CINÉMA

Traitement royal pour Charlotte a du fun aux États-Unis

Avec une bande-annonce aux sous-titres colorés, une nouvelle affiche concoctée à Los Angeles et une campagne publicitaire de 2 millions de dollars, le film Charlotte a du fun, écrit par Catherine Léger et réalisé par Sophie Lorain, sortira dans une vingtaine de salles américaines le 29 mars sous le titre Slut in a Good Way.

Ce traitement réservé au film par Comedy Dynamics, qui en a acquis les droits de distribution chez l’Oncle Sam, réjouit grandement Sophie Lorain. Celle-ci indique que le distributeur a en outre très bien saisi le sens et l’esprit de l’histoire.

« Ils [Comedy Dynamics] ont fait un travail extraordinaire, dit-elle. Pour vendre le film aux exploitants de salles, ils ont fait des sous-titres en couleur dans la bande-annonce. C’est très efficace sur le noir et blanc [le film est tourné ainsi]. C’est jeune et contemporain. »

Même chose pour l’affiche américaine du film. Cette dernière a été refaite avec les trois comédiennes principales – Marguerite Bouchard, Romane Denis et Rose Adam – qui sont allées à Los Angeles pour une séance auprès d’un photographe travaillant avec Vanity Fair (l’acteur Alex Godbout était aussi du voyage).

« Ce qui se dégage de cette affiche est quelque chose de très affirmé. On n’est pas dans le conte pour enfants, on est dans quelque chose de plus grinçant, plus fort. »

— Sophie Lorain

La réalisatrice souligne aussi le fait que le distributeur a ajouté une affirmation très révélatrice, « Claim Your Freedom », sous le titre de l’affiche.

« J’aurais aimé y penser moi-même ! lance-t-elle. Réclamer sa liberté, c’est bien Charlotte dans le film. Elle revendique la découverte et l’exploitation de sa liberté, son droit, ses désirs, sa sexualité, au même titre que les gars. C’est brillant de leur part. Et sur l’affiche, elle met vraiment son pied à terre, d’autant plus qu’elle porte des bottes Doc Martens ! »

L’effet Tribeca

L’aventure américaine de Charlotte a du fun a commencé en avril 2018 au festival de Tribeca, à New York.

Dans leur préparation, Sophie Lorain et le producteur Martin Paul-Hus (Amérique Film) ont soumis l’œuvre sous le titre Slut in a Good Way. Celui-ci collait au titre original, Salope dans le bon sens, que Mme Laurin avait choisi, mais qui n’a pas été retenu par le distributeur québécois (Les Films Séville).

La suite appartient à l’histoire.

« Le New York Times a fait une recommandation de 17 films à voir, dont le nôtre. Brian Volk-Weiss, le patron de Comedy Dynamics, a trippé sur le titre anglophone et a demandé à des gens de son équipe d’aller voir le film. Ils l’ont trouvé intéressant et l’ont montré à M. Volk-Weiss qui a décidé de l’acheter et de le sortir en salle avec des sous-titres. Pour eux, c’est comme une comédie d’auteur, de genre. C’est ce qu’ils aiment. »

Le budget consacré à la promotion du film – 2 millions de dollars – est très important, du moins pour un long métrage québécois. Selon Mme Lorain, le budget pour la promotion au Québec était de 75 000 $.

En plus de la séance de photos à Los Angeles, les trois actrices et Sophie Lorain ont fait un saut à Austin, au Texas, pour rencontrer des exploitants de salles.

Outre Tribeca, le film a déjà voyagé dans plusieurs festivals dans le monde. Et après les États-Unis, il sortira en salle en France, en Argentine et au Chili.

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