Cirque du Soleil

Des contractuels se regroupent pour réclamer leur dû

Une soixantaine d’artisans contractuels viennent de se joindre au nouveau Regroupement des artisans des arts du cirque du Cirque du Soleil, mené par le directeur de création Gabriel Dubé-Dupuis. Ils réclament près de 1 million de dollars au Cirque pour le travail qu’ils ont effectué avant la pandémie.

Dans une lettre ouverte publiée dans notre section Débats, le Regroupement des artisans des arts du cirque du Cirque du Soleil déplore le traitement réservé aux travailleurs contractuels, qui n’ont pas droit à l’assurance-emploi et dont les finances personnelles ont été « dramatiquement affectées » par la crise qui secoue le Cirque.

Ses membres souhaitent être reconnus comme des « travailleurs uniques » et « obtenir un engagement de la part du Cirque quant au paiement de ces créances ». Une poursuite n’est pas exclue.

Parmi eux, « des artistes, acrobates, metteurs en scène, scénographes, chorégraphes, compositeurs, éclairagistes, directeurs de production, directeurs de création, directeurs techniques, producteurs délégués, techniciens, coordonnateurs, etc. ; qui ont soit un statut de travailleur autonome ou celui de petite entreprise ». La moyenne de leur créance individuelle se situerait autour de 16 000 $ CAN.

Gabriel Dubé-Dupuis, qui travaille comme directeur de création – notamment sur des spectacles destinés aux navires de croisière MSC –, a senti le besoin de représenter ses collègues. Il s’est d’ailleurs confié le week-end dernier au journaliste Dan Bilefsky, du New York Times.

Lisez le texte du New York Times (en anglais)

https://www.nytimes.com/2020/05/17/world/canada/cirque-du-soleil-coronavirus-debt.html

« Quand j’ai appris que le Cirque avait décidé de suspendre ses paiements, ça m’a donné mal à l’estomac, parce que j’avais des engagements financiers et que le Cirque me devait plus de 70 000 $… J’ai constaté qu’il y avait plusieurs personnes dans ma situation, qui recevaient des réponses automatiques. Elles voulaient bien me suivre avec ce Regroupement, mais elles avaient peur d’être nommées, peur d’être identifiées, peur de ne plus avoir de contrats… »

Celui qui travaille pour le Cirque depuis une vingtaine d’années a donc décidé de prendre la parole, « par intégrité professionnelle ».

« Je me suis dit qu’en tant que directeur de création, c’est ma responsabilité de me lever, nous dit Gabriel Dubé-Dupuis. Je le dois aux gens qui m’ont précédé, des gens audacieux comme Gilles Ste-Croix, qui ont marché de Baie-Saint-Paul à Québec en échasses, de prendre la parole et dire, non, ça ne marche pas. Il y a un lien qui se créé entre un directeur de création et ses créateurs pour leur permettre d’entrer dans une zone libre de soucis pour créer et innover et atteindre la qualité du Cirque du Soleil. »

La Presse avait fait état, le mois dernier, des doléances d’une demi-douzaine d’artistes, concepteurs, techniciens et metteurs en scène qui réclamaient des sommes variant de 2000 à 5000 $. Leurs factures envoyées au Cirque étaient restées lettre morte. Ils font maintenant partie de ce Regroupement.

Lisez notre article

https://www.lapresse.ca/arts/spectacles/cirque/202004/27/01-5271144-une-categorie-dartistes-toujours-impayes-par-le-cirque-du-soleil.php

« On veut donner une voix et une force à ces gens-là, qui sont des artistes qui doutent, qui n’osent pas parler trop fort, qui ont peur d’être punis par le Cirque le jour où il reprendra ses activités, précise Gabriel Dubé-Dupuis. J’essaie d’être redevable à la prochaine génération aussi. Je suis prêt à risquer de ne pas être réembauché comme directeur de création, si c’est ça que ça veut dire. »

La lettre du Regroupement a été envoyée la semaine dernière au président du conseil d’administration du Cirque, Mitch Garber. La réponse est arrivée mardi.

« Essentiellement, on nous a dit que oui, il y a de l’argent qui a été injecté [on parle ici du financement d’urgence de 50 millions US obtenu auprès de ses trois principaux actionnaires], mais malheureusement, il ne pourra servir qu’à maintenir la compagnie à flot. Pour nous, c’est insatisfaisant, répond Gabriel Dubé-Dupuis. Donc, on veut parler aux élus et à la Caisse de dépôt. Si la Caisse finance le Cirque, on veut qu’ils paient les artistes du Cirque qui sont essentiels à la survie du Cirque du Soleil. »

Gabriel Dubé-Dupuis souhaite d’abord se faire entendre avant d’envisager d’autres moyens légaux.

« Cette compagnie-là jouit d’une reconnaissance artistique internationale incomparable depuis plusieurs décennies, mais ne s’occupe même pas des personnes responsables de sa propriété intellectuelle. Je suis désolé, mais ça ne paraît pas très bien. On ne veut pas démolir l’image de la compagnie, au contraire, on veut le succès et la renaissance du Cirque, mais on veut juste leur dire : oubliez-nous pas. »

Culture sur le web 

Le FTA lance une balado

Le Festival TransAmériques (FTA) ne débute pas ce mercredi comme prévu. Si ses 22 spectacles sont annulés, le FTA prépare une balado intitulée Habiter la vie. Le 27 mai, les quatre épisodes qui seront mis en ligne inviteront le public à mieux écouter le monde qui nous entoure (la nature, le territoire, les êtres vivants) pour mieux plonger à l’intérieur de soi. L’émission balado sera constituée de conversations inspirantes avec des « sages » québécois, dont une anthropologue abénakise (Nicole O’Bomsawin), un imam soufi (Cheikh Omar Koné), un écrivain amoureux de Montréal (Daniel Canty), une philosophe-politicologue (Dalie Giroux) et un ornithologue (Olivier Barden). Le tout sera réalisé par Antoine Bédard et Jessie Mill. La balado sera offerte sur de nombreuses plateformes (Balado Québec, iTunes Podcasts, Google Play, Soundcloud, etc.). On pourra aussi y accéder par abonnement sur le site du FTA.

— Émilie Côté, La Presse

Culture sur le web 

Yannick Nézet-Séguin jase avec Julie Payette

Le chef d’orchestre Yannick Nézet-Séguin discutera ce mercredi, à 15 h, avec la gouverneure générale du Canada Julie Payette. Leur conversation durera 60 minutes (une demi-heure en français et une autre en anglais). Les sujets à l’ordre du jour ? L’avenir du spectacle et son importance. Les arts de la scène et les enjeux de culture en temps de pandémie. Le public est par ailleurs invité à envoyer ses questions par l’entremise des réseaux sociaux à Julie Payette. Cette rencontre virtuelle en direct fait partie de la série GGconversations, à laquelle ont également participé la joueuse de hockey Hayley Wickenheiser et Mona Nemer, conseillère scientifique en chef du Canada. 

— Émilie Côté, La Presse

Culture sur le web 

A cappella avec Qw4rtz

Depuis le début du Grand Confinement, la formation a cappella et humoristique Qw4rtz propose des prestations sur sa page Facebook. Qw4rtz est composée de quatre chanteurs de formation classique : François Pothier Bouchard (ténor), Louis-Alexandre Beauchemin (contre-ténor), Philippe C. Leboeuf (baryton) et François « FA2 » Dubé (basse vocale). Ils se lancent tous des défis individuels à réaliser a cappella, que ce soit Your Song d’Elton John ou Don’t Stop Me Now de Queen. Ils se sont aussi amusés avec la bande originale du film Aladdin. À la fois comique et impressionnant. 

— Émilie Côté, La Presse

Culture sur le web 

Visite sur le plateau de The Crown

Le directeur photo québécois Serge Desrosiers (Marécages, Ville-Marie) a eu l’an dernier un accès privilégié au plateau de The Crown, la célèbre série de prestige produite par Netflix. En résulte A Day in the Life of Adriano Goldman, un document de 30 minutes, en ligne dès ce mercredi sur YouTube, dans lequel il suit de près son éminent collègue Adriano Goldman, dont le travail a déjà été récompensé du prix Emmy de la meilleure photo. Le 21 mai à 13 h (heure du Québec), les deux artisans se prêteront à une séance de questions-réponses en direct sur les pages Facebook et Instagram de la Canadian Society of Cinematographers (CSC). Le tout se déroulera en anglais.

— Marc-André Lussier, La Presse

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