ANALYSE

Correction en règle

La belle histoire des Titans du Tennessee se poursuivra pour au moins une autre semaine. Non seulement l’équipe de Mike Vrabel a envoyé les Ravens de Baltimore en vacances, samedi soir, mais elle leur a servi une sévère correction.

On avait parlé de trois éléments qui pourraient permettre aux Titans de causer la surprise dans notre numéro de samedi : un plan de match inspiré, une bonne avance tôt dans la rencontre et une victoire au chapitre des revirements.

Les Titans menaient, 14-0, au premier quart, ont réussi trois revirements et n’en ont commis aucun, et leur plan de match, celui du coordonnateur offensif, Arthur Smith, en particulier, a été superbe.

Résultat : une victoire de 28-12 des Titans, qui ont ainsi éliminé la meilleure équipe de la NFL en saison, une semaine après avoir mis un terme à la saison des champions en titre à Foxborough. Deux victoires pleinement méritées.

On s’attendait à ce que Derrick Henry ait un peu plus de difficulté contre la défense des Ravens que la semaine dernière face à celle des Patriots. Pas du tout.

Grâce à quelques longues courses, dont une de 66 verges sur un troisième essai avec une verge à franchir, le tank des Titans a ajouté 195 verges en 30 courses à son total.

Henry a également lancé une courte passe de touché à Corey Davis sur un jeu-surprise qui faisait 21-6. C’est aussi à la suite d’une feinte de remise du ballon à Henry que le quart Ryan Tannehill a complété une passe de touché de 45 verges à l’ailier espacé Kalif Raymond au premier quart. Bref, Henry force les défenses adverses à lui accorder tellement d’attention qu’il rend l’attaque des Titans extrêmement difficile à contenir.

Rien n’a fonctionné

Les Ravens étaient-ils rouillés ? Ils avaient choisi de donner du repos à plusieurs de leurs partants, dont Lamar Jackson, lors de leur dernier match de la saison, il y a deux semaines. Trois semaines sans jouer, c’est beaucoup.

Jackson n’a pas été bon, lui qui sera assurément nommé joueur par excellence de la ligue pour 2019 dans quelques semaines. Il a terminé le match avec deux interceptions et un échappé, et à deux occasions, il a été incapable de gagner un premier jeu dans des situations de quatrième essai et une verge à franchir. En saison, les Ravens avaient pourtant été huit en huit en situation de 4 et 1.

Rien n’a fonctionné pour les hommes de John Harbaugh. L’attaque a mis trop de temps à se mettre en marche et a commis trop de gaffes, alors que la défense a accordé plusieurs jeux importants à des moments clés.

Les partisans des Ravens ont été anormalement silencieux durant toute la soirée, mais qui peut le leur reprocher ?

Statistiques trompeuses

Les Ravens ont remporté 14 de leurs 16 matchs en saison, mais Jackson a maintenant perdu ses deux premiers départs en séries. Il est devenu le premier quart de l’histoire à amasser 300 verges ou plus par la passe et 100 ou plus au sol dans un même match, mais son équipe n’a jamais semblé dans le coup samedi soir.

Jackson a dit qu’il voulait devenir le Tom Brady de son époque au cours des derniers jours. Un commentaire qui n’a fait que lui imposer une pression supplémentaire bien inutile. N’ayant toujours pas gagné un seul petit match éliminatoire, il aurait dû se garder une petite gêne.

Les Titans participeront quant à eux à leur première finale d’association en 20 ans, dimanche prochain, à Kansas City ou à Houston. Ils jouent avec énormément de confiance, mais devront trouver le moyen d’être un peu plus productifs par la passe. Tannehill a lancé pour moins de 100 verges à chacune des deux victoires des siens en séries.

Il faut dire que c’est un peu moins problématique lorsqu’on peut compter sur un demi capable de gagner 200 verges par match.

Les Niners trop forts

Voir les Vikings du Minnesota et les 49ers de San Francisco s’affronter dans un match éliminatoire, a éveillé de vieux souvenirs, samedi après-midi. Il s’agissait de leur sixième affrontement en séries, tous survenus au deuxième tour.

Au lieu de Joe Montana, Steve Young ou Randall Cunningham, ce sont Jimmy Garoppolo et Kirk Cousins qui se sont affrontés, et Garoppolo a été le meilleur des deux. Les 49ers se sont assurés d’accueillir la finale de la Nationale, dimanche prochain, avec une victoire sans appel de 27-10. Supérieurs dans tous les aspects du jeu, les Niners ont complètement dominé la deuxième demie, notamment sur la ligne de mêlée.

Six jours après leur victoire surprise à La Nouvelle-Orléans, les Vikings se sont bien défendus en première demie, mais semblaient vidés au dernier quart. Ils ont été dominés par le jeu au sol des 49ers, et leur ligne a été incapable de contenir l’excellent front défensif des Niners lorsqu’ils étaient en attaque. Cousins a été victime de 6 sacs.

Les Vikings ont également commis deux revirements qui ont fini de les achever, une interception de Richard Sherman, puis un échappé du spécialiste des retours Marcus Sherels profondément dans son territoire. Impossible de vaincre une équipe talentueuse et bien reposée comme les 49ers en commettant de telles erreurs.

Les statistiques n’ont jamais été le problème avec Cousins. C’est plutôt son incapacité à réussir assez de jeux clés dans les gros moments qui l’est. Il aurait notamment pu obtenir un premier jeu avec une course de quelques verges sur un troisième essai à un certain moment, mais a plutôt raté sa passe.

Cousins n’aurait également jamais dû décocher la passe qui a été interceptée par Sherman, un jeu qui a assommé les Vikings. C’est sans parler des sacs qu’il a encaissé parce qu’il a conservé le ballon trop longtemps. Assez bon pour mener son équipe dans les éliminatoires, pas assez pour les mener jusqu’au bout.

Bravo à Lynch et Shanahan

C’est toute une machine de football qu’ont construite l’entraîneur-chef Kyle Shananan et le directeur général John Lynch à San Francisco. Ils ont presque toujours pris les bonnes décisions depuis leur arrivée avec les 49ers.

Ils ont construit d’excellentes lignes en attaque comme en défense. Les acquisitions de Garoppolo et de Sherman ont été judicieuses. Et rappelons qu’une majorité d’observateurs croyaient que Sherman était au bout du rouleau il y a deux ans.

Mais la meilleure décision des Niners a probablement été celle de ne pas tomber dans le panneau Antonio Brown. Le receveur n’avait pas caché son souhait de jouer pour l’ancienne équipe de Jerry Rice l’hiver dernier, un enthousiasme qui n’était toutefois pas partagé par Lynch et Shanahan.

Les 49ers ont plutôt réclamé Deebo Samuel au deuxième tour du repêchage, puis ont acquis Emmanuel Sanders des Broncos de Denver durant la saison. Sage décision d’avoir gardé leur distance de Brown. Très sage.

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