scandales d’Agressions sexuelles

Rencontre au sommet entre le pape et des archevêques américains

Le pape a sorti l’artillerie lourde cette semaine pour faire face aux multiples crises d’agressions sexuelles commises par des prêtres en Europe et dans les Amériques. En plus d’avoir convoqué les présidents des conférences épiscopales de partout dans le monde en février, il a rencontré d’urgence hier à son palais épiscopal quatre archevêques américains.

Visite apostolique

Annoncée avec tambours et trompettes mercredi, un mois après avoir été réclamée par le chef des évêques américains, Daniel DiNardo, archevêque de Houston, la rencontre entre le pape et quatre archevêques américains n’a finalement pas généré d’annonce marquante. « C’est un peu décevant », explique Thomas Reese, un jésuite qui enseigne à l’Université Georgetown, en entrevue depuis le congrès annuel de l’Association des journalistes religieux américains en Ohio. « DiNardo avait demandé à la mi-août une visite apostolique, une enquête sur la gestion des violences sexuelles par les diocèses américains. Il n’en a pas été question publiquement hier. Je crois que le pape veut se garder de la marge de manœuvre jusqu’à la rencontre avec les évêques du monde entier en février. S’il y a une visite apostolique à cause du cardinal McCarrick, ça crée un précédent. »

Un cardinal démissionnaire

Theodore McCarrick a été l’archevêque de Washington avant de prendre un rôle officieux dans les relations avec les mondes politique et industriel américains, en 2006. En juillet dernier, il est devenu le premier cardinal depuis 1927 à démissionner du Collège des cardinaux, qui élit le pape lors des conclaves, après des accusations d’agressions sur un enfant de chœur à la fin des années 60.

« Il circulait depuis longtemps parmi les journalistes des rumeurs sur des relations de McCarrick avec des séminaristes, de jeunes adultes, mais rien n’avait été prouvé, dit le père Reese. Ç’a aurait été un bris de la chasteté et aussi potentiellement un abus de pouvoir. Ici, c’est différent, on parle de pédophilie. »

Les accusations concernant les séminaristes ont été relancées en août par un ancien nonce apostolique (ambassadeur) du Vatican à Washington, Carlo Maria Viganò, qui a accusé une trentaine de membres de haut rang du Vatican, dont le pape et le cardinal Marc Ouellet, d’avoir couvert le cardinal McCarrick à ce sujet. À noter, une vidéo d’un hommage de Mgr Viganò à Theodore McCarrick, en 2014, circule depuis quelques semaines et semble le discréditer.

Une rencontre importante

Comme il est président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, c’est Lionel Gendron, évêque de Longueuil, qui se rendra à Rome en février pour la rencontre spéciale avec le pape. « C’est assez fort comme message », explique Philippe Vaillancourt, rédacteur en chef de Présence, un média spécialisé en information religieuse pour le Québec. « Rares sont les rencontres du pape avec des évêques de tous les pays, sur un thème précis, qui sont annoncées avec aussi peu de préavis. »

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