Cour suprême des États-Unis

Une centaine de collègues de Barrett la prie de geler sa nomination

La nomination controversée d’Amy Coney Barrett comme candidate à la Cour suprême des États-Unis provoque des réactions jusqu’à son lieu d’enseignement.

Quatre-vingt-quinze membres du corps professoral de l’Université de Notre-Dame, où Amy Coney Barrett enseigne depuis 2002, ont déclaré cette semaine qu’elle devrait demander l’arrêt de sa nomination jusqu’au jour de l’élection, le 3 novembre.

« La politique de votre nomination, comme vous le comprenez sûrement, enflammera davantage nos déchirements civiques, érodera la confiance du public envers la Cour suprême et creusera davantage le fossé entre les citoyens ordinaires », lit-on dans la lettre, qui souligne que l’élection est en cours et que des millions d’Américains ont déjà voté.

Les signataires sont rattachés aux départements de sciences politiques, de sociologie, d’histoire, de même qu’à la faculté de droit, où enseigne Amy Coney Barrett.

Cette demande survient alors qu’Amy Coney Barrett était questionnée pour la troisième et avant-dernière journée par les membres du comité judiciaire du Sénat.

Comme elle l’avait fait durant les deux journées précédentes, Mme Barrett a surtout évité de se prononcer sur des enjeux-clés, comme le droit à l’avortement, les droits des minorités sexuelles, le port d’armes à feu, ou encore si le président des États-Unis avait le droit de se pardonner lui-même pour différents crimes – une éventualité sans précédent dans l’histoire américaine, et souvent évoquée par Donald Trump.

Assurée dans ses réponses, Mme Barrett a toutefois glissé lorsque le sénateur républicain Ben Sasse, du Nebraska, lui a demandé de nommer les cinq droits protégés par le premier amendement de la Constitution.

« Liberté d’expression, de religion, de la presse, d’assemblée… Je ne sais pas, lequel me manque-t-il ? »

« Liberté de manifester », a répondu le sénateur.

Des « non-réponses »

La sénatrice Elizabeth Warren a quant à elle dit croire que le refus de Mme Barrett de répondre aux questions des sénateurs donne un avant-goût des décisions qu’elle prendra si elle devait être confirmée par le Sénat.

« Ne vous y trompez pas : ses non-réponses sont aussi des réponses, a-t-elle dit. Ce sont des réponses sur des valeurs qu’elle ne défendra pas, des droits qu’elle ne protégera pas et des croyances extrémistes qu’elle ne condamnera pas. »

Interrogée par la sénatrice Kamala Harris, Mme Barrett a refusé de reconnaître le consensus scientifique international au sujet de la menace posée par les changements climatiques, qualifiant cet enjeu de « sujet politique controversé ».

« Merci, juge Barrett, et vous avez clairement indiqué que vous croyez qu’il s’agit d’un point dont on peut débattre. »

— Kamala Harris, sénatrice démocrate et colistière de Joe Biden

Une analyse de l’Université de Virginie a montré que Mme Barrett est la juge la plus conservatrice des 14 juges de la Cour d’appel des États-Unis pour le septième circuit, où elle siège depuis 2017.

À moins d’une surprise, l’approbation de la nomination de Mme Barrett par le Sénat devrait avoir lieu au cours des prochaines semaines.

Le comité judiciaire du Sénat a prévu un vote pour approuver sa nomination ce jeudi – avant même la fin de ses audiences de confirmation.

La nomination de Mme Barrett devrait être soumise à un vote lors de cette réunion, puis retardée d’une semaine, conformément aux règles du comité.

Si cela se produit comme prévu, le comité dirigé par les républicains voterait alors pour approuver sa nomination le jeudi 22 octobre. Un vote de confirmation final au Sénat pourrait avoir lieu dans la semaine du 26 octobre.

— Avec l’Agence France-Presse

Un duel, deux chaînes, deux États-clés

Le président américain Donald Trump participera jeudi soir à un échange avec les électeurs sur la chaîne télévisée NBC, au moment même où son rival démocrate fera la même chose sur la chaîne ABC.

Les deux adversaires de l’élection présidentielle du 3 novembre devaient initialement se retrouver ce jeudi pour leur deuxième débat. Mais le rendez-vous a finalement été annulé, le président américain ayant refusé de participer au « débat virtuel » proposé par la commission organisatrice.

Le président républicain fera face à des électeurs pendant une heure en Floride, tandis que son adversaire démocrate se pliera au même type d’exercice dans son État natal de Pennsylvanie. Ces deux États-clés ont été remportés par M. Trump en 2016 et devraient jouer un rôle central sur l’issue du scrutin du 3 novembre.

Donald Trump et l’animateur respecteront la distanciation physique, et les participants venus poser des questions au locataire de la Maison-Blanche porteront des masques, a précisé NBC.

Le Dr Anthony Fauci, l’un des principaux experts du gouvernement américain sur le coronavirus, a confirmé que le président « ne transmettait plus de virus infectieux », a précisé NBC.

Ces annonces surviennent alors que Barron Trump, fils de Donald et Melania Trump, a lui aussi été déclaré positif à la COVID-19.

De retour devant les foules

Désormais rétabli, se disant même « immunisé », le président américain a retrouvé avec délectation les foules dès lundi. Floride, Pennsylvanie, Iowa : il a enchaîné trois meetings en trois jours.

Mercredi, particulièrement virulent contre son adversaire, Donald Trump a accusé Joe Biden d’être « un politicien corrompu », lors d’un rassemblement à Des Moines, dans l’Iowa. « Il ne devrait même pas être autorisé à se présenter comme candidat » à la Maison-Blanche, a-t-il taclé.

Après un voyage dans l’Ohio lundi puis en Floride mardi, le vice-président de Barack Obama n’avait qu’une levée de fonds en ligne à l’agenda, mercredi.

Face aux électeurs

Tradition politique américaine, le « town hall » est une émission télévisée, en direct, pendant laquelle un panel d’électeurs, sous la supervision d’un modérateur, interroge un candidat.

Les audiences de ces deux rendez-vous, ce jeudi, seront particulièrement attendues avant d’être comparées alors que l’immense majorité des sondages donnent Joe Biden gagnant.

Pour des raisons sanitaires, par crainte que M. Trump soit encore contagieux, la commission indépendante chargée d’organiser les débats avait initialement décidé que celui-ci serait virtuel.

Un format catégoriquement refusé par le tempétueux dirigeant, qui s’était fait remarquer en interrompant constamment, et avec agressivité, l’ancien vice-président de Barack Obama lors du premier débat fin septembre.

Le troisième débat est toujours prévu le 22 octobre à Nashville, dans le Tennessee.

La revue Nature se lâche contre Trump et appuie Biden

La revue scientifique Nature a annoncé mercredi son soutien à Joe Biden dans la course à la Maison-Blanche, descendant en flamme Donald Trump, accusé de s’être employé à « abattre un système » destiné à protéger les citoyens. « Aucun autre président dans l’histoire récente n’a essayé à ce point de politiser les agences gouvernementales et de les purger de l’expertise scientifique. Les actions de l’administration Trump accélèrent le changement climatique, rasent la nature, souillent l’air et tuent la vie sauvage – ainsi que des humains », écrit la revue dans un éditorial cinglant. La publication avait exprimé sa préférence pour Barack Obama en 2012 et pour Hillary Clinton en 2016, mais de façon moins incisive.

— Agence France-Presse

Le New York Post s’insurge contre le blocage d’un article controversé

Le New York Post et Donald Trump se sont insurgés mercredi contre les mesures prises par Facebook et Twitter pour limiter le partage en ligne d’un article controversé du quotidien sur le candidat démocrate à la Maison-Blanche, Joe Biden. Le journal conservateur a publié des courriels qui auraient été récupérés illégalement sur un ordinateur appartenant à Hunter Biden, fils de l’ex-vice-président de Barack Obama. Ces messages relancent des accusations lancées contre Joe Biden par le camp de Donald Trump, selon qui il aurait aidé le groupe gazier ukrainien Burisma à échapper à des enquêtes pour corruption. L’un des dirigeants de Facebook, Andy Stone, a mis en doute la véracité de ces messages et annoncé que les informations du quotidien allaient faire l’objet d’une vérification. En attendant ses résultats, leur visibilité serait réduite sur la plateforme, a-t-il indiqué. Twitter a également confirmé avoir bloqué la diffusion des informations du quotidien parce que leur contenu avait été piraté. Dans un éditorial, le quotidien a dénoncé la « censure de Facebook pour aider la campagne de Joe Biden ». Donald Trump a quant à lui réagi sur Twitter. « [C’est] si affreux que Twitter et Facebook aient retiré l’article sur les courriels “armes du crime” liés à Joe Biden l’endormi et son fils, Hunter, dans le New York Post. »

— Agence France-Presse

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