le service de navette fonctionnaient à capacité réduite. Qu’à cela ne tienne ! Cette résidante de Rosemère a convaincu une amie de l’accompagner dans un parcours qu’elle allait elle-même concevoir.

« Ce n’était pas si simple. Il fallait trouver des endroits pour mettre les kayaks à l’eau, vérifier s’il y avait des rapides dans le secteur. Il m’a fallu une bonne semaine de recherche ! En plus, nous avions besoin de deux voitures, une au début, l’autre à la fin du parcours. » Les deux kayakistes sont finalement parties à la fin de juillet pour ce tracé navigable qui allait du parc des Canotiers, à L’Ascension, jusqu’à un stationnement public face à l’école du Méandre, dans la ville de Rivière-Rouge. L’aventure a été à la hauteur de leurs attentes : une descente, « paisible et sinueuse », une petite section de rapide R2 « pour un soupçon d’adrénaline » et de nombreuses plages de sable où s’arrêter.

« Il faut toutefois vérifier attentivement avant de planter sa tente, car certaines plages sont privées. Mais une fois bien installé, on ne peut que savourer la quiétude des lieux et la vue qu’offre le balcon de son hôtel 5 (milliards d’)étoiles. »

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