Chronique

Ces méchants que l’on aime haïr

Sans eux, la télé québécoise ne cracherait que des confettis multicolores sur trame sonore de comptine de Passe-Partout. Dieu merci, les méchants pullulent dans nos séries préférées pour déshériter leurs enfants (désolé, David), sortir les vidanges (allô, Kevin) ou provoquer des accouchements avec des aiguilles à tricoter (pauvre Rosalie). Voici le palmarès des vilains personnages qui nous ont fait égrener notre chapelet de mots d’église pendant tout l’automne.

Hugo Cloutier, de L’échappée

Lui, c’est un vrai serpent. Visqueux, manipulateur et voleur, doublé d’un père atroce qui paie une escorte de fête à son ado Raphaël (Noah Parker). Après avoir embobiné Sonia (Marie-Claude Guérin), il a ensorcelé Martine Lyndsay (Sophie Bourgeois), sur le point de ramasser la fortune de son paternel Armand (Guy Thauvette). Ça ne me surprendrait pas qu’Hugo (Louis-Olivier Mauffette) ait soudoyé le camionneur pour provoquer l’accident de Brigitte (Julie Perreault) et ainsi sécuriser l’héritage de Martine, son guichet automatique personnel sur deux pattes.

Louis Quintal, de Ruptures

Comme Jean-Luc De Vries (Normand D’Amour) a été intronisé au temple de la renommée des pourris, le pervers narcissique Louis Quintal (Mathieu Quesnel) lui succède donc. Le tango d’attraction-répulsion qu’il a dansé avec sa femme Catherine Juneau (Joëlle Paré-Beaulieu) a été fâchant, fois mille, pour paraphraser un célibataire d’Occupation double. Quel homme manipulateur et mesquin, au regard un peu fou, mais au cellier bien garni, quand même. Un verre de blanc, Catherine ?

Ruth Karpman, de L’heure bleue

La vieille chipie, jouée par Susie Almgren, aurait été radine jusque dans son cercueil, en déshéritant son fils David (Nico Racicot) et en lui signant une dernière lettre écrite au vitriol. Morte pendant une opération de chirurgie esthétique, Ruth a incarné la mesquinerie et la froideur jusqu’au bout de ses ongles manucurés. Bye-bye, la Cruella du Mile End.

Camille, Mathieu et Karl, d’Occupation double

Beau trio de « langues de (mot rétracté) », pour ressusciter une vieille expression du Français Michaël d’Occupation double Grèce. Au moins, Camille a dû faire face à ses vacheries en regardant les épisodes aux côtés de Kevin et de Louis dans la maison des exclus. Mais Mathieu et Karl n’ont toujours pas été punis pour leur langage ordurier. J’espère que ni Mathieu ni Karl ne pourra dire « ici, c’est chez nous » dans le condo neuf de Mirabel.

Nancy Riopelle, de District 31

Yanick Dubeau (Patrice Godin) était un choix trop évident. La vilenie de la pugnace Nancy Riopelle (Geneviève Schmidt) s’ancre dans la mort de sa petite Juliette. Cette femme souffre et fait souffrir tout le poste 31. Son avocat Pierre Sigouin (Richard Robitaille) a aussi beaucoup souffert en buvant le café en poudre de Nancy, mais il s’agit d’un autre dossier encore plus brûlant.

Jimmy Barbeau, d’Alerte Amber

Le crime le plus grave perpétré par ce Jimmy (Mathieu Baron) ? Avoir porté des bas blancs, des jeans roulés et des bretelles pour jouer au gangster. Ça et le meurtre du pauvre Rico Figueres (Anthony Therrien), c’est tout simplement impardonnable. La légende de Jimmy, ce n’est pas ici que ça s’est écrit. Lancez maintenant la chanson classique de Diane Tell.

Francine Bérubé dans 5e Rang

Non, Vince (Francisco Randez) ne détient pas le monopole des magouilles à Valmont. La gratteuse Francine (Muriel Dutil) ne donne pas sa place quand il s’agit d’empocher une piasse. Adepte de l’ombre à paupières turquoise et du camping en Floride, Francine se plaît à torturer sans relâche sa bru Marie-Luce (Maude Guérin). Son truc ? Parler sur un ton saccadé sans respirer. Je-peux-pas-croire-que-tu-as-fait-ça-à-mon-pauvre-Guy-c’est-épouvantable-franchement-à-quoi-t’as-pensé-maudite-ingrate. Voyez, ça marche !

Valaire Peterson, d’Une autre histoire, et Jean-Marie Cabal, de Ruptures

Automne chargé pour l’acteur Steve Banner, qui campe un trafiquant de drogue dans Une autre histoire et le futur ex-époux de Christelle Piazza (Mahée Paiement) dans Ruptures. Dans les deux rôles, il manipule d’énormes liasses d’argent. Et dans les deux cas, il se collette avec des femmes capables de lui dévisser la tête, comme Claude (Isabel Richer) ou Caroline (Debbie Lynch-White). #GirlPower

M, dans Le monstre

Probablement le pire d’entre tous, puisqu’il existe toujours, quelque part dans le nord de l’Afrique. Bourreau, psychopathe, mais aussi charmeur, M (Mehdi Meskar) a enserré ses griffes autour de Sophie (Rose-Marie Perreault), ne l’a pas lâchée avant de pratiquement la tuer et de la ligoter sur une pile de déchets. Jamais n’aura-t-on autant sacré après un homme aussi minable que méprisable. M comme dans maudit malade.

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