737 MAX 

Boeing proposerait une solution dans 10 jours

Une dépêche de l’Agence France-Presse (AFP) selon laquelle Boeing pourrait parvenir à corriger le logiciel de ses avions 737 MAX d’ici une dizaine de jours a encouragé les investisseurs hier, et fait rebondir les titres d’entreprises concernées, dont Boeing et Air Canada.

Bien que les causes de l’écrasement d’un avion d’Ethiopian Airlines dimanche dernier demeurent inconnues, plusieurs signes pointent vers un système automatisé baptisé MCAS (Maneuvering Characteristics Augmentation System), déjà perçu comme le grand responsable d’un autre écrasement, celui de Lion Air, en octobre, en Indonésie.

Une mise à jour du MCAS était donc en chantier avant même l’écrasement de dimanche. Selon l’AFP, elle pourrait être prête à déployer d’ici à peine 10 jours. Le processus nécessiterait environ deux heures par appareil. Le nombre exact d’appareils 737 MAX en circulation dans le monde n’a pas été précisé par Boeing, mais il serait de 387, selon la Federal Aviation Administration (FAA) américaine.

L’annonce de l’AFP, qui n’a pas été confirmée par Boeing elle-même, a immédiatement fait rebondir l’action de Boeing, qui se trouvait alors légèrement en territoire négatif. Elle a finalement terminé la journée en hausse de 1,5 %.

Le titre d’Air Canada, légèrement plombé en début de journée par l’annonce que l’entreprise suspendait ses prévisions de résultats financiers en raison des circonstances, est passé du rouge au vert dès la publication de la dépêche de l’AFP, pour cependant conclure en baisse de 0,7 %.

Transports Canada prêt à agir

Le délai annoncé de 10 jours a de quoi étonner. Jeudi, des analystes de Bank of America avaient estimé le délai nécessaire à trois ou six mois.

Théoriquement, une telle mise à jour devrait faire l’objet d’un processus de certification de la FAA et d’autres autorités nationales. Ces dernières, habituées jusque-là à baser leurs décisions sur celles de la FAA, pourraient s’attarder davantage cette fois, d’autant qu’elles ont toutes prononcé des interdictions de vol sans attendre les États-Unis.

« Pour être déployée au Canada, la mise à jour des logiciels devra être approuvée par la Federal Aviation Administration, puis validée par Transports Canada conformément à notre entente bilatérale avec les États-Unis », a expliqué hier Transports Canada.

« Cette procédure peut prendre de quelques jours à quelques mois selon la complexité de la modification technique ».

Au bureau du ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, on assurait jeudi que le Canada n’hésiterait pas, si nécessaire, à aller plus loin que les États-Unis dans ses exigences.

Ç’a notamment été le cas dans les jours suivant la tragédie d’octobre dernier, rappelle-t-on. Boeing et la FAA s’étaient alors bornés à inclure des instructions sur le MCAS dans les manuels de procédures. Jugeant que les pilotes n’auraient pas le temps de consulter de manuel en cas de pépin, le Canada a plutôt exigé que ses pilotes se familiarisent avec ces nouvelles instructions.

Le système MCAS a été introduit sur la génération MAX des 737, exploitée depuis moins de deux ans, pour contrôler la propension de ceux-ci, dans certaines situations, à pointer le nez vers le haut, au risque de provoquer ainsi une décélération et un décrochage.

Cette tendance s’explique par le fait que les moteurs du MAX sont plus gros que ceux de la génération précédente et ont été légèrement déplacés, modifiant ainsi le centre de gravité de l’appareil.

Le rôle du MCAS est de détecter ces situations et de ramener automatiquement le nez de l’avion vers le bas. Dans le cas du vol indonésien, un capteur défectueux incitait le MCAS à faire piquer l’avion du nez sans raison valable.

Avant l’accident de Lion Air, l’existence du MCAS était inconnue de la presque totalité des pilotes de Boeing 737 MAX dans le monde, puisqu’elle ne faisait pas partie de leur formation.

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