Journée des grands-parents

Une famille tissée serré

Pour la Journée des grands-parents, célébrée aujourd’hui, voici un portrait d’une famille pas comme les autres

« Il lui manque des grands-parents… » Cette réaction confuse ne surprend plus Magali et Michel lorsqu’ils parlent de leur petit-fils, Antoine. Pas plus que l’air interloqué que prennent souvent les personnes à qui ils expliquent qui sont les parents d’Antoine : Maude, la fille de Magali, et… Nicholas, le fils de Michel. Ajoutez à cela qu’ils habitent tous le même duplex, et il faut quand même un moment pour démêler le tout.

« Quand j’en parle, je clarifie tout de suite : “Mais ils n’ont pas grandi ensemble ! Ils se sont connus adultes, habitaient chacun de leur côté”. Je ne sais pas si c’est parce que j’imagine que les gens ont des arrière-pensées, ou si c’est moi qui sens le besoin de le préciser. Mais disons qu’une fois expliqué, ça sonne moins weird », décortique Michel Bertrand. 

Pas d’étincelles… au départ

Quand Magali et Michel se sont connus il y a 10 ans, comme toute famille reconstituée, ils espéraient que leurs enfants s’entendent bien. Maude et Nicholas avaient 20 ans et bâtissaient leur vie chacun de leur côté, étaient tous deux en relation amoureuse, se voyaient en de rares occasions et n’étaient finalement demi-frère et demi-sœur que par appellation.

« Non, on n’a pas eu d’étincelles à la première rencontre », démonte Maude Giroux en regardant Nicholas Serravalle (il porte le nom de sa mère), comme pour valider. « Moi non plus, désolé », répond-il en riant. Puis, il y a eu le temps des Fêtes 2014…

« Nos parents nous ont tous amenés en voyage de famille à San Andrés, en Colombie. Disons que ç’a commencé en voyage », disent-ils en échangeant un regard complice. « Ma mère, c’est ma mère… Elle a bien senti qu’il se passait quelque chose. Michel, lui, n’a rien vu ! », raconte Maude.

« Je l’ai deviné », confirme Magali.

Les parents ne s’en cachent pas, ils étaient loin d’être emballés par l’idée, pour ne pas dire fâchés contre leurs enfants. Tous deux pensaient au pire et craignaient pour l’avenir de la famille.

« En revenant, je suis allée déjeuner avec ma fille, raconte Magali Miqueu. Je lui ai bien dit que Michel, c’était l’homme avec qui je finirais ma vie. Et que jamais ils ne pourraient nous imposer de choisir entre l’un ou l’autre, à Noël par exemple, si ça ne fonctionnait pas. »

Non seulement l’amour tropical a résisté à l’hiver, mais il perdure depuis. Il s’est même multiplié au printemps 2017 avec l’arrivée d’Antoine.

« C’est son petit-fils, mais c’est le mien aussi. Antoine, c’est l’enfant qu’on n’a jamais eu, Michel et moi. »

— Magali Miqueu, mère de Maude Giroux et grand-mère d’Antoine Serravalle

Famille soudée

Il y a de ces familles que l’on dit tissées serré, et celle-là est difficile à battre. Maude et Magali ont travaillé ensemble, même chose pour Nicholas et son père. Plus encore, la grande famille partage un duplex depuis un an et demi. Les parents en bas, les grands-parents en haut. Situation idéale pour la famille atypique.

« Michel, c’était le chum de ma mère. Je suis beaucoup plus à l’aise avec lui que si je l’avais connu en tant que père de mon chum. »

— Maude Giroux, fille de Magali Miqueu et mère d’Antoine Serravalle

« C’est vrai qu’elle ne se gêne pas », avoue le principal concerné en esquissant un sourire.

« Dans le temps que Magali était juste la blonde de mon père, elle prenait pour moi quand je faisais des mauvais coups. Mais maintenant que je suis son gendre, on dirait que ça arrive moins », dit à la blague Nicholas, démontrant que l’harmonie règne sans nul doute dans cette maisonnée.

« Ma fille et moi, on a quand même un bon caractère. Des fois, je dis à Nick : “Tu m’as connue avant Maude, tu savais où tu t’en allais” », avoue de bon cœur Magali, sous le regard amusé de Michel. D’un ton plus sérieux, elle reconnaît que d’avoir connu le père de son petit-fils avant qu’il ne soit son gendre est un rare privilège : « Je connais son historique, les valeurs avec lesquelles il a été élevé. C’est rassurant pour une maman. »

On imagine le petit Antoine rejoindre les bancs d’école dans quelques années et remplir son arbre généalogique. Il devra ajouter un trait reliant sa grand-mère maternelle à son grand-père paternel… et peut-être ajouter une case à côté de la sienne. « Si on avait un souhait, ce serait d’avoir un autre petit-enfant ! », avouent Magali et Michel, en cette Journée des grands-parents.

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